Epictète – Sergio Algozzino et Guillaume Bianco

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4ème de couverture
Je m’appelle Épictète.
Je suis né de l’imagination torturée de Guillaume Bianco, et de la plume angoissée de Segio Algozzino… En bon souffre douleur, mon nom a été inspiré de celui du célèbre esclave philosophe boîteux… Il s’était laissé cassé la jambe sans broncher… Difficile de faire preuve d’ironie et de resté stoïque lorsque l’on est prisonnier d’une case de B.d… Et l’actualité qui ne fait rien pour me remonter le moral…

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Sergio Algozzino au dessin et Guillaume Bianco au texte ont donné naissance à un chien bien particulier qui se nomme Epictète. Dans une bande dessinée au format bien particulier pour nous présenter une histoire tout aussi surprenante dans le fond que dans la forme.

Ce n’est pas un hasard si le héros de la bande dessinée porte le nom d’un philosophe stoïcien. Le petit chien tente désespérément de s’échapper, de s’évader à tout prix du cadre de la bande dessinée. Tout est bon pour trouver de nouvelles idées d’évasion. Surtout quand on collabore avec le dessinateur qui peut par exemple se casser le poignet ou oublier un trait sur un bord de case. Toutefois, la déception est toujours au rendez-vous puisqu’il n’arrive jamais à partir. Il profite de ces moment d’enfermement pour observer le monde qui l’entoure sous toutes les coutures.

 

 

 

Épictète était un esclave de la Grèce antique qui supportait tous les maux. Son maître, sot et cruel, lui cassa un jour la jambe, car son philosophe d’esclave avait toujours réponse à tout. Épictète lui dit alors :« Et bien, cher maître, te voilà bien avancé. Désormais tu as un esclave boiteux qui sera moins efficace pour te servir… » Ce côté souffre-douleur me plaisait bien, et vu que notre petit chien bleu en prend plein la gueule et qu’il garde toujours le sourire, j’ai cru bon de le baptiser ainsi…

On a déjà eu quelques petits personnages de bande dessinée qui s’interrogeaient sur leur devenir ou leur rôle dans un album, mais Epictète est sans doute le plus particulier : toujours un peu triste, un peu bougon, on sent qu’il doit être compliqué de le rendre heureux à long terme ? En même temps, n’est-ce pas une gageure permanente d’écrire des gags dans un schéma aussi restreint ?

Epictète représente un peu l’être humain en général. Paumé et avide de liberté. Il se pose des questions sur le pourquoi de son existence, et surtout sur son sens profond. L’absurdité de tout ça, c’est qu’il ne semble ne pas y en avoir. Il essaye constamment de s’échapper de cette prison que représentent les cases de sa BD… Pour aller où ? La liberté ne serait elle pas l’acceptation de sa condition ? Mystère…

Mais comme Epictète, nous sommes râleurs, insatisfaits, tristes et colériques. Cette série, si elle possède une prétention, n’est pas tant celle de faire réfléchir, que de faire rire. C’est d’ailleurs très stimulant de composer avec les mains liées. Je crois que c’est Schultz qui disait « Plus on est limité par les codes ou les contraintes d’une bande dessinée, plus on doit redoubler d’inventivité pour s’en échapper et trouver quelque chose d’original. » À l’école, lorsque j’étais plus jeune, une rédaction ayant pour thème : « sujet libre » me laissait dubitatif car c’était trop vaste : je ne savais pas quoi raconter ! En revanche, un thème imposé me stimulait, car me sentant contraint, j’avais envie de m’en échapper et, tout comme Épictète, j’étais obligé de trouver des astuces pour continuer à avancer. Un peu comme dans la vie…

Algozzino a modifié son trait en cours de route ? Quelle en est la raison ?

Sergio dessinait de manière assez traditionnelle, avec un trait bien propre fait à la plume, mais il commençait à en avoir assez. Lors de nos longues discussions, je l’incitais parfois à se lâcher un peu plus, et ce qu’il finit par faire en y prenant un plaisir fou. Je lui ai dis que ça ne posait pas de problème et qu’il devait dessiner comme il avait envie. Nous avons donc continué avec ce nouveau style plus frais, et Sergio à trouvé l’idée de faire croire au lecteur qu’il s’était cassé le poignet, ce qui déprimait d’autant plus notre pauvre Épictète…

Comment ne pas parler de cet album aussi format si typé ? Qui en a eu l’idée ? Quelle en est la raison principale (mise à part un concept marketing assumé, j’imagine) ?

C’est la talentueuse Clotilde Vu, directrice éditoriale chez soleil, qui nous a proposé de faire ce livre. Elle est fan de nos strips depuis le début et trouvait original d’utiliser un format différent. Comme nous, Clotilde a un réel amour pour le livre aussi bien en tant qu’objet, qu’au niveau de son contenu. L’idée de ce format l’amusait donc beaucoup, et je crois important de fonctionner à l’enthousiasme. Généralement les lecteurs le ressentent et le livre a plus de chance de marcher. Et puis, si le livre ne vend pas, eh bien, nous nous serons bien amusés et n’aurons aucun regret.

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Le livre possède un format de 400 sur 70 mm !

Vous lui avez ajouté une petite glissière cartonnée.

Pour empêcher en effet que l’album s’abîme ! Vu sa longueur, ça évite qu’il ne s’ouvre et que les pages ne se tordent. C’est une sorte de protection nécessaire à ce genre de format. Nous en avons profité pour la décorer avec un petit Épictète. Concernant les gags eux-mêmes, nous avons bien entendu du faire des choix, supprimant ceux qui nous plaisaient le moins, faisant des nouveaux pour donner une cohérence à l’ensemble.

Allez-vous continuer votre délire, contraint et heureux ?

Je ne sais pas s‘il y aura une suite à Epictète, cela dépendra de nos envies. Pour le moment j’ai envie de me consacrer à Billy Brouillard et à Ernest et Rebecca, mon autre série avec Antonello Dalena aux éditions du lombard.

Une réflexion sur “Epictète – Sergio Algozzino et Guillaume Bianco

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