
Tout comme elle griffe le ciel en quête de plus d’espace, la ville creuse sous terre pour ses trajets journaliers, créant des catacombes de vaisseaux capillaires, ouvrant le passage aux trains qui la traversent de part en part. Parqué la nuit dans des cours nues de ses faubourgs, ils dorment jusqu’à l’aube, où un esprit invisible les disperse dans la marée de la vie urbaine. Reptile de fer sans humour, qui jacassent stupidement sur un gracieux réseau de rails métalliques, ils serpentent dans le dédale d’immeubles jusqu’à ce qu’enfin, trouvant la bouche d’un tunnel, ils plongent dans les entrailles de la ville.
Bienvenue au coeur du New-York de Will Eisner, une ville qu’il a toujours aimé profondément et qui lui rend bien sous son crayon. Ce premier tome, La Ville de la trilogie New-York, le dessinateur nous emmène dans la grosse pomme de sa jeunesse.
Maniant avec talent son crayon, il dessine d’un trait certain et souple le quotidien de ces quartiers surpeuplés où règnent le bruits et les odeurs. L’amour d’un quartier ne veut pas dire que l’histoire sera remplie de bons et gentils sentiments. Car ici, il dépeint avec réalisme tout en noir et blanc que cela soit le viol, le vol, la solitude ou le malêtre. Mais bien entendu, il croque également l’amour, la tendresse et l’amitié. Un ensemble qui me berce dans une douce mélancolie.
Une surprenante première lecture de Will Eisner qui m’a donné envie de continuer de découvrir plus qu’un dessinateur mais un passionnée d’images et de sentiments à transmettre.


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