La conjuration des imbéciles – John Kennedy Toole

images-6images-8 4ème de couverture

A trente ans passés, Ignatus vit encore cloîtré chez sa mère, à La Nouvelle-Orléans. Harassée par ses frasques, celle-ci le somme de trouver du travail. C’est sans compter avec sa silhouette éléphantesque et son arrogance bizarre… Chef d’oeuvre de la littérature américaine, La Conjurations des imbéciles offre le génial portrait d’un Don Quichotte yankee inclassable, et culte.

 Souvent, on entend dire qu’un livre est culte et qu’il faut absolument le lire. Qu’il serait vraiment dommage de passer à côté. Je n’ai jamais été sensible à ce genre d’arguments et très peu de fois, j’ai été d’accord après lecture. Mais pour pour ce livre, je vais faire une exception. Je remercierai très chaleureusement mon libraire de me l’avoir conseillé. Il m’a parlé du livre et ces 534 pages, une petite appréhension est montée en moi. Je l’ai acheté mais il restait dans les étagères à attendre que je l’ouvre. Le challenge et la motivation par une géniale blogeuse m’ont poussé à le lire et j’avoue que j’en suis très satisfaite.  Alors, maintenant à moi de vous présenter le livre comme si j’étais une bonne libraire.

Tout d’abord, il me faut vous présenter l’auteur John Kennedy Toole. Né en 1937 en Louisiane, il grandit dans une famille aimante. Sa passion pour l’écriture lui a permis d’écrire deux romans. Il proposa ces manuscrits mais personne n’a accepté de les publier. A 31 ans, il décida de se suicider en reliant son pot d’échappement à sa voiture. Sa mère, convaincue du talent de son fils, elle présenta partout où elle pouvait La conjuration des imbéciles jusqu’à sa rencontre avec l’écrivain Walker Percy. Sa persuasion à inciter l’homme à le lire qui à  tout de suite été séduit. C’est ainsi qu’en 1980 le roman est publié et couronné du prix Pulitzer en 1981.

L’histoire pourrait paraître assez simple. On suit un personnage : Ignatus Reilly. Il lui arrive toujours des mésaventures. Mais pourquoi considérer un livre culte juste avec cela comme contenu? Et bien, on rencontre un personnage haut en couleurs et pas avec beaucoup de nuance.

Lorsque j’ai commencé la lecture, j’ai eu quelques difficultés à rentrer dans l’histoire. Une écriture un peu spéciale, un peu lourde. Puis au bout d’une vingtaine de page, le mode de communication enregistré on rentre dans l’histoire. Et là, il faudra passer aussi en dessus de sa colère. Il faut le savoir d’emblée Ignatus est un être détestable. Gros, gras, laid, feignant, hautain, irascible, égocentrique, excentrique, raciste, homophobe…. Je n’avais qu’une envie, le rencontrer et lui foutre un bon coup de pied dans le cul et une grande baffe dans la gueule pour remettre les idées en place. A chaque fois qu’il fait quelque chose, une grosse catastrophe arrive par la suite.

Il se complaît dans son physique ingrat couplé avec son chapeau vert avec des partis lui tombant sur les oreilles qu’il n’aime pas quitter. Et il aime se sentir toujours supérieur aux autres. Il considère sa mère qui aime bien boire, comme sa domestique. Il aime aller au cinéma, parler fort pendant les séances et critiquer inlassablement. De même, il regarde des programmes débiles à la télévision pour se sentir au dessus de cela. Bref, un mec imbuvable. Mais ce n’est pas tout. Il s’est même inventé une maladie gastrique, un anneau pylorique. Ce qui ne l’empêche pas de se goinfrer de saucisses, macarons, gâteaux, beignets… Dès qu’il est contrarié, il se sent ballonné et produit de nombreuses flatulences et éructations tout aussi bien sonore qu’odorant.

Sa chambre où règne un bordel monstrueux où est éparpillé de nombreux cahiers ou tout comme les draps sont recouverts de miettes de nourritures et de sperme. Il couche ces pensées en étant convaincu de leur haute valeur. Par chance ou pas, on découvre ces écrits qu’il partage avec le lecteur. Le rire se mélange d’exaspération. Malgré tout, je me sens obligé de m’accrocher au personnage. Il assume. C’est un personnage entier, authentique même s’il vie sur une planète assez peu peuplé. En effet, Myrna amie-ennemie avec qui il a étudié partage avec lui sa folie. En dix d’université il est arrivé à avoir une licence.

A 30 ans, il doit trouver de l’argent pour rembourser les frais occasionné à un tiers lors d’un accident dont il est en parti responsable. Il va devoir travailler. Le périple débute. Une galerie de personnages se rajoutent au fur et à mesure : sa mère, M. et Mme Levy, Mancuso, Dorian…. Sont-ils plus normal qu’Ignatus? Il permets de montrer la folie qui habite un peu chacun de nous.

Bref, une lecture surprenante qui a provoqué autant en moi de la colère, du désespoir, de l’exaspération, du rire, des sourires et de l’addiction. Car en effet, je ne pouvais plus quitter mon livre avant de l’avoir terminé. Que pouvait-il encore inventé? Que pouvait-il bien lui arrivé? Et même fini, j’aurai voulu continuer à découvrir ce personnage.

Wonderpatatechallengeus

13 réflexions sur “La conjuration des imbéciles – John Kennedy Toole

  1. Il est depuis des années dans ma PAL ! je ne me resoud jamais à le sortir vu la petitesse des caractères et son nombres de pages !! Mais là tu m’a convaincu !!

      • Bravo pour ton billet, c’est exactement ça, je l’ai lu autrefois et pour moi ça avait été extraordinaire ( classé parmi les cultes) puis j’ai voulu le reprendre pour le challenge et je n’ai pas pu continuer la lecture, je trouvai ça lourd. Peut-être que c’est un roman qu’il faut lire une seule fois et le garder en souvenir, ou j’aurais du persévérer . Mais bon je connais trop Ignatus pour le lire une 2ème fois. Oui, c’est un roman à lire, qu’est-ce que j’ai ri!

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  5. Coucou Noctenbule
    Contente qu’il t’aie plu
    Pour ma part même s’il ne m’a pas trop plu, je suis contente de l’avoir lu 😉
    Je n’ai pas trop cherché d’info sur cet auteur (même si j’ai vu pour le suicide)
    Un chose m’étonne c’est quand tu dis « il grandit dans une famille aimante » car pour moi vu le personnage principal cela ne pouvait pas être le cas (je l’aurais plutôt vu enfant maltraité ….)

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