Emmanuel Lepage est un aventurier dans le coeur. Partir au bord d’un bateau à l’autre bout du monde l’enchante. Il partage avec joie et émerveillement son périple.

4e de couverture
C’est un récit de voyage, un reportage dessiné, où se mêlent les mots, la bande dessinée, les grandes illustrations couleur, les portraits et croquis pris sur le vif. De ces terres australes, de ce monde au bout du monde, dont on dit qu’il est le point le plus isolé du globe, Emmanuel Lepage nous rapporte un récit vivant, chaleureux, mystérieux et, surtout, profondément humain.

Mon avis
Avec Voyage aux îles de la Désolation, Emmanuel Lepage signe une œuvre d’une grande beauté. Ce roman graphique, entre carnet de voyage, journal intime et fresque naturaliste, nous plonge au cœur des terres australes françaises, ces confettis de solitude et de vent perdus dans l’océan Indien, que l’on nomme les îles de la Désolation avec le Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam. Le talent du bédéaste s’affiche ici à tous les niveaux. Son dessin à l’aquarelle, d’une précision quasi photographique et chargé d’émotion, capte la rudesse minérale des paysages, les nuances subtiles de lumière et les visages marqués des marins et scientifiques croisés à bord du Marion Dufresne. Chaque planche est une immersion visuelle, presque sensorielle, dans un monde à la fois hostile, bouleversant et rempli de solidarité.

L’album est bien plus qu’un carnet de bord illustré. C’est une véritable méditation graphique sur l’isolement, la beauté fragile de la planète et le sens de l’engagement humain dans des territoires extrêmes. Il nous livre ses doutes, ses émerveillements, ses silences aussi et parvient à tisser un lien d’une rare justesse entre introspection personnelle et observation du monde. On sent chez lui un profond respect pour la nature et aussi une conscience aiguë de son altération. L’empreinte humaine, même dans les lieux les plus reculés, n’est jamais absente. Sans jamais tomber dans le moralisme, l’auteur évoque la tension entre science, écologie, logistique militaire et poésie du réel.

Voyage aux îles de la Désolation est une œuvre singulière dans le paysage de la bande dessinée contemporaine. Un livre lent, contemplatif et essentiel. Il nous rappelle que l’exploration du monde est aussi une façon d’explorer notre condition humaine.

4 réponses à « Voyage aux îles de la Désolation – Emmanuel Lepage »

  1. Avatar de belette2911

    Le genre d’îles dans lesquelles on n’a pas envie d’aller en vacances, les Kerguelen ! 😉

    1. Avatar de noctenbule

      Mais que l’on apprécie de découvrir à travers des récits sans avoir trop le mal de mer en plus.

      1. Avatar de belette2911

        C’est déjà pas mal 😆

      2. Avatar de noctenbule

        C’est déjà beaucoup. Je vais continuer de découvrir cet artiste.

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Bienvenue dans cette immersion dans le monde fabuleux du 9e art.