Avec “Pillages”, plongez au cœur d’un docu‑fiction percutant qui révèle comment 17 000 chalutiers chinois et européens pillent les mers d’Afrique de l’Ouest, dévastant écosystèmes et communautés locales. Porté par le témoignage authentique de Maxime De Lisle (commandant de Sea Shepherd) et magnifié par les aquarelles rythmées de Renan Coquin, l’album marie récit humain et pages didactiques avec une grande maîtrise. Augmentée d’analyses visuelles et d’une postface engagée, la bande dessinée transcende le reportage en véritable cri d’alerte.

4e de couverture
Une plongée en docu-fiction au coeur du pillage des mers africaines, inspirée des missions contre la pêche illégale du scénariste, commandant en second sur les navires de Sea Shepherd.
17 000 chalutiers chinois et européens sont en train de vider les mers africaines pour les tables occidentales. Sur ces bateaux, des équipages exploités. Sur le continent, des millions à dépendre de la pêche. Face aux braconniers, quelques ONG luttent. Un docu-fiction sur la consommation effrénée raconté par un commandant en second de Sea Shepherd. Préfacé par Baptiste Morizot & Camille Étienne.

Mon avis
« Pillages » est bien plus qu’un simple récit graphique. C’est un cri d’alerte qui propose une immersion poignante dans les méandres de la surpêche en Afrique de l’Ouest. Cette bande dessinée mêle habilement fiction et documentaire pour dévoiler les conséquences dévastatrices d’un système économique vorace et qui semble impossible à freiner. « Mon souci, avec les armateurs de votre genre, c’es que vous ne respectez pas nos lois! Vous pêchez plus que les quotas auxquels vous donnent droit vos licences. Et surtout, vos chaluts ne sont sélectifs. Ils ratissent tout sur leur passage… Des espèces protégées, des poissons juvéniles qui n’ont pas encore pu se reproduire. Vous ne faites le tris qu’une fois sur le pont, ne gardant que les espèces de valeur… Les autres, vous les rejetez directement à la mer. Des milliers de poissons morts pour rien. » (p. 7). Le scénario, inspiré des expériences réelles de Maxime de Lisle en tant qu’officier sur les navires de Sea Shepherd, suit deux trajectoires parallèles. D’abord, celle de Marius, un jeune pêcheur béninois contraint de vendre sa pirogue pour survivre et renoncer à son éthique. Puis celle de Daria, capitaine engagée de l’ONG Ocean Defender, qui déploie toute l’énergie pour lutter contre les pirates. À travers ces personnages, les scénaristes exposent les réalités de la pêche illégale, de la corruption institutionnelle et de l’exploitation humaine, sans jamais tomber dans le manichéisme. « Alors ils se résignent à partir vers l’Europe et le mirage d’une vie douce… On se retrouve ensuite avec les gouvernements européens qui viennent nous dire de garder nos citoyens. Mais ce sont eux qui sont à l’origine du mal de la migration!!! La gourmandise des occidentaux crée notre misère. Ils veulent gober pour pas cher du saumon qu’ils nourrissent de la farine de poisson! Ici on les chasse jusqu’au dernier. » (p. 10).

Le dessin de Renan Coquin, à l’aquarelle, confère une atmosphère à la fois réaliste et expressive. Ses planches marines, vibrantes et détaillées, capturent la beauté menacée des océans. Les doubles pages didactiques, intégrant infographies et cartes, enrichissent le récit sans alourdir la narration, offrant au lecteur une compréhension approfondie des enjeux écologiques et sociaux. Ainsi, il comprend mieux le pourquoi de l’urgence à agir et à se sensibiliser. Ce qui distingue « Pillages », c’est sa capacité à humaniser un problème global qui concerne tout le monde qu’importe où il vit. En donnant la parole à divers parties prenantes tels les pêcheurs locaux, les membres d’ONG ou les fonctionnaires corrompus, l’ouvrage révèle les complexités d’un système où chacun est, à sa manière, juge et partie. La postface de l’activiste très engagée, Camille Étienne renforce cet appel à la conscience collective, soulignant notre responsabilité en tant que consommateurs. Il n’est plus possible de dire que l’on ne savait pas. Impossible de ne pas se sentir concerné. « Tu sais, je mène pas ce combat parce que je pense que je vais le gagner, mais parce que je pense qu’il est juste. Et puis, c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour rester à flot mentalement. Mon seul remède à l’éco-anxiété, c’est l’action! » (p. 81). On voit que les gouvernements laissent tomber la protection pour des raisons géo-économique et d’influence ce lobby. La collusion on ne peux pas lutter contre. Par contre, les ONG comme Sea Sheperd ont un vrai objectif pour dénoncer et agir. Maintenant, qu’est-ce que l’on est prêt à faire?

« Pillages » est une bd essentielle, qui allie engagement, pédagogie et qualité artistique. Elle interpelle, émeut et incite à l’action, faisant de cette bande dessinée un outil puissant pour sensibiliser aux ravages de la surpêche et à l’urgence de préserver nos écosystèmes marins.

3 réponses à « Pillages – Maxime de Lisle et Renan Coquin »

  1. Avatar de stutzelle
    stutzelle

    Une BD bouleversante! D’autant plus que le dessin par son esthétique renforce la puissance du propos. Un reportage de cette qualité cela s’appelle une Œuvre…

  2. Avatar de stutzelle
    stutzelle

    Une BD bouleversante! D’autant plus que le dessin par son esthétique renforce la puissance du propos. Un reportage de cette qualité cela s’appelle une Œuvre…

    1. Avatar de noctenbule

      Une oeuvre à conserver et à conseiller.

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Bienvenue dans cette immersion dans le monde fabuleux du 9e art.