
Le projet prend de plus en plus d’ampleur. Le danger grossit aussi avec des parties prenantes qui avancent cachés. Le pétrole ce n’est pas pour les gentils.
4e de couverture
Flanqué de ses deux comparses Mariano et Haywood et contre toute attente, le Tueur a engagé une reconversion radicale : devenir, dans l’ombre, l’un des patrons d’une société pétrolière, Petroleo Futuro Internacional, chargée de valoriser pour le compte de l’état cubain les gisements off-shore récemment découverts dans les eaux territoriales de l’île. Un homme de paille mexicain, Aureliano Guzman, a été recruté pour servir de façade « présentable » à l’entreprise. Tout devrait s’annoncer pour le mieux, mais quelques détails restent… gênants. Mariano d’abord, qui parle de se reconvertir dans la politique. Et la sécurité des platesformes de forage ensuite, que menacent les exilés cubains de Floride, encouragés en sous-main par les autorités américaines. Il faut que « quelqu’un » aille faire le ménage à Miami. Un travail pour le Tueur, évidemment…

Mon avis
L’entreprise Petroleo Futuro Internacional dirigé par le trio de criminel tente de s’imposer. Mais dès qu’il est question de pétrole, les états et leurs services secrets sont au taquet. Donc, nous avons encore le droit à une leçon de géopolitique comme dans les tomes précédents. L’Afrique est encore cité. « La compagnie pétrolière Exxon Mobil est plus riche que la Pakistan ou le Pérou… Son chiffre d’affaire équivaut au budget de tous les pays d’Afrique réunis… Mercedes-Benz est plus riche que le Nigéria tout entier, qui appartient pourtant à l’O.P.E.P., ou que plusieurs d’Afrique réunis… Pourtant, l’Afrique détient d’énormes ressources naturelles de toutes sortes. Pétrole, or, diamants, cadé, etc. De quoi être riches, ou en tout cas moins pauvres qu’ils ne le sont… (…) Parmi les 100 sociétés les plus riches du monde, 16 sont dans le pétrole, 13 sont des banques et 13 des compagnies d’assurance. 51 sont européennes, 31 étasuniennes et 15 asiatiques , ce qui fait 97… Ca donne une idée assez précise du monde dans lequel nous vivons. » (p. 30). Progressivement, les choses se complexifient.
Personne ne veut perdre sa part du gâteau. Le danger est présent partout. « Autant de pétrole, autant d’argent, cela aiguise les appétits et les intérêts. Et de nos jours, le pétrole est une enjeu économique et stratégique. C’est d’ailleurs pour cela que vous êtes si nombreux ici aujourd’hui, n’est-ce pas? » (p. 5). Il n’est pas toujours facile de prévoir d’où les coups peuvent venir. « Capitalisme ou socialisme, le système importe peu. Tout fonctionne mieux quand on a de l’argent, ce qui compte, ce sont les individus. La cupidité, l’honnêteté, la justice, ça dépend d’eux. Ca n’a rien à voir avec le fait d’être de droite ou de gauche, ou riche ou pauvre… Les Congolais, les Tunisiens, les Nigériens, les Equatoriens, les Marocains, les Mexicains, entre autres, le savent. Les économistes estiment que le Venezuela pourrait avoir le train de vie de la Suisse, si le pays avait profité de son pétrole… » (p. 17). Cela peut être des assureurs qui demandent plus d’argent pour profiter de l’occasion. Ou bien avec des tueurs à gage qui prévoient de tuer nos trois experts en meurtre. Les choses vont mieux se dérouler par la suite grâce à du ménage sélectif. Toutefois, il faut impérativement rester sur ces gardes.
L’avenir ne peut pas être plus équitable. Les grands dirigeant font en sorte de garder les monopoles avec la corruption et la collusion. Avec de l’argent, on peut tout acheter, même la pseudo éthique des politiques. La population aussi accepte le système. Le nihilisme du tueur s’exprime avec fermeté une nouvelle fois. » Regarde tout ces gens : tout ce qu’ils veulent, c’est plus de fric, et dès qu’ils en ont, ils foncent s’acheter des bagnoles de luxe et des fringues de marque, ils s’abrutissent de tv et surfent sur internet à la recherche de porno et de gore. Ils se complaisent dans la veulerie comme si c’était le stade ultime de l’évolution et ils se plaignent à longueur de temps. Que peut-on espérer de gens incapables de penser à autre chose qu’à la satisfaction de leurs petits besoins et de leurs bas instincts? » (p. 42).
Le tueur décide de retourner à ces bases en retrouvant son fils et la nature. Ce n’est pas son milieu. Il doit s’adapter et se protéger à tout prix. Surtout qu’il a recroisé par hasard sa soeur qu’il n’avait pas revu depuis son enfance. Va t’elle être le déclencheur de quelque chose? La raison a pris le dessus, du moins pour l’instant. Ainsi se clôture ce deuxième cycle avec une note d’espoir que l’on sait être temporaire. Matz poursuit sa quête de montrer l’aspect sombre du monde. Luc Jacamon explore encore plus l’univers graphique numérique en proposant des gros plans. Une case permet de voir en contre-plongée une voiture roulant à grande vitesse. Bien entendu, on a toujours le droit à au moins une femme nue qui utilise son corps comme objet. Ils se croient forts et viriles de convoiter des jeunes femmes. Parfois, elles se servent de leur corps pour appâter la bite pour atteindre le cerveau. Un jeu qui fait référence à un cadre classique d’un autre temps qui devient lassant. Espérons que le dernier cycle aura du peps et sera ce sortir d’un conformisme misogyne qui n’a plus sa place.
Quand tout commence à devenir dangereux, il faut se protéger. Est-il possible d’avoir la paix?
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