Les sauveurs : 7 héros de la cause animale – Chhuy-Ing Ia, Fabien Morin, Laurent Hopman et Julien Derain 

La nature est détruite pour des raisons économiques. Certaines personnes refusent de rester les bras croisés. Ils décident de se battre pour une bonne cause risquant au passage leur vie.

4e de couverture
A travers sept portraits sensibles et intimes,  » Les Sauveurs  » met en lumière ces femmes et ces hommes qui se sont engagés avec courage et audace dans la défense de la cause animale. Fruit d’une enquête journalistique, le parcours de ces héros est retracé en détail, à la manière d’un film palpitant, de leur enfance jusqu’à leurs plus belles victoires. Un plaidoyer positif, lumineux et utile, qui dévoile la réalité de la condition animale et les solutions envisagées pour un futur respectueux de toutes les espèces.
Une oeuvre poignante mais enthousiasmante et porteuse d’espoir.

Mon avis
On entend bien trop souvent qu’en tant qu’individu on ne peut rien faire. Ceux qui polluent et détruisent le plus, se sont des gros groupes puissants et riches. Les éditions Denan décident de proposer une bd avec le portrait de 7 personnalités qui se sont investis corps et âmes dans la défense de la cause animale. En effet, si personne ne s’oppose à la destruction de l’environnement et de ces conséquences, il ne se passe rien. Fabien Morin, Laurent Hopman et Julien Derain nous dressent le portrait d’individus qui partagent leur parcours entre une personne lambda et devenir une figure tutélaire de la protection animale. Cet engagement n’est pas sans risque puisqu’il y a des personnes puissantes derrière l’exploitation et tuer ne les dérange pas. Donc on n’est pas surpris que certains d’entre eux se soient fait tuer. L’exemple de Diane Fossey est l’exemple que tout le monde connaît. Pourtant qu’importe le pays, le sexe ou l’âge, des personnes s’investissent et refusent d’accepter les situations. Pourquoi le changement devrait venir toujours des autres? Leur engagement n’est pas toujours bien accepté par leurs proches. Mais parfois pour des choses plus grandes que soit, il faut accepter les risques comme ceux de perdre les gens que l’on aime. Impossible de ne pas être touché par ces convictions que l’on sent sincère.

Les scénaristes donnent aussi des arguments forts qui prouvent l’évidence d’un engagement. Et qui peut chez le lecteur l’amener à changer des pratiques de consommation par exemple ou soutenir une cause de la façon de son choix. Par exemple, Rob Stewart explique sa démarche pour la protection des requins : « Les requins ont survécu à cinq extinctions massives! Ca fait 450 millions d’années qu’ils maintiennent l’équilibre du monde sous-marin. Et nous en 30 ans, on a réussi à massacrer 90% de l’espèce. » Pourquoi on les tue? Pour leur dangerosité? « En Chine, la soupe d’ailerons est le symbole du luxe par excellence. Tout le monde s’en fout que 100 millions de requins soient massacrés chaque année pour ça. C’est un commerce qui pèse 1 milliard de dollars… Pas besoin de te faire un dessin : c’est compliqué à interdire. » (p. 15). Les mots font échos et permettent de prendre conscience, dans une certaine mesure. Ce qui est important aussi c’est qu’il n’est pas necessaire d’aller à l’autre bout du monde pour agir concrètement. Henry Spira a développé des techniques d’actions et de communication très bien pensé. Les théories d’Herbert Marshall McLuhan ne sont pas forcément qu’au service de l’industrie de la consommation. Tout comme l’association L214 qui a su faire parler d’elle pour dénoncer, entre autre, la souffrance animale dans les abattoirs. Toutefois, on aurait apprécié d’avoir une parité dans les portraits et non une majorité d’hommes et aussi plus de diversité. On a l’impression que l’homme blanc occidental vient à la rescousse du reste du monde.

Le dessinateur Chhuy-Ing apporte un côté très sérieux avec des représentations très réalistes. Il n’oublie d’apporter un côté chaleureux avec des formes rondes et l’utilisation du bleu/gris comme couleur dominante. Les contours des cases et des personnages sont en noir. Il fait le choix d’apporter des touches de couleurs de façon éparse et chaque histoire à ses teintes en particulier. Une façon aussi de les distinguer quand on tourne rapidement les pages. C’est assez original qui mélange du consensuel dans la représentation pour satisfaire le lecteur occasionnel qui lit des choses assez standard tout en touchant les lecteurs plus habitués à d’autres formes graphiques. Une façon élégante de toucher tous les publics qu’il soit ou non adepte du 9e art. A cela se rajoute le crédit crédibilité avec la préface du célèbre photographe écologiste Yann Arthus Bertrand. Un bon argument pour convaincre de futurs lecteurs.

Les personnes présentées :
– Rob Stewart pour la protection des océans et des requins,
– Amir Khalil, vétérinaire dans des zones de guerre,
– Dian Fossey a passé sa vie pour la protection des gorilles au Rwanda,
– Henry Spira grand stratège pour la défense de la cause animale,
– Brigitte Gothière et Sébastien Arsac créateurs de L214 et
– Aurélien Brulé dit « Chanee » pour la protection de la biodiversité en Indonésie.

Une bande dessinée efficace qui permet d’incarner l’espoir qui perdure malgré les catastrophes.

Les Sauveurs, bd chez Deman Editions de Derain, Hopman, Morin, Ia

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