
Il y a des artistes qui restent intemporels. Arthur Rimbaud fait parti de ces personnes marquantes. Pourtant, il n’a pas écrit grand chose.
4e de couverture
Il a la mécanique des vers comme personne, seulement ses oeuvres sont absolument inintelligibles et repoussantes. (Rapport de police, 1873) Bien qu’il soit aujourd’hui reconnnu comme l’un des plus grands poètes, Arthur Rimbaud n’a pas eu de succès de son vivant, et son histoire reste un mystère à bien des égards. Avec ce livre publié en 2013, et dont il a largement revu la mise en couleur, Xavier Coste choisit de raconter les deux Rimbaud : le jeune poète attiré comme un aimant par la vie parisienne et sa sulfureuse relation avec Paul Verlaine, puis le trentenaire fatigué qui va se perdre en Afrique et meurt en 1891, à tout juste 37 ans. Manipulateur et orgueilleux, le tempétueux Rimbaud imaginé par Coste est souvent loin de l’image lisse que nous gardons du jeune poète…

Mon avis
Xavier Coste possède un don pour raconter des histoires. Quand il s’intéresse à un artiste, il lui donne du coeur, de la flamboyance et de la personnalité. Nous avions été enchanté par sa bande dessinée sur Egon Shiele. Par conséquent, on sait que l’on sera captivée par Arthur Rimbaud. Le bédéaste décide de faire un récit chronologique. On découvre un gamin très doué pour la poésie. Il écrit des mots forts et percutants. Rester à la maison et s’occuper de la ferme est une idée inacceptable. Agé de 16 ans, il part à Paris avec des rêves de gloire et de réussite. La déception est au rendez-vous. Le cadre politique n’est pas idéal non plus. Par contre, son second périple se déroulera mieux car il rencontre son partenaire amoureux, Paul Verlaine. L’homme marié, avec une femme enceinte, tombe sous le charme de ce bambin, grossier, impertinent, narcissique… Il abandonnera tout pour lui jusqu’à en perdre la raison. D’ailleurs, à un moment, il passera par la case prison. A jamais, ils garderont contacts.
Lui quitte la France pour faire fortune avec de l’aventure. La richesse n’est pas au rendez-vous mais la maladie oui. Sa vie n’aura été que des déceptions. Même si le bédéaste prend des libertés et imagine des choses, on se laisse prendre au jeu. Ce n’est pas une biographie fidèle, c’est un récit de vie d’un être passionné et déraisonné. Il n’était pas fait pour le bonheur. Pour montrer cette noirceur, on nous propose des extraits de poèmes et des lettres. On a une belle vision globale d’hommes de lettres, de l’alcool, de contexte social tendu et d’envie d’art dans sa vie. Le graphisme assez particulier avec des traits apparents sur des couleurs libres. Un style bien à lui qui donne du caractère et de la puissance.
Une lecture passionnante qui donne des images à la poésie.

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