La vie est une succession d’aventures. Margaux Motin les notes pour mieux les partager avec ces lecteurs. Aucun doute que de nombreuses lectrices vont se reconnaître.

4e de couverture
Ce livre décrit de façon humoristique les aventures parentales, professionnelles et « modesques » de Margaux Motin : cette trentenaire doit mener de front sa vie de femme mariée à un fan de jeux vidéo qui ne comprend décidément rien à la mode, son rôle de jeune maman d’une petite fille adorable mais envahissante, et sa carrière d’illustratrice freelance décontractée mais désespérément solitaire. La chronique tendre et drôle d’une femme moderne.

Mon avis
Margaux Motin fait partie des artistes qui ont été découvert sur internet. Grâce à son blog, elle a conquis de nombreuses lectrices. Quand Marabout lui a proposé d’être publié, elle a pu toucher un plus large public. Les critiques ont été assez sévères en appelant ce genre girly car on y trouve des sujets comme l’achat de vêtements, la manucure, la quête de petit copain, les coups d’un soir… Une façon de se moquer de la futilité des sujets. Comme si les nombreuses bd de SFFF avec des femmes à poil et des scénarios qui tient sur une feuille de papier toilette étaient eux d’une grande valeur. Encore une vision masculiniste qui heureusement s’est un peu tue avec le temps. En effet, une femme parle de son quotidien et par conséquent, elle aborde des sujets différent des hommes. Est-ce que cela en fait quelque chose de moins bien? Le temps a donné son verdict. Bien que la bd date de 2019, Margaux Motin est toujours là et parle encore de sa vie avec humour, tendresse et décalage.

Elle évoque toujours avec une succession de gags des sujets relatifs à sa vie de maman, d’épouse et de femme. Donc par conséquent, on parle de règles, d’épilation, de coiffure, de chaussures, d’achats compulsifs, de moins bonne gestion de la picole… Plus on vieillit et plus c’est difficile de gérer les gueules de bois. Par contre, on n’est pas forcément plus mature quand il est question de chaussures surtout de marque. La raison passe à la trappe face à Louboutin. Néanmoins, elle ne se prend pas une princesse. Elle est vraie avec ces choses que l’on fait ou dit en tout discrétion ou intimité. Pas de sujet tabou : on parle de prout et de poils récalcitrants. Toujours avec un humour décapant et absurde. Qui n’aimerait pas répondre à son gamin qui n’arrête pas de appeler sans bouger son popotin pour une broutille : « Maiiis looaaaaaaaaaaaa bordel à queue de pine, tu me caaasses les couilleuh, tu veux que je fasses une dépression nerveuse putain de booordel, j’ai une vie, moi aussi, je suis pas Super Nanny! Fuck de chiotte de merde! ». Comment résister à cela? Qui ne l’a jamais pensé même en rapport avec son supérieur au boulot? L’écriture reflète le parler oral où l’on oublie les négations et des morceaux de mots. Cela donne un petit plus d’authenticité. Elle n’omet pas de de se moquer de ces messieurs.

Son compagnon en prend pour son grade. Même s’il n’oublie de se faire une auto-critique surtout dans ces moments de grande exagération ou d’hypocrisie assumé. Les mecs sont là aussi dans les situations de séduction où le but final reste de coucher pour se vider les bourses. Très vite, les mots fleuris laissent la place au pragmatisme. Quand ils sont entre eux, ils en font des caisses pour dire qu’ils ont réalisé des prouesses sexuelles. « – Putain, j’ai serré une petite, là… J’lui ai blanchi la caverne… Un truc de ouf. J’lui ai cassé les reins, j’vous jure elle est rentrée chez elle en boîtant… Elle répond : – Et alors, elle est bonne? Elle suce? Elle avale? Elle prend la sodomie??? Le mec en question est trop choqué : – Rhââââ, mais t’es dégueu, espèce de malade!!! Tu parles pas d’ma meuf comme ça!!!!! ». Certains mots choquent les oreilles chaste de ces messieurs qui s’enorgueillie d’avoir pris du plaisir. Quand c’est plus concret, il n’y a plus personne. Et il ne pense même pas à sa partenaire si elle aussi était heureuse. L’orgueil masculin n’a pas épargné. On s’en amuse car qui ne pourrait pas se reconnaître dans cette scène? Le dessin est particulièrement esthétique avec des fonds épurés, des images colorées, d’une simplicité efficace et parlante. Un style qui reflète sa personnalité, sa folie et son humour. En lisant l’ensemble de ces albums, on voit aussi une femme changée et s’affirmer.

Un album sympathique qui est plaisant de relire de temps en temps pour souffler et sourire.  

5 réponses à « J’aurais voulu être ethnologue… – Margaux Motin »

  1. Avatar de belette2911

    Blanchir la caverne ?? waw, quel jet… mais dans tout ça, ils ne disent jamais qu’ils nous ont procuré du plaisir, tout est toujours affaire de vantardises sur leurs prouesses sexuelles, mais jamais de ce que nous avons ressenti… 🙂

    1. Avatar de noctenbule

      après ils risqueraient d’être déçus. Blanchir la caverne c’est à la portée de tous (ou presque) plus cela demande à ne plus penser qu’à soi. Dur dur… 😉

      1. Avatar de belette2911

        Oui, ketter purement et simplement est à la portée du premier éjaculateur précoce… faire jouir, donne du plaisir, penser à l’autre, ça, c’est un autre programme, qui n’est pas donné à tout le monde… :/ J’en ai connu… au moins, mon chéri n’est pas un égoïste 🙂

      2. Avatar de noctenbule

        et puis il a su écouter et voir que faire plaisir à l’autre c’est aussi se faire plaisir.

      3. Avatar de belette2911

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