
Herbert de Vaucanson prend la place d’un barbare sans foi ni loi. Sa couardise l’empêche de mener à bien sa mission. Heureusement que l’on vient lui donner un coup de main.
4e de couverture
Par mégarde, Herbert le canard, humble sous-fifre au service du Gardien du donjon, a provoqué la mort d’un gros barbare… Gros barbare qui devait accomplir une périlleuse mission pour le maître des lieux. Ni vu ni connu, notre volatile endosse le costume du colosse, et le voici lancé, en compagnie d’un saurien grognon, sur des routes peuplées d’individus très puissants et très méchants.

Mon avis
Joann Sfar et Lewis Trondheim sont des artistes à l’imagination très actives. Les deux amis possèdent un besoin chronique de dessiner et d’inventer des mondes surprenants, étonnants et improbable. « Donjon » fait partie de ces choses déroutante. Pourquoi se contenter d’un univers d’héroïc-fantasy simple? Pourquoi ne pas construire des mondes parallèles et sur des centaines d’albums? Rassurez-vous au début du tome, vous aurez le droit à un récapitulatif. « L’unité de temps dans « Donjon » est l’album. Voici l’ensemble des moments chronologiques connus et explorés de l’histoire du Donjon, au jour de l’impression de ce livre. ». Les repères vont de – 10 000 à + 10 000. Nous voilà rassuré de cette approche. Le mieux est de débuter le récit et de se laisser porter.

Le mélange des codes est omniprésent sans pour autant trop perturbé les puristes. Par contre, sachez tout de suite que vous ne trouverez pas de fille à moitié nue avec une énorme poitrine. D’ailleurs, il n’y en a pas du tout. Comme ça, le problème est résolu. Par contre, nous avons un anti-héros, Herbert de Vaucanson qui prend la place d’un barbare hyper-doué, le prince sans principauté Ababakar Octopuce qui foule de sa sandale les tombeaux des rois. Quel non! Comme ce dernier a perdu la tête dans un combat, le canard n’avait pas tellement d’alternative que prendre sa place. Par conséquent, il porte une ceinture avec une grande épée. Elle n’est pas ordinaire. D’une part, elle parle et ose toute impertinence. D’autre part, pour pouvoir s’en servir il faut réaliser trois hauts faits comme tuer un méchant d’un coup de poing. Donc pendant une attaque, le pauvre gars a juste ces jambes pour courir et son bec pour convaincre. Par chance, avant qu’on l’envoie en mission, on a mis son coeur dans un bocal. Ainsi il n’aura guère le choix de revenir. Au final, c’est un sacré atout, car il ne peut pas mourir. Pratique quand on doit affronter des méchants très puissants. Des formes de poulpes volants avec une veste pourpre et une cagoule pointu ayant une queue fourchue.
Le palmipède ne pourrait s’en sortir sans l’aide du crocodile volant Marvin. Lui adore tuer des adversaires qui veulent l’ennuyer. Et en plus, il a un savoir faire de haute qualité. Par exemple, quand on l’enchaîne à une table pour lui couper les bras, il est ravie. Ses membres peuvent se déplacer tout seul et se recoller à lui. C’est totalement loufoque et tellement drôle. On s’amuse tout le temps. Les personnages sont attachants avec leur attitudes farfelues et saugrenues. Les bédéastes aiment aussi la langue pour jouer avec elle et d’elle. Ainsi c’est normal de trouver des expressions d’un autre temps ou de différents statuts sociaux, « le pouvoir que nous représentons ne tolère pas l’outrecuidance. », « pfff… une peccadille » ou « Mais qu’est-ce que c’est que cette chienlit?? ». Sans oublier les jeux de mots ou autres amusements textuels : « Bon, il faut vite que je dégote une autre idée, sinon ils vont me laquer tout cru… » dit le canard.
Quand on arrive à la fin, le sourire ne nous quitte pas. On est cueilli par la drôlerie, la finesse, le brio, l’humour et le talent sans borne Joann Sfar et Lewis Trondheim. Et c’est toujours pareils avec eux, on ne sait pas où l’on va au début et après, on ne veut que poursuivre avec eux. La lecture débute dans un donjon pour y terminer. Un cercle ingénieux qui nous rappelle la base du départ de l’aventure. D’autant plus que nous allons vivre de nouvelles choses dans ce lieu bien particulier avec un maître particulier. L’aspect anthropomorphique ne surprend nullement surtout si nous connaissons les créatifs. Cela permet de jouer avec le nom des espèces par exemple. On s’émerveille toujours de leur aptitude créative sans limite, sans tabou et sans limite. Impossible de ne pas avoir envie de découvrir sans cesse leur production.
Une bande dessinée audacieuse, pleine de bravoure et d’humour avec une quête fantastique. Les héros ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

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