L’exil n’est jamais une chose facile. Il faut s’adapter dans un milieu pas toujours hostile. Pour sa famille, sa survie, l’espoir on est prêt à tout.

4e de couverture
Le parcours d’un émigrant en route pour un pays nouveau, une terre promise, aussi attirante que mystérieuse : une nouvelle version de cet album poétique au graphisme époustouflant.

Un homme fait sa valise. Il quitte sa femme et sa fille. Il embarque à bord d’un navire pour traverser l’océan. Destination : la terre promise, un pays inconnu. Cet homme est un émigrant. Là-bas, dans ce pays nouveau et étrange où il doit réapprendre à vivre, il rencontrera d’autres gens, exilés comme lui, eux aussi perdus dans ce monde nouveau… Le récit poétique d’un exode qui touche à l’universel.

Prix du meilleur album au festival d’Angoulême 2008, Là où vont nos pères est un album inclassable, qui parle de l’émigration avec une poésie et une délicatesse incomparable.

Mon avis
Quelle surprise de taille en se plongeant dans cette bande dessinée. On est aussitôt happé par les dessins de l’Australien Shaun Tan. Et cela semble grandement mérité d’avoir gagné le Fauve d’or à Angoulême en 2008. Le trait fin, les motifs ultraprécis et net. Le bédéaste joue avec des nuances de sépia. L’univers se rapproche de la folie douce surréaliste. Les habitations ont des similitudes avec les nôtres. Mais lorsqu’on regarde mieux, on voit l’onirisme qui se dégage de ces incongruités improbables. Les animaux sont tous très étranges et bizarres. Et la technologie rétrofuturiste apporte un brin de rationalité. On est immergée dans un monde très singulier. La mise en page alterne les plan pour mieux nous émouvoir. On admire autant la succession des petits portraits que les pleines pages. Même l’invention de l’écriture intrigue.

Nous sommes emportés dans le récit. L’absence de texte de nuit nullement à la compréhension. Bien au contraire, cela aurait été de trop. La puissance de l’image est incroyable. Surtout que l’histoire est très touchante. On suit le parcours de plusieurs immigrés qui ont quitté leur terre, leur famille, leurs amis pour échapper à l’horreur, la misère et la mort. Un thème toujours d’actualité. Le créatif s’est inspiré de sa vie. En 1960, son père chinois quitte la Malaisie pour rejoindre l’Australie afin d’étudier l’architecture. Sur place, il rencontre une femme aux origines irlandaises et anglaises. Il a des sources multiculturelles. L’insertion n’a pas été facile car il y avait d’asiatique dans le pays. Grâce à des rencontres, il a pu plus facilement trouver sa place. Et sa compagne est finlandaise. C’est pour cela qu’il donne une vision assez positive. Parfois, c’est réconfortant de lire des choses où l’on gens voit des lendemains meilleurs.

Une lecture mémorable et touchante qui fait réfléchir à la place de l’Homme dans le monde.


2 réponses à « Là où vont nos pères – Shaun Tan »

  1. Avatar de PatiVore

    Contente que tu aies lu et apprécié cette magnifique bande dessinée achetée et lue à sa parution 🙂

    1. Avatar de noctenbule

      Merci à toi de m’avoir conseillé ce livre. MERCI

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