
Corentin subit chaque jour du harcèlement surtout dans le vestiaire du sport. Un jour, il trouve la solution à sa situation face à son agresseur. Les choses prennent une autre dimension.
4e de couverture
Le nouveau vestiaire des collégiens ouvre ses portes. Vitres floutées et toilettes roses, les garçons découvrent les locaux rénovés avec un mélange de gêne et de moquerie.
D’autant plus que les douches sont désormais collectives !
Ainsi deviennent-elles un centre d’intérêt particulier, dans cet espace clos où le principe fondamental de l’autorité adulte disparaît et où peuvent s’exprimer les instincts primaires à l’état le plus brut : agressivité, sexualité ado, moqueries, harcèlement de la tête de turc…
Est recréée au sein même du vestiaire une microsociété sans limites et à l’équilibre incertain, avec ses chefs craints et ses moutons noirs. Affranchis, les garçons du vestiaire affichent leur cruauté naturelle dans un récit à la fois captivant et étouffant qui n’est pas sans rappeler Sa Majesté des mouches.
Loin du feuilleton adolescent, cet album est un authentique témoignage sur la puberté.

Mon avis
On referme la bande dessinée un peu perplexe. On est touché par le sujet du harcèlement scolaire que beaucoup de lecteurs ont connu et qui toujours d’actualité. Entre les ados qui subissent et qui ne sont pas entendus, les ados qui sont témoins et qui préfèrent entrer dans le jeu pour éviter le rejet rejet social, les professionnels scolaires qui ne veulent ou ne peuvent rien faire à cause de la hiérarchie et les parents qui soient ne comprennent pas ou soient sont indifférents, on voit la complexité de la protection des jeunes. Quand la télévision annonce le suicide d’un.e mineur.e à cause du harcèlement à l’école, on est touché. Pourtant derrière, au niveau de l’Etat, il ne se passe pas grand chose de concret. Un numéro de téléphone est disponible mais il faut des humains derrière, ce qui manque et a été dénoncé. Donc, on a une attente quand on voit un ouvrage sur ce thème.
Le thème du harcèlement fait penser à une série chez Gulfstream avec par exemple « Mots rumeurs, mots cutter« . L’approche ici est tout autre, c’est ça qui dérange un peu. Corentin se fait harceler car il est gros. Tout est prétexte pour se moquer de lui. Timothé Le Boucher a choisi de placer son récit dans le vestiaire du sport qui vient d’être refait d’un collège. Les douches ne sont plus individuelles mais communes. Les ados appréhendent de se mettre nu les uns devant les autres. Ce huis clos nous montre la cruauté des relations, la violence, le besoin de conformisme et les troubles hormonaux. Ce petit espace met en exergue tous les enjeux au niveau de l’école et parfois à l’extérieur. Corentin veut se venger du leader des attaques qu’il subit. Une photo de Gauthier nu change la donne. C’est lui qui devient la cible des railleries et par conséquent, il est isolé des autres. L’hypocrisie n’a pas de limite. Les attaques deviennent de plus en plus violente jusqu’à un moment fatal. Pourquoi devoir en arriver là? Est-ce juste pour le côté dramatique?
Le bédéaste n’oublie pas de parler de cette idée de virilité mal placée. Il insiste très lourdement sur ça avec « on n’est pas des pédés ». Les propos homophobes s’affirment comme une nécessité qu’ils sont des bonhommes avec leurs poils pubiens qui commencent à pousser et la voix qui mue. Le besoin aussi de correspondre à une image de la beauté qui nécessite d’être mince. Donc la grossophobie est à proscrire. Une réalité très difficile qui souligne la présence de clichés jamais loin de la réalité. La tolérance, l’empathie disparaissent devant la culte de l’apparat. Ils s’affirment en matant dans le vestiaire des filles pour apercevoir leur corps en se masturbant comme des vieux pervers. Ils visionnent du porno gratuit en ligne et considèrent les filles comme des produits de consommation. Les ados mâles n’ont vraiment pas grand chose pour eux. Ils prouvent l’influence et l’identification des meneurs et des suiveurs. Personne n’est prêt à accepter les conséquences de leurs actions. Au niveau graphisme et couleurs, le style évoque bien entendu celui de Bastien Vives, expert aussi en retranscription en dépravation et en obscène. Les artistes arrivent à créer un malaise chez le lecteur qui ne le quitte pas vraiment l’ouvrage fermé. Un petit dossier pédagogique à la fin sur le harcèlement et ses dangers auraient été un plus.
Une bd étrange, malaisante sur la violence ordinaire d’ado qui se cherchent et veulent être juste conforme socialement malheureusement.

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