La recomposition des mondes – Alessandro Pignocchi

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes a bouleversé le rapport de force entre politique et citoyen. En s’organisant, chaque individu fait en sorte de créer une zone de vie. Un lieu où chacun vient avec ces convictions qu’il met au service d’une cause.

4e de couverture
Que se trame-t-il exactement sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes ? Notre anthropologue dessinateur mène l’enquête : s’agit-il d’un kyste peuplé de hippies violents ? Trop drogués pour comprendre qu’il faut partir puisque le projet d’aéroport est abandonné ? Ou de l’avant-poste, en Occident, d’un nouveau rapport au monde, affranchi de la distinction entre Nature et Culture ? L’enquête emprunte des chemins imprévisibles sur ce bocage qui, d’emblée, nous absorbe, nous transforme et recompose les liens que nous entretenons avec les plantes, les animaux et le territoire. Ancien chercheur en sciences cognitives et philosophie, Alessandro Pignocchi s’est lancé dans la bande dessinée avec son blog, Puntish. Son premier roman graphique, Anent. Nouvelles des Indiens Jivaros (Steinkis), raconte ses découvertes et ses déconvenues dans la jungle amazonienne, sur les traces de l’anthropologue Philippe Descola. Dans les deux suivants, Petit traité d’écologie sauvage et La Cosmologie du futur, il décrit un monde où l’animisme des Indiens d’Amazonie est devenu la pensée dominante, et où un anthropologue jivaro tente de sauver ce qui reste de la culture occidentale.

Mon avis
Alessandro Pignocchi propose une bande dessinée très personnelle. Il partage son expérience au sein de Notre-Dame-des-Landes. Souvent, il avait le projet d’y aller mais la procrastination lui a fait signe de rester chez lui. Puis à un moment, quelque chose l’a décidé. Quelle aventure sur place! Il rencontre une vraie communauté qui entretien des liens forts entre eux et avec la nature. On récupère un peu de tout pour construire des logements, on réfléchit à faire un potager adapté au terrain et au climat. L’esprit de solidarité prend le dessus. Comment ne pas être émerveillé face à cette attitude? Surtout que les médias et le gouvernement parlent de tout autre chose. L’espace collaboratif doit affronter des gendarmes très motivé à détruire, à blesser. En tenue complète de robocop, ils suivent les ordres. C’est leur travail. L’auteur en profite pour évoquer avec philosophie le rapport entre l’humain et la nature. Le clin d’oeil aux Jivaros devient un incontournable. Leur vision du monde est à l’opposé de celle occidentale. Y en a t’il qui a plus de valeur que l’autre? Au niveau graphique, on constate une différence avec la trilogie « Petit traité d’écologie sauvage ». Le trait est moins précis. Il se rapproche de la mise en contexte de notes pour montrer le dynamisme, l’effervescence et l’urgence. Les message passe comme une lettre à la poste. Direct et efficace, la ZAD est un autre moyen d’agir et d’être un contrepouvoir intelligent.

Une bande dessinée qui montre un autre visage du partage entre citoyens dans un projet de contestation national.

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