Vous avez une mission – Phil Becker

« Le travail, c’est la santé » chantait Henri Salvador. Mais au final, le travail est-il vraiment une source d’épanouissement? N’est-ce pas d’autant plus difficile quand on fait une succession de missions?

On a presque tous besoin de travailler pour gagner de l’argent pour son logement, avoir de quoi manger, subvenir sa famille…. Le fait d’avoir un CDD ou un CDI est un rêve que l’on fait miroiter aux gens depuis leur plus jeunes âges. Mais il a d’autres formes de métier. Phil Becker partage son expérience en tant qu’intérimaire. Au début, c’était à côté des cours de l’université pour payer son loyer et sa nourriture. Puis après, il a laissé l’école car c’est difficile de concilier les missions ponctuelles et les contrôles. Vous pouvez être appeler la veille pour le lendemain pour trier des fruits et légumes pourris, compter des boîtes de conserve ou conduire un camion. On ne vous demande qu’elles sont vos compétences pour adapter les offres. Vous devez être disponible à tout faire et à aller partout. Que cela soit nettoyer un incinérateur ou aider une entreprise à faire une fraude à l’assurance, vous devez y aller et faire de votre mieux. Parfois, on vous fait miroiter une embauche juste pour que vous donniez le maximum. Souvent, c’est juste une façon de pousser les gens et rarement c’est vrai. Une précarité qui fragilise une grande partie de la population qui n’a pas forcément choisie ce mode de vie. D’autant plus quelle symbolise aussi une discrimination que cela soit au niveau des femmes ou soit des personnes de couleurs. A la fin, on lira des témoignages de personnes qui mettaient en relation les intérimaires avec les agences. Ce n’est pas très glorieux ce qu’on leur demandait.

La précarité est un mot que nous entendons de plus en plus dans notre société. L’intérim est un vrai symbole. A travers son témoignage, Phil Becker montre aussi le mépris des responsables et parfois des salariés. La plupart du temps, il y a un vrai besoin de masse salariale mais les têtes pensantes préfèrent miser sur du turn-over plus récurrent. L’auteur partage son vécu mais c’était avant la révolution internet, ce qui date un peu maintenant. Le temps où tu allais souvent dans les agences d’intérim afin que l’on te donne une mission. Il fallait convaincre que vous pouviez faire l’affaire. Eux avaient plus de demandes que de missions et choisissaient ceux avec le meilleur feeling. Maintenant des petits robots font les premières sélections, l’intérim a un nouveau visage. Est-ce la précarité est différente? La diversité est normalement plus inclusive. On passe un bon moment en tournant les pages avec la description de plusieurs missions. Est-ce que l’on devrait rire au final face à cette misère, à cette manipulation des gens? Le système est bien rôdé alors peut-on le changer? Et surtout doit-on le changer? Il faudrait éventuellement trouver un autre témoignage avec l’outil numérique pour savoir si les choses ont changé. Phil Becker souligne que tout le monde ne veut pas forcément un travail fixe. Changer c’est aussi une forme de liberté.

Une lecture qui nous interroge à notre rapport au travail et celui de la société.

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