Le petit livre des couleurs – Michel Pastoureau et Dominique Simonnet

Les couleurs n’ont plus de secrets pour Michel Pastoureau. Mais la plupart des gens à force de les voir au quotidien, ne font plus vraiment attention à elles. Aidé de Dominique Simonnet, ils vont nous faire une petite leçon colorée. 

On choisit ce que l’on porte ou ce que l’on mange par rapport aux couleurs. Pourtant, ces choix risquent d’être différents selon les époques, les régions et les pays. On peut se demander pourquoi? Voilà qu’arrive Michel Pastoureau, historien du Moyen Age, anthropologue et grand spécialiste des couleurs qui va tout dire. Et il va évoquer les six couleurs : bleu, rouge, blanc, vert, jaune et noir ainsi que les demi-couleurs : gris pluie, rose bonbon… Ce choix de classification est un choix justifié. Il ne prend pas en compte le classement avec les couleurs primaires et complémentaires et d’autres catégorisations. Un point de discorde avec d’autres spécialistes avec lesquels il prend plaisir à discuter si nécessaire. Bref, aidé par son ami, auteur et rédacteur en chef à L’Express, Dominique Simonnet qui va l’interroger, ils nous emmènent au coeur de l’Histoire pour nous montrer l’importance des couleurs. Le sens des expressions tels voir rouge, être vert de rage ou blanc comme un linge ont elles aussi des récits étonnants.

J’ai adoré lorsque sont évoqués la rivalité entre le rouge et le bleu. Des crémeries qui prêchent chacune pour conserver ou conquérir leurs privilèges. « A la fin du Moyen Age, la vague moraliste, qui va provoquer la Réforme, se porte aussi sur les couleurs, en désignant des couleurs dignes et d’autres qui ne le sont pas. La palette protestante s’articule autour du blanc, du noir, du gris, du brun… et du bleu. » Le rouge restera le couleur de l’amour, du pêché de chair, du diable, du communisme, du prolétariat. « Le rouge restera aussi la couleur de la robe de mariée jusqu’au XIXe siècle. » 

Michel Pastoureau apporte véritablement une analyse historique, sociologique et culturelle des couleurs. Il est important par exemple de prendre en compte la fabrication des teintures, de la rareté de certains pigments naturels à l’essor de la chimie. Tout est lié avec les évolutions des mentalités. D’ailleurs, il évoque dans le jaune que dans quelques années cette couleur sera tendance. Il écrit cela en 2005 et voilà qu’en 2018/2019, elle fait partie des teintes tendances. Je trouve cela assez étonnant qu’il puisse même faire des pronostics sur l’essor de couleurs un peu moins apprécié.

Quand plaisir rime avec connaissance, il serait bien dommage de ce passer de ce moment de lecture. Mais attention, vous risquez d’en vouloir plus et vous plonger dans l’univers des couleurs.

2 réflexions sur “Le petit livre des couleurs – Michel Pastoureau et Dominique Simonnet

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