Peter Pan – James Matthew Barrie

Vous ressentez une envie d’aventure ? Vous voudriez vous envoler dans les airs et aller par-delà les nuages ? Vous n’auriez pas envie d’aller vous baladez dans le pays Imaginaire ?

L’évocation de Peter Pan évoque biens des images, peut-être des illustrations, un film, un dessin animé, une comédie musicale… La référence au roman ne vient pas en premier lieu alors que pourtant, il est le cœur de l’inspiration de toutes les déclinaisons. James Matthew Barrie perdit son frère à l’âge de 6 ans. Sa mère, très affectée, disait qu’ainsi il restera toujours jeune. Figée dans le plus bel âge de sa vie. En grandissant, le petit garçon devint un auteur, ami de Conan Doyle et H. G. Wells. Enfui en lui, son âme de jeunesse palpite encore. Il n’hésite jamais à jouer avec les cinq enfants, George, Jack, Peter, Michael et Nicholas, de son amie Sylvia Llewelyn Davies et son chien, Porthos. Son imaginaire était en ébullition en créant des tours de magie, des aventures avec des pirates… Toute la matière est là pour donner vie à une incroyable histoire. Des garçons malins sur une île Imaginaire, des pirates, des sirènes, des indiens, un crocodile, des fées et bien entendu un personnage principal qui refuse de grandir : Peter Pan.

Au début, James Matthew Barrie met en scène une pièce de théâtre qui se joue pour la première fois sur la scène londonienne du Duke ok York le 27 décembre 1904. Etonnement, Peter Pan est interprété par une femme. Le succès est immédiat. En 1911, il réécrit l’histoire pour en faire un roman sous le nom de « Peter and Wendy » qui sera traduit en français par « Peter Pan ». Le livre rencontre  également son public aussi bien adulte qu’enfants. On pourrait peut-être souligner un peu le côté misogyne du roman. Mme Darling est une femme au foyer car moyennent riche et elle une domestique. Wendy devient une maman qui fait la cuisine, le ménage, reste à la maison, s’occupe de soigner les bobos… J’en conviens cela reste très fidèle à la société de l’époque. Et bien entendu toutes les filles aiment Peter. Je nuance un peu car les indiens ont pour chef une femme qui a du caractère et les fées ne se laissent pas monter sur les pieds. Mais quand un homme écoute ces émotions cela devient forcément féminin. « Comme chez tous les grands pirates, il y a avait dans son âme ténébreuse cette pointe de sensibilité féminine qui lui inspirait parfois d’heureuses intuitions ».

L’originalité repose également sur le fait que le narrateur s’adresse tout au long du roman au lecteur. D’ailleurs, je ne suis pas vraiment arrivée à définir qui parlait vraiment. « Wendy aurait-elle refusé avec hauteur le bras de Crochet (ce que nous aurions été heureux d’écrire) » Qui est ce nous ? « L’homme n’était pas entièrement mauvais ; il aimait les fleurs (on me l’a assuré) ». « J’espère que vous souhaitez savoir ce qu’il advint des autres garçons ». Est-ce un enfant perdu qui nous raconte où un habitant de l’île Imaginaire ? A moins qu’il soit à plusieurs pour nous raconter tout ce qu’ils ont vu ?

L’histoire nous emmène à la rencontre de la famille Darling composé d’une mère au foyer, d’un père qui travaille, de trois enfants, d’une employée de maison et d’une gouvernante chien, Nana. De temps en temps, Peter Pan passe dans leur chambre, la preuve est les quelques feuilles retrouvées. Mme Darling arrivera même à attraper son ombre qu’elle cachera dans sa commode. Une occasion de revenir les voir pendant l’absence des parents. Mais Peter n’arrive pas à rattacher son ombre. Par chance, Wendy va l’aider. Après avoir un peu discuté, il lui propose de venir avec lui dans son île Imaginaire à la rencontre des sirènes, des indiens, des pirates… Après un peu d’hésitation, elle accepte et va réveiller ces frères, Michael et John.  Un peu de poudre de fée et c’est partie pour un voyage extraordinaire. Clochette va les accompagner. « Cette fille-fée,nommée Clochette-la-Rétameuse, était vêtue d’une feuille taillée très court, ce qui avantageait sa gracieuse silhouette, légèrement encline à l’embonpoint ». Elle est jalouse de Wendy. Leur relation sera par conséquent toujours à couteaux tirés. « Elle ignorait encore que la fée lui vouait une haine farouche, une vraie haine de femme. » Toutes les filles de l’île sont amoureuses de Peter Pan qui ne prête pas grand intérêt à elles et aux choses de l’amour. Pour lui, juste le jeu existe. D’ailleurs, l’île Imaginaire est son monde. Quand il n’est pas là tout se met en pause. Tout est codifié et hiérarchisé. Et quand il revient, tout prend vie. Mais Peter est le chef et personne n’a le droit de le contrarier. Quand un enfant grandit, il le tue ou quand quelqu’un commence à poser des questions sur ce qu’il ne sait pas c’est le même sort. Il symbolise à merveille les enfants car il est égocentrique, narcissique, menteur et manipulateur. Le sort des gens ne l’intéresse pas sauf s’il a besoin d’eux.  La magie opérera tant « que les enfants seront joyeux, innocents et sans cœur ». Mais cela n’empêche pas d’être apprécié et craint de tous. Ils vont vivre une incroyable aventure avec des combats, des enlèvements, des cadavres… Bref, le vrai quotidien du jeune garçon qui refuse de grandir et qui gardera à jamais ces dents de lait. Toutefois, Wendy va avoir envie de retrouver sa maman et sa famille. Elle prendra avec elle tous les garçons perdus de l’île qui rêvent d’être cajolé par une vraie maman qui les aimera. Une nouvelle vie va les attendre, plus calme et raisonnée. Cependant Peter viendra parfois au printemps pour venir chercher la nouvelle Wendy (sa fille puis sa petite-fille) pour faire son ménage.

Un livre qui se dévore d’une traite qui m’a permis d’aller à la rencontre d’un conte que Disney a encore une fois très édulcoré. Une histoire singulière où l’enfant roi est aussi un tortionnaire qui cours après le temps afin qu’il soit infini.

Mini bio
1860 : naissance en Ecosse
1904 : première représentation de Peter Pan au théâtre
1911 : publication du roman
1937 : mort à Londres à l’âge de 77 ans
1939 : Disney achète les droits du livre
1953 : sortie du dessin animé Disney
2005 : sortie de Neverland

7 réflexions sur “Peter Pan – James Matthew Barrie

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    • C’est intéressant de voir comment un conte est adaptée. Peter est moins gentil et mignon. On pourrait dire que c’est un sale con, autoritaire et narcissique.
      A lire en tout cas. Je te le conseille 🙂

      • C’est ce qu’il m’avait semblé comprendre du personnage dans le roman, par rapport aux différents retours lus. Ca doit donner une version tellement différente ! Moi qui ne suis pas fan du dessin animé, j’apprécierai peut-être plus (à dire vrai, je ne jure que par « Hook » ^^’).

  3. Pingback: Bilan culturel de Février 2019 | 22h05 rue des Dames

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