Parce que les tatouages sont notre histoire – Héloïse Guay de Bellissen

 Le tatouage n’est pas un acte anodin. Une machine qui vrombit, des aiguilles qui pénètrent la peau et de l’encre qui s’infiltre dans le corps. Une démarche riche d’histoires qu’Héloïse Guay de Bellissen va nous raconter. 

Ne vous fiez pas à la couverture. On pourrait croire qu’il s’agit d’un essai sur le tatouage. Mais c’est tout autre chose. Héloïse Guay de Bellissen nous raconte son rapport au tatouage.  » Se tatouer c’est s’accepter totalement avec sa propre empreinte, porter son histoire avec soi.  » Une première rencontre coup de coeur enfant avec une femme avec pleins de tatouages. Quand elle serait grande, elle aussi, elle s’en fera sur la peau. Puis un par un, ils viennent la recouvrir et elle devient « La femme livre ». « J’ai donc des tatouages faits parce qu’à un moment donné, j’en ai eu envie, point. Mon corps est mon territoire et il fait de défaites et de grandes batailles ». Parfois, quelques histoires sur ces tatouages nous sont partagés. Par exemple, la couverture de « Danse macabre » de Stephen King qui est complètement raté où les rats ressemblent plus à des otaries. C’est des choses qui peuvent arriver malheureusement. « Souvent j’ai pensé qu’un tatouage c’était cracher hors de soi de l’encre qui était déjà en nous. Le tatoueur, lui, comme Brancusi ou Giacometti, écoute la matière-peau et y dessine ce qu’il voit, même su le dessin a été choisi par un autre, il y a ça, faire d’une matière brute une oeuvre. Et l’artiste entend ce que le corps sait. »

Mais elle donne la parole aussi à la cicatrice, la peau, le visible et l’invisible qui sont indissociable du tatouage. Ils sont toujours là lors du rendez-vous chez le tatoueur. Elle aborde également des histoires des clients de son mari, tatoueur sans oublier un voyage réel ou imaginaire dans l’Histoire. Tel l’histoire d’Olive Oatman, jeune fille enlevé par des indiens et qui l’ont élevé dans leur clan. Puis des années plus tard, son frère l’arrache à sa nouvelle famille. Son visage porte des marques indélébiles de son passé. Le tout se mélange, s’entremêle. On peut ainsi soit picorer dans le roman ou tout dévorer d’un coup.

C’est un très jolie hommage aux tatoués et aux tatouages. Je pouvais entendre le bruit spécifique de la machine en tournant les pages. J’ai envie d’aller rencontrer son mari pour me faire tatouer car elle parle de lui avec beauté et sensibilité. Un tatoueur qui écoute son client et qui fait de son mieux pour réaliser leur rêve, cela donne envie. « Dans un tatouage il y a toujours une part de secret. Mais au départ, tout tient dans des mots. Et ces mots prennent corps. »

Un délicat ouvrage qui parlera aux tatoués et interrogeront ceux qui n’en ont pas encore.

Lire l’avis Leschroniquesculturelles : « Ce récit a fait trembler quelque chose en moi. Charnel, corporel, vital, il est animé d’une véritable pulsation, voire pulsion de vie, à la fois très poétique et presque animal.  »

 

 

8 réflexions sur “Parce que les tatouages sont notre histoire – Héloïse Guay de Bellissen

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      • Déjà, un peu de trouille, mais le dis à personne… peur que ce soit loupé, peur que dans 20 ans, ça soit moche, et puis je reporte, je reporte et voilà…. 🙂

      • Maintenant, tu peux trouver des bons tatoueurs. Les bons noms et les bonnes adresses circulent donc le risque que cela soit raté est presque nul. Et puis le résultat dans 20 ans, j’ai tendance à dire ce n’est pas grave. On se tatoue parce que l’on veut marquer quelque chose en soi et que cela a un sens. Et qu’importe comment il deviendra, il gardera son sens et tu le fais pour toi.
        Et puis, comment tu peux savoir comment tu seras dans 20 ans? Et est-ce que tu te poses la question quand tu manges ou tu bois en te disant quel impact cela a sur ton corps si tu abuses?
        Si la question de l’aspect dans le temps se pose, c’est que peut-être le moment n’est pas encore venu pour te faire tatouer.
        Dans le roman, elle parle d’un tatouage raté. Dessus, elle l’a fait rayé et noté dessus raté.
        Et sache que l’on peut rattraper un tatouage raté. Après si tu fais le portrait de Johnny, c’est plus difficile mais pas impossible.

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