Mon suicide – Henri Roorda

Henri Roorda a décidé d’affaire à la vie. Avant de se tirer une balle dans le cœur, il laisse un texte pour expliquer son choix. Sobrement nommé « Mon suicide », l’auteur explique son choix avec raison et humour.

Au détour d’une librairie, un petit livre mauve attire mon œil. Sur la couverture, un petit papier posé par un libraire « Lisez et diffusez cette petite merveille. C’est un hymne à la vie (si, si je vous assure) et d’une finesse intellectuelle rare. » Un message coup de cœur qui intrigue assez quand le titre du livre est « Mon suicide ». Au moins, on connaît la chute à la fin de l’histoire. Alors j’ai cédé à la tentation de la lecture. Je passe en caisse et direction avec la rencontre d’Henri Roorda avec ces derniers mots écrits en 1925. Ecrouer de dettes, il partage sa vision de sa vie, des comportements de ces proches et le fonctionnement de la société en générale. Il est fatigué de vivre, de voir l’hypocrisie, l’injustice, le triomphe de la médiocrité…

On pourrait s’attendre à un ton triste, grave avec de nombreux regrets. Ce n’est pas vraiment le cas. Je ne dirais pas que c’est un « hymne à la vie » non plus. Un homme d’esprit suffisant, dépensier juge le monde trop menteur. La valeur argent l’incite à réfléchir. Seuls ceux qui en ont sont libres. Libre de changer de métier, de s’arrêter pour faire une formation, de voyager… quand tu es pauvre tu te contentes de ce que tu as. Et si tu es maltraité, prend ton mal en patience, un jour ton calvaire prendra fin. Lui veut profiter de la vie avec ivresse et sans limite mais l’ordre social l’en empêche. Il aime enseigner avec un esprit libertaire même si les informations communiquées sont toujours identiques et qu’il restera peu de son enseignement au final dans la tête de ces jeunes gens.

« Je ne saurais pas parler si je n’étais pas né parmi les humains. Ce sont les hommes qui m’ont appris à penser. C’est la société qui m’a révélé toutes les choses belles qui m’ont fait aimer la vie. Je sais que pour durer, elle a besoin de la violence et du mensonge ; mais ce sont ses écrivains qui m’ont parlé de la justice et qui ont mis en moi l’esprit de révolte. Je dois aux autres tout ce que je possède : mes idées et mes jolies aussi bien que mes vêtements. »

Et l’amour dans tout ça ? Il a fait souffrir sa femme car c’était aussi l’époque qui voulait ça. On épouse les gens par forcément par véritable attachement. Il aime regarder d’autres femmes. Il souhaite passer plus de temps avec certaines mais il se l’interdit à cause de son âge. A 50 ans, nous ne sommes plus jeunes, le temps du batifolage est terminé. Un regard sur son avenir bien sombre où la folie et la légèreté n’ont pas leur place. Alors à quoi vivre alors ?

Un petit livre qui se lit assez vite qui ne m’a ni insufflé une envie de vivre ni de rire. Une vision d’un homme à un tournant de sa vie qui a fait choix et qui l’a assumé jusqu’au bout.

2 réflexions sur “Mon suicide – Henri Roorda

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