Willy Ronis par Willy Ronis – Pavillon Carré de Baudoin

Willy Ronis  (1910-2009) fait partie de ces photographes qui ont immortalisé Paris. Son regard plein d’humanité nous montre un autre visage de la capitale. Laissons-nous nous perdre dans les rues pavées au plus proche des gens et de la vie.


Petite présentation de Willy Ronis
Dès son plus jeune âge, Willy Ronis était plongé dans le monde de la photographie car son père possédait un studio boulevard Voltaire. Sa mère était professeure de piano. A ces débuts, il se sent plus attirer par la musique, le dessin et la peinture. Pour ces 16 ans, son père lui offre un Kodak 6,5 x 11 cm. En 1932, il vient au studio aider son père malade. Il n’aime pas ce travail et préfère prendre des photos en extérieur. Peu de temps après, il décède. Willy Ronis vend le studio et décide de devenir photographe indépendant. Après la Seconde Guerre mondiale, il réalise des reportages pour la presse (surtout de gauche). En 1946, il intègre l’agence Rapho et le Groupe des XV dont fait également partie Robert Doisneau. En 1954, il publie son premier ouvrage « Belleville Ménilmontant ».

En 1972, à cause de la crise, il part avec son épouse s’installer à Gordes dans le Vaucluse. Dans les années 1980, Willy Ronis réalise une donation de ses archives à l’état, ce qui a permis l’organisation de nombreuses expositions comme les rétrospectives au Palais de Tokyo en 1985, au musée de l’Élysée à Lausanne en 1990, à l’Hôtel de Ville de Paris en 2005, aux Rencontres d’Arles en 2009 ou encore à la Monnaie de Paris en 2010.


Pourquoi cette exposition maintenant ?
En 2016, le fonds Willy Ronis a fait son entrée officielle dans les collections nationales. Une donation exceptionnelle, qui a été confiée par le ministère de la Culture à la médiathèque de l’architecture et du patrimoine (MAP), chargée de conserver et valoriser le patrimoine photographique de l’État. La première donation, avec tous ses négatifs sur plaque de verre et support souple, en couleur et en noir et blanc, date de 1983 tout en conservant l’usufruit de son oeuvre.  D’ailleurs, cela a conduit à une retrospective au Palais de Tokyo en 1985. Une seconde donation a été effectuée en 1989 qui comprend tous les négatifs depuis 1983. Il le confirme dans son testament en les complétant avec ces archives et sa bibliothèque. L’ensemble du fond se compose de 15 millions de négatif, 4 millions de tirage et plus de 860 000 images. 


Pourquoi cette sélection d’images ?
A 85 ans, Willy Ronis décida de faire un peu de classement dans sa gigantesque production photographique. Il en sélectionna l’essentiel qu’il classa en une série de six albums. C’est cet éventail tout en noir et blanc qui sera exposé dans le Pavillon Carré de Baudoin dans le 20ème arrondissement. Une fenêtre sur le Paris des années 40 et 50 s’ouvre aux visiteurs, où il pourra découvrir des scènes de vie quotidienne. Des enfants curieux, des amants qui s’embrassent, les manifestations, les lieux de vie… tout cela donne une vision romantique et pleine d’humanité à la capitale. Belleville et Ménilmontant étaient ces terrains de jeu favoris, Rolleiflex à la main. Par exemple, en 1936, il photographie le Front Populaire et les mouvements sociaux : meetings, misère ouvrière, grève des femmes des usines Citroën.

190 clichés exposés réalisés entre 1926 et 2001 couvrant la grande carrière de Willy Ronis qui a toujours été inspiré par l’énergie et la force de la vie. Les 400 autres clichés sélectionnés par l’artiste sont consultable sur place sur des tablettes numériques.


Que se cache-t-il sous ces 6 séries ?

Belleville Ménilmontant 
Ce n’est qu’en 1947 sur l’invitation d’amis qu’il découvre le quartier de Belleville Ménilmontant. C’est en sorte un village un peu à part et qui délaissé par les parisiens. « C’était le quartier des Apaches, on n’y allait pas« . Il tombe amoureux et n’hésite pas à dégainer son appareil photo. Il y montre une vie sociale active, pleine de vie et de solidarité. 


Ces commerçants et ces habitants seront même au coeur de sa première publication.

En 1960, il reviendra sur les pas de ces premières photographies.

En 1990, le collectif le Bar Floréal organise un concours « Sur les pas de Willy Ronis dans Belleville Menilmontant » où des panneaux avec des photographies de l’artiste sont mises à l’endroit de la prise de vue.

Willy Ronis, Gamins de Belleville, sous l’escalier de la rue Vilin, 1959

Ces débuts

Willy Ronis, Photo tirée de ma première bobine, vallée de Chevreuse, 1926

Avec le Kodak à soufflet que lui offre son père pour ses 16 ans, l’adolescent immortalise ses vacances et ses vagabondages parisiens. L’exposition dévoile l’un de ses premiers clichés, pris dans la vallée de Chevreuse en 1926. La photo a été tirée de sa première bobine et est la seule photo restante. Elle montre au premier plan des jeunes jouant au ballon, au beau milieu de la nature. L’image est encore un peu floue, le photographe et l’appareil apprennent à se connaître. 

Autoportrait
Les premières images montrent encore l’influence du studio. Puis petit à petit, la vie reprend le dessus même dans ces autoportraits. 

On peut voir un jolie travail avec des lignes droites.

Willy Ronis, Autoportrait dans une enseigne rue Royale, 1948

Nus
Le photographe ne s’est jamais considéré comme un artiste professionnel de nu. 

On y découvre des images prises entre 1949 et 2002 dont le célèbre « Le Nu Provençal » sur lequel apparait son épouse Marie-Anne. Sa femme se passait un coup d’eau sur le visage à la suite de sa sieste. En passant devant la chambre, il demanda à sa femme de ne plus bouger car il devait aller chercher son appareil photo. Quatre prises plus tard, cette photo a pris naissance. 

Le monde ouvrier
Avec l’arrivée du Front Populaire en 1936, les révoltes populaires se font légions. Willy Ronis vient juste de devenir photographe indépendant et veut laisser une trace de ces mouvements. Pour le magazine Life, en 1948, il couvre les grèves des mineurs de Saint Etienne puis sur le pays minier de Lens en 1951. 

La Provence

 

L’ailleurs
Dès avril 1938, Willy Ronis quitte la France afin d’effectuer des reportages dans le monde. Il ira en Méditerranée, dans les Balkans, en Belgique, à Londres, à Venise, à Moscou…
 

Paris
Jamais il ne se lasse de prendre la capitale en photo. 

L’intime
Dans son oeuvre photographie, sa vie familiale et intime sont des sujets importants. On y déjà rencontré sa femme, son fils Vincent et ses chats.
  

 Une très jolie exposition que je vous recommande chaudement de visiter. 

Les +
– c’est gratuit,
– quelques photographies sont commentées par l’artiste,
– belle muséographie,
– magnifiques photographies.

Les –
– espace non climatisé,
– pas de livre ou catalogue d’exposition (publication prévue en septembre),
– pas de visite guidée en juillet et août.


Informations pratiques
Ouverture
du mardi au samedi de 10h00 à 18h00.

Lieu
Pavillon carré de Baudoin
121 rue de Ménilmontant
75020 Paris 

Métro
Ligne 3,3 bis Arrêt : Gambetta
Ligne 11 Arrêt : Jourdain

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