
Aurélia n’est pas seulement une blogeuse talentueuse que vous connaissez peut-être sous le nom de Ma Lecturothèque. C’est également une sportive aguerrie qui n’hésite pas à enfiler ces patins pour donner le meilleure d’elle-même sur une piste. Allons à la rencontre d’une joueuse de roller derby qui pourra nous en dire plus.
Tu peux nous présenter rapidement le roller derby?
Le roller derby est un sport de vitesse et de contact se jouant généralement durant deux manches de 30min chacune. Ces manches sont découpées en « jams » qui ne peuvent pas dépasser les 2min.
Avant d’aller plus loin, parlons des joueuses : deux équipes s’affrontent sur le « track » (une piste ovale). Une équipe est constituée de 14 joueuses maximum, mais les 14 ne vont pas sur le track simultanément (ce serait vite un sacré bordel). A la place, chaque équipe envoie un groupe de 5 joueuses, constitué de 1 jammeuse (elle marque les points) et de 4 bloqueuses (elles empêchent la jammeuse adverse de passer et tentent d’aider la leur). Les bloqueuses des deux équipes forment un pack dont elles doivent respecter les distances (vous ne verrez donc jamais une bloqueuse faire tout le tour du track pour récupérer la jammeuse adverse). A chaque fin de jam, un nouveau groupe de joueuses est envoyé sur la piste.


Comment as-tu découvert le roller derby?
J’étais encore à Rennes quand j’ai découvert ce sport. Une connaissance d’un groupe queer et féministe en parlait tellement que j’ai commencé à m’y intéresser. J’avais déjà vu le film Bliss de Drew Barrymore avec Ellen Page, et j’avais trouvé ça cool, mais uniquement en film : je n’avais pas envie de me prendre des coups de coude dans le nez ! Mais voilà, cette pote m’a rassurée : il y a énormément de règles au roller derby, justement pour veiller à la sécurité des joueuses, et du coup ça ne ressemble pas à ce qu’on voit dans le film.

Depuis combien de temps joues-tu?
J’ai commencé à la rentrée 2011, j’entame donc ma sixième année, dont 4 ans ½ passés à Paris.

Dans quelle équipe joues-tu? Depuis combien de temps joues-tu dans cette équipe?


Qu’elle est ton poste?
Il existe trois postes au roller derby : la personne qui marque les points est appelée jammer (jammeuse), elle a un couvre-casque avec une étoile. Les personnes qui vont empêcher l’adversaire de marquer des points sont les blockers (bloqueuses). Et puis il y a celle qu’on appelle pivot : elle a une bande sur le casque. Cette personne est une blocker avec un avantage : elle peut devenir jammer pendant un jam.

Qu’elle est ton surnom et pourquoi ce dernier?
Jusqu’à récemment, c’était Demi Déesse (une blague entre copines). Mais j’ai changé parce que j’ai pensé à un jeu de mots et je voulais absolument l’utiliser : Loki d’Or. Toujours en référence avec la mythologie, mais ça vient aussi d’une expression française (« il faut se méfier de l’eau qui dort »), et enfin « d’Or » et non pas « dort » parce que l’origine latine de mon prénom signifie « doré ».

Est-ce que tu as beaucoup de bleus et bosses?

Qu’est-ce que ce sport t’apporte?
En dehors que le sport en général soit un défouloir, il me permet surtout de travailler les stratégies, chose que j’aime que ce soit dans les jeux de société, les jeux vidéo… et dans le sport aussi. Lire le jeu adverse, rester concentrée du début à la fin, se dépasser… Ca apporte beaucoup de challenge et j’aime ça.
Le roller derby, c’est une sorte de grande famille : il y a des gens avec qui on est super proches et d’autres moins. Je me suis fait de super copines et j’adore mes coéquipières !

Que dirais-tu à quelqu’un qui veut faire du roller derby?
Apprendre le roller derby, ça peut être difficile car tout le monde ne progresse pas de la même façon ; certaines filles sont aptes à jouer au bout de 4 mois par exemple, alors qu’il faut plus d’un an à d’autres. Dans tous les cas, il ne faut rien lâcher : quand on commence, on tombe, il y a toujours une fille qui patine plus vite que tout le monde, etc. Mais ce n’est pas grave parce que même si on ne s’en rend pas forcément compte, on progresse nous aussi. On apprend plein de choses et il y a toujours quelqu’un.e pour nous soutenir.

Est-ce que tu peux nous conseiller des livres autour de ton sport?
Il existe pas mal de livres en anglais, mais en France, c’est un peu désertique. Dans les bouquins parus chez nous, et parlant du roller derby tel que nous le connaissons (à peu près, car il y a eu quelques modifications de règles depuis le temps), il y a le roman Bliss, métamorphose d’une fille ordinaire de Shauna Cross qui a inspiré le film Bliss. Il y a aussi Pure Fucking Roller Derby du français Will Argunas, c’est un livre axé sur Les Simones, l’équipe d’Orléans. Et puis il y a un comics sorti en France fin 2016, aux éditions 404 : Roller Girl, de Victoria Jamieson. Il parle du derby, de l’adolescence, de l’amitié… J’ai beaucoup aimé !

Quand est-ce que l’on peut venir voir ton équipe?
Pour suivre toute l’actualité des Paris Rollergirls, il y a la page Facebook . Les Sans Culottes joueront les 18 et 19 novembre à Dijon dans le cadre du Championnat de France (Nationale 2) et ce même week-end, les All Stars et les Quedalles iront jouer à Manchester !

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