Crimes et faits divers à Lyon

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Rien de tel qu’une petite visite guidée pour découvrir la ville de Lyon. Alors grâce à une très sympathique guide, partons à la découverte des Crimes et faits divers marquants.

Mafia lyonnaise
Sous l’échafaudage se cache un night club qui était déjà présent il y a bien longtemps. Toutefois, il était tenu par un grand parrain de la mafia, Jean Augé. D’origine algérienne, il arrive en France avec des rêves de grandeur. Dès l’âge de 15 ans, il se fait connaître pour divers faits comme le cambriolage. Pendant la seconde guerre mondiale, il soutient la Gestapo pour mettre en place un certain trafic. Toutefois, sentant le vent tourné en 1943, il prend le maquis et va se faire passer pour un héros de la résistance. Bien entendu, il va participer à quelques opérations d’explosion ou autres. Cela va grandement lui servir, car au sortir de la guerre, il va reprendre ces activités illégales et va être protégé par les résistants.

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Jean Augé cherche une ville où s’installer. Il essaie à Grenoble de prendre la place du parrain déjà en place mais il va devoir fuir. Le hasard l’emmène à Lyon et cela tombe plutôt bien car ici par d’organisation. Juste des groupes de caïds qui se partagent des marchés et qui se ponctuent par quelques règlements de comptes. D’années en années, il va prendre le contrôle du milieu en le structurant et devenir un véritable parrain. Il va placer des hommes de confiance, des lieutenants, à des postes thématiques pour pouvoir étendre son pouvoir.

Lyon ne lui suffit pas, il va alors agrandir ces tentacules tout d’abord à Paris avec les frères Zémour, puis Marseille, puis l’Italie (avec la Camora), pour ensuite conquérir le monde entier. La petite entreprise locale devient une internationale du crime. Pour se créer une façade de respectabilité dans la ville car depuis longtemps il rêve de faire partir de la haute bourgeoisie, il va acheter des bars, des restaurants, des boîtes de nuit pour créer des soirées sélect (politique, magistrat, police…) et tous admire cette façade.

A la fin des années 50, les services secrets viennent le chercher pour l’emmener en Algérie pour qu’il soit mercenaire (barbouze) et se fait rapidement une réputation de boucher. Il a enfin trouver une vocation. Lorsqu’il revient à la fin des années 60, il est protégé par la police et connaît alors un âge d’or en devenant un parrain intouchable. Une belle opportunité pour cultiver son réseau. Il va intégrer le SAC (Service d’Action Civique) crée par De Gaulle mais dans la branche occulte qui permet de financer les caisses noires des parties politiques. Sa spécialité : les braquages.

Il va trouver alors des professionnels dans le milieu et va faire appel à des anciens amis d’Algérie. Johanny Chavel, grand tortionnaire et homme de confiance, va être le bras droit du parrain. En prison, il va rencontrer Edmond Vidal, qu’il va former lorsqu’il va sortir de prison. Au début, il trouve l’homme drôle et curieux puis au fur et à mesure, il prend peur et le trouve dangereux. En plus, lors des casses, il gagne assez peu par rapport à ce qui est détourné et Jean Augé le considère comme un domestique.

Vidal décide alors de quitter le milieu et s’associe à des petites frappes. Mais il est menacé et échappe de peu à une tentative d’assassinat. Il sait que pour être tranquille, il faut couper la tête de la pieuvre. C’est alors qu’il va organiser un guet-apens. Jean Augé se croyant intouchable a pris des habitudes. Le 15 juin 1973, lorsqu’il se rend à son cours de tennis, il va être touché mortellement. Alors un membre du gang va sortir de l’estafette et va acheter l’homme avec 12 balles dans le corps. A partir de ce moment, ils vont être tranquille et se faire appeler le Gang des lyonnais. Vidal se fera arrêté en 1977 et à sa sortie, il décide de quitter définitivement le milieu. La grande toile tissé par Jean Augé ne pourra résister et la mafia va entrer en guerre pour savoir qui peut reprendre le pouvoir. Il va y avoir au moins 80 règlements de comptes au Jone’s. A la fin des années 70, le réseau sera complètement démantelé.

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Assassinat de Sadi Carnot

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Le 3 décembre 1887, Sadi Carnot est élu Président de la République. Il se déplace à Lyon pour la clôture de l’exposition universelle, internationale et coloniale le 24 juin 1894. La presse locale couvre largement l’évènement en donnant tous les détails de ces déplacements. Vers 18h00, il se rend au banquet rendu en son honneur avec plus de 1 000 convives. Vers 21h00, il monte dans son landau pour se rendre au théâtre. Lorsqu’il s’aperçoit du monde qui vient l’acclamer grâce à sa popularité, il décide de saluer la foule. Pour cela, il va demander à la garde républicaine de reculer pour lui laisser de l’espace.

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Geronimo Caserio, anarchiste italien, va profiter de cela pour poignarder le Président et s’enfuir. Mais sa fuite sera brève. Très vite, il sera guilloté sur la place public le 16 août. De toute façon, c’était aussi sa requête car il a réussi ce qu’il voulait. Son nom restera à jamais dans l’Histoire. Il faut rappeler qu’en France ont été votées les lois scélérates contre les anarchistes avec la réduction de leur présence dans la presse et l’interdiction de distribution de tracts politiques. Précédemment, le président avait déjà subi une tentative d’attentat  à l’assemblée.

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Sadi Carnot n’est pas mort directement. Il a été emmené à l’Hôtel Dieu et c’est le maire de Lyon qui est aussi chirurgien qui va s’occuper du président. Toutefois, il n’arrive pas à circonscrire l’hémorragie importante. Alors, il va faire venir tous les médecins importants de la ville pour prendre une décision. C’est un jeune médecin non convié, Alexis Carrel qui va maîtriser la situation. Ce n’est pas pour rien qu’il va devenir un père fondateur de la chirurgie vasculaire. A 00h30, le Président décède et tous les médecins souhaitent l’autopsié. Le 1er juillet 1894, il sera enterré au Panthéon.

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Alexis Carrel, le génie noir de la chirurgie – Photo © Bettmann/CORBIS

 

Place de l’écartèlement
Lyon a connu de grands travaux d’aménagements comme à Paris avec Haussmann. Pas très loin, de la photo, se tenait un gibet permanent sur un pont qui a de nos jours disparu. Ainsi une fois les personnes pendues, la corde était coupée et les corps tombaient dans l’eau pour être mangé par les poissons.

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En 1536, la guerre contre l’Italie fait toujours rage (roi mort sans héritier, alors différents se battent pour avoir le pouvoir). Lyon est la base arrière des combats où l’on peut y trouver François I. Ville très importante avec ces nombreuses foires et surtout lieu des banquiers de l’Etat. En parallèle, François Dauphin, fils ainé de François I et Claude de France, atteint de syphilis en phase terminal décide d’aller jouer une partie de jeu de paume, une journée particulièrement chaude. Lorsque le match fut terminé, il demanda alors à un de ces proches, le comte de Montecuccoli, un verre d’eau bien glacé.

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François Dauphin tombe directement très mal du au choc thermique. Le médecin royal ne peut rien faire sans l’autorisation du roi. Donc il est emmené directement auprès de son père à Tournon, où il va mourir. Fou de colère, il veut savoir ce qui est arrivé. Comme la syphilis n’existait pas encore à l’époque, les médecins ignoraient la cause réelle mais il faut donner une réponse au roi. Suite à l’autopsie, on identifie la cause du décès qui serait du à un poison. Par malchance, le comte de Montecuccoli est d’origine milanaise et va être jugé coupable. Il va être soumis à la question et va avouer ce qu’il n’a pas fait. Le roi va être sans pitié et va exiger l’écartèlement sur la place public. Avant d’être attaché par les quatre membres à des chevaux, on va lui arracher les oreilles et le nez. Le bourreau va lui prédécouper les membres afin que les chevaux puissent tout lui arracher les différentes parties du corps pour qu’elles soient éparpillées aux quatre coins de la ville.

Un soir, une idée

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Là où de nos jours où l’on peut trouver Citadines, auparavant se trouvaient déjà des hôtels. Et une nuit, deux personnes célèbres ont eu la révélation de leur vie : Vidocq et Lacenaire.

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Eugène-François Vidocq fuit le bagne de Toulon et vient négocier une liberté qu’il aura. Il va fonder une brigade de sureté nationale. A partir de 1832, les condamnés ne seront plus marqués au fer rouge. Alors se pose une question, comment les reconnaître alors. Vidocq va proposer la création d’une brigade d’inspecteurs physionomistes qui devaient reconnaître des hommes selon certains critères (entre 10 et 12). Toutefois très vite, on constate quelques failles. L’homme arrêté devait refaire un méfait sur Paris et repasser devant le même inspecteur. Puis l’état n’ayant pas d’argent, ne pouvait financer la brigade, alors Vidocq a proposé d’une indemnisation par criminel reconnu. Il n’avait pas penser que ces inspecteurs allaient reconnaître beaucoup de gens. Heureusement qu’en 1839 est crée le daguerréotype, jugé d’utilité publique, qui va permettre d’identifier les personnes, même si pour l’instant, il y a juste la photo de face.

Palais de Justice

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Edmond Locard (1877 – 1966) est issu d’une famille aisé qui produit des génies. Son père était géologue, entomologiste, spécialiste en malacologie. Cela l’a emmené à voyager dans le monde ce qui a permis de développer son don des langues. Ainsi au lycée, il sait le latin, le grec et l’hébreux. Après des études de droit, il va s’intéresser à la médecine. Il va rencontrer le professeur Louis Léopold Ollier qui va être séduit par la pertinence de ce jeune Edmond Locard qu’il va prendre sous son aile pendant 6 ans. Puis, il se rend compte que son enseignement ne l’intéresse pas tant que cela.

A la mort de son maître d’enseignement, il va à la rencontre d’Alexandre Lacassagne qui s’intéresse à la médecine légal. Très vite, les deux hommes échanges et le professeur décide de le prendre sous son aile. Ainsi pendant 2 ans, il va lui enseigner tout ce qu’il sait et devient associé. Ensemble, ils vont se passionner pour la criminologie. Tout est à faire. Alors Edmond Locard va voyager et apprendre auprès de cabinets de criminologie. Mais c’est partout pareil.

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Sa motivation va lui permettre d’acquérir 383 m2 dans le grenier du Palais de justice avec à leur disposition un gardien de la paix et un garde champêtre, en 1910. Peu de fond, mais beaucoup de motivation et de curiosité. Ainsi, ils vont devenir les meilleurs au monde et se spécialisent dans la scène de crime et la graphologie. Il va imposer la dactyloscopie (étude des empreintes digitales) parallèlement aux méthodes de Bertillon (anthropométrie). L’empreinte (paroscopie) est unique à chaque personne. C’est d’ailleurs sa structure qui va inventer la poudre à relever les empreintes, l’étude des poussières…. Ainsi va naître le Laboratoire de Police scientifique.

Son succès a des échos dans le monde entier puisque des scientifiques viennent apprendre auprès de ces passionnés de justice. Il va créer alors une sorte de structure pour garder le lien entre chaque agence dans le monde afin de partager les nouvelles découvertes. Puis cela va devenir une académie pour donner enfin naissance à Interpol. Alors les Experts, on doit dire, merci qui?

Principe de Locard : « La vérité est que nul ne peut agir avec l’intensité que suppose l’action criminelle sans laisser des marques multiples de son passage […] Tantôt le malfaiteur a laissé sur les lieux les marques de son passage, tantôt, par une action inverse, il a emporté sur son corps ou sur ses vêtements les indices de son séjour ou de son geste ».

http://www.ina.fr/audio/PHD88007686

 

 

17 réflexions sur “Crimes et faits divers à Lyon

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