Voyage à Bordeaux suivi de Voyage en Champagne – Jean-Paul

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4ème de couverture
Souvent impénétrable, le bordeaux est un vin qui s’apprend, il joue sur le dévoilement. Comment se révèle l’extravagance du sauternes, la retenue sensuelle du saint-julien et du pauillac, l’esprit charnel du pomerol et du saint-émilion? À Bordeaux, il faut posséder les clefs pour que s’ouvrent les portes des grands châteaux dont l’organisation et le raffinement sont dignes des romans du XIXe siècle. Tout aussi paradoxal est le champagne, vin de la fête et du luxe, élaboré à l’origine dans un climat frileux par un janséniste, Dom Pérignon.
C’est à un voyage à travers ce vin miraculeux que nous convie aussi Jean-Paul Kauffmann.

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Jean-Paul Kauffmann qui après trois années d’enfermement dans une geôle au Liban entre 1985 et 1988 décide de reprendre goût à la vie et aux saveurs avec un voyage au coeur du Bordeaux et du Champagne. En néophyte convaincue c’est avec un grand plaisir et une grande attente que j’ai envie de suivre cet hédoniste dans le voyage du vin.

Ce journaliste connaît bien le vin. Il est l’ancien rédacteur en chef de l’Amateur de Bordeaux alors les terres du Pomerol, des Graves, des Sauternes n’ont pas vraiment de secret pour lui. C’est ainsi qu’à l’initiative  de la Caisse des dépôts et consignations est publié en 1989, Voyage à Bordeaux et en 1990, Voyage en Champagne à la seule intention du notariat français, avec le concours de la maison de négoce Louis Gémon. Folio propose de redécouvrir cette promenade surprenante au pays des vins de Bordeaux et de Champagne agrémenté de post-face.

La première partie des vins de Bordeaux s’écrit d’après ces souvenirs encore vifs dans sa mémoire. Ces grands crus que sont les côtes de Bourg, les côtes de Blaye, le Médoc, le Saint-Emillion, le Pomerol, Les Graves et les Sauternes n’ont pas de secret pour ce reporter des saveurs bordelaises. Il connait les propriétaires de ces fabuleux domaines où la qualité du produit est au coeur des préoccupations. L’amour de la pourriture, cette fameuse Botrytis cinera des vignerons du Sauterne est décrite avec un amour authentique surprenant poussant à l’admiration de ce vin blanc à la saveur bien particulière. D’ailleurs, c’est une ode à l’amour du terroir qui nous est proposée même dans le texte opposant le bordeaux au bourgogne.

J’avais envie de prendre le train et d’aller à la découverte de ces gens qui mettent leur passion au service de leur art. Mais voilà, 22 ans après avoir écrit ce livre, il écrit une postface nommée Un nouveau monde. Car cet univers a bien changé avec le temps où les gros groupes sont plus présents, où ces hommes qui ont creusé leur sol pour planter des plans de vignes ont disparu. Une partie de la magie de ce breuvage s’est envolée. Le vin n’est pas forcément moins bon, mais son aspect commercial devient plus important que l’histoire du produit.

Le Champagne lui possède une saveur bien particulière car c’est le premier breuvage qu’il a bu lors de son retour en France. Alors même si ces papilles n’ont pas pu distinguer les saveurs subtils du vin pétillant, le souvenir de ce moment restera à jamais graver dans sa mémoire. D’ailleurs cela peut expliquer cette passion dans l’écriture dans l’Histoire du Champagne que cela soit dans sa découverte, sa fabrication, son espace géographique, ses saveurs, son commerce… Car il faut noter que M. Kauffmann n’est pas un amateur. Les petites bulles n’ont pas de secret pas de lui et se révèlent avec douceur pour notre plaisir de lecteur. Arpentant le territoire allant de Reims, à Epernay en passant par Aÿ sans oublier l’Aube, bien entendu le Champagne se dévoile et démystifie.

« Il y a trois choses dans la vie insupportables : le café brûlant, le champagne tiède et les femmes froides », déclarait Orson Welles. 

Un livre que j’ai vraiment adoré lire pour ne pas dire que j’ai bu les mots de l’auteur. N’aimant ni le vin et ni le Champagne, il m’est toujours difficile de bien comprendre les amateurs de breuvages alcoolisés à base de raisin. L’envie de voyage et de dégustation se fait presque à chaque page. On oublie pas que le vin n’est pas seulement une histoire de terroir c’est aussi une histoire d’hommes surtout en Bordeaux et de femmes surtout en Champagne. J’aurais apprécié quelques anecdotes cocasses sur la consommation car de tout temps des personnalités ont aimé ces alcools allant même jusqu’à s’en baigner.

Tout comme Stevenson avec son âne, il faudrait créer un guide pour se balader à la découverte de cette nature domptée qui peut se mêler à la dégustation selon les conseils de Jean-Paul Kauffman. Un livre qui ne se déguste pas une seule fois, c’est une certitude. Il va aller au chaud dans ma bibliothèque et je sais qu’un jour, je vais le relire avec délice.

Merci à Folio pour cette lecture.

Une réflexion sur “Voyage à Bordeaux suivi de Voyage en Champagne – Jean-Paul

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