Sébastien Castro vous présente ces condoléances. Dommage j’aurais préféré des excuses.

Affiche-du-spectacle-Sébastien-Castro-vous-présente-ses-condoléances-à-la-Comédie-de-paris-théâtre-humourAprès avoir occupé tout un été le Petit Palais des Glaces, Sébastien Castro revient avec son premier one-man show à la Comédie de Paris sous le nom de Sébastien Castro vous présente ces condoléances. Un titre qui annonce un spectacle avec de l’humour noir, mais le talent est-il au rendez-vous ?

Je l’aurais cru vu le changement de salle et aussi le pari du programmateur de mettre Sébastien Castro en début de soirée. Mais voilà, même si je ne doute pas du talent de l’humoriste, l’écriture n’est pas sa tasse de thé. Le temps passait avec une lenteur sans nom surtout lorsqu’on se demande quand doit-on rire. Difficile de passer derrière Desproges et même du gros copieur de Gaspard Proust pour faire rire de l’horrible.

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Faire de l’humour noir, c’est faire un choix catégorique pour trancher des centaines d’humoristes qui nous parlent avec lassitude et répétition de leur vie sans grand intérêt. Ici Sébastien Castro, dans un style flegmatique, décide de prendre le rôle de plusieurs personnages, haut en couleurs. Ainsi on découvre un professeur qui se fait humilier par un élève dans sa classe qui en parle à sa mère, un mari trompé régulièrement qui prend cela assez bien malgré que sa femme soit jalouse ou encore un homme qui a des difficultés de conduite qui a tendance à écraser chat, homme et femme. Puis la fin du one-man, comme il fallait bien meubler les 20 minutes qu’il restait pour faire 1h05 de spectacle, une pièce de vaudeville se joue devant nous où il interprète tous les comédiens.

Sébastien est un bon comédien de théâtre comme il le montre pour clôturer ces condoléances. Son cv d’acteur parle pour lui. Il a joué aussi bien dans des classiques commeL’Avare de Molière ou Tailleur pour Dames de Georges Feydeau ou des pièces comiques grand public comme Amour et chipolatas de Jean-Luc Lemoine ou Lady Oscar de Guillaume Mélanie. Il remporte en 2008 le Prix Raimu de la Révélation Théâtrale pour Le Comique de Pierre Palmade, ainsi qu’une nomination aux Molières 2009 dans la catégorie Molière du comédien dans un second rôle. Après avoir fait ces preuves sur les planches, normal de se dire pourquoi pas en seul en scène. Beaucoup comme lui se lance qu’il soit présentateur télé ou comédien. Mais voilà, il faut déjà avoir une plume, la sienne où surtout celle d’un autre et tenir au moins 1h sur scène. Le mieux quand on se prétend humoriste, c’est de faire rire les gens. Les applaudissements entre les courts sketches se font attendre ou il ni a rien. Par malchance, nous avons eu des petits plus en rappel alors que le public applaudissait poliment.

Faire rire est quelque chose de compliquer et ce n’est pas donner à tout le monde. Alors Sébastien Castro, je vous excuse d’avoir essayé de vous lancer en humoriste. Je vous invite à fêter les condoléances à cette carrière pour vous consacrer à ce quoi vous exceller : la comédie et la mise en scène.

Plus d’informations sur le site du théâtre

Louis José Houde – Le grand Point Virgule

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Direction le grand Point Virgule pour découvrir Louis-José Houde, un artiste canadien de passage sur la capitale. Le choix c’est fait au hasard, et le hasard fait parfois très bien les choses.

Le Point Virgule a racheté une salle de cinéma du Pathé Gaumont à Montparnasse pour y installer deux nouvelles salles. En effet, on peut être plus de personnes dans les deux salles, mais le confort reste rudimentaire. Heureusement, que sur les sièges, même si on ne peut mettre que la moitié d’une fesse, le spectacle nous fait oublié cela.

Louis-José arrive sur scène, un petit bonhomme, mal rasé, les paupières tombantes, des yeux noirs dont l’un dit souvent merde à l’autre. Un petit charme à la québécoise pourrions nous dire. Il ouvre la bouche, il se présente et à partir de ce moment, je n’ai pas arrêté de rire. Il faut dire que son accent ajouter un petit plus aussi. Il nous raconte sa vie au pays des chiens de traineau, de ces voyages, de sa famille, de réflexions sur la vie…
« Pourquoi les gâteaux mous deviennent durs et les gâteaux durs deviennent mous?  »

L’ambiance était vraiment au rendez-vous car certains homologues hurlaient d’encouragement. Leurs rires se mêlaient à ceux des autochones. Les sourires fleurissaient dans toute la salle, et certains tout comme moi avaient un mouchoir dans la main, pour ressuyer les larmes de rires qui coulaient. Parfois, pendant un spectacle je regarde les autres et le partage de ce moment « d’euphorie » rassure. Un moment de bonheur éphémère partagé avec des inconnus. Que c’est bon.

Devant moi, deux vieux, pas un seul rire. Si juste à un seul. Louis-José explique qu’il participait à une émission à la radio de Druker. Ce dernier fait une blague avant la pub, en disant « femme à lunette, femme… » sans finir sa phrase. C’est alors pendant que les réclames passent, qu’il demande plus d’explication. Il lui dit qu’en France on dit « Femme à lunette, femme à quequette ». Il trouve cette expression absurde. Et les deux vieux devant rigolent, peut-être cela a du leur rappeler les blagues de Bouvard.

Sinon, vraiment un excellent moment. C’est lorsqu’on voit de si bon spectacle, que l’on se rend compte que beaucoup on encore du chemin à faire. Alors si vraiment vous voulez rire, partez direction le Grand Point Virgule, vous serez conquis.