Nick part en quête de sens dans sa vie. Il suit le mouvement sans trop savoir ce qu’il doit en penser. Parfois, il faut prendre des risques dans l’incertitude et une bulle de partage sincère pourrait se créer.

4e de couverture
Nick est un jeune citadin, illustrateur, dont la vie oscille entre ses projets personnels et un travail alimentaire au sein d’une agence de publicité. Il prend la pose dans des cafés et des bars à bière artisanale, conscient que quelque chose manque à sa vie, et que ce sont les autres et leurs mondes intimes. Qu’il s’agisse du barista au coin de sa rue, des membres de sa famille ou de Wren, une oncologue dont le chemin croisera douloureusement le sien, Nick ne peut s’empêcher de penser qu’il existe un monde caché d’interaction humaine hors de sa portée.

Illustré à la fois en noir et blanc et en couleurs dans le style immédiatement reconnaissable de McPhail, « Au-dedans » est poignant autant que frais et hilarant. Ce dessinateur phare du New Yorker transmute ici le roman graphique avec une compassion déchirante, écho incarné de nos sociétés où flotte le spectre de l’isolement.

Mon avis
Will McPhail est un bédéaste assez singulier. On s’en rend compte assez rapidement. Dès la première page, quelque chose à la fois étrange et surprenant nous attire. Qui est ce personnage complètement blasé? Nick s’ennuie profondément. Rien de sens pour lui. Il n’a pas à s’inquiéter de la vie car il a de quoi de vivre et un toit confortable pour vivre. Ce gars ordinaire nous renvoie alors des interrogations sur les relations sociales. Il explore les relations humaines même dans les aspects les plus simples, les non-dits, les paroles pour meubler, la météo… Et surtout l’impossibilité à parler vrai, à être sincère, à ouvrir son coeur, à se demander ce qui intéresse vraiment les autres en ce moment, donner accès à ses mondes intérieurs… Est-ce possible? En tout cas, ces interrogations le traversent et il tente quelques actions qui ne portent pas ces fruits. Au final, il s’en fou totalement des autres. Ils n’ont rien d’intéressant tout comme lui. Deux individus vident se côtoient et s’aperçoivent. Lui est un presque adulte ordinaire qui consomme trop de porno dégueulasse et écoute toujours les même musique en quête de quelque chose sans nom. Sans beaucoup de texte, tout cela est magnifiquement retranscrit. On apprécie les gags à répétition avec les noms de café qui change de nom pour alpaguer le client et qui cherchent ceux qui s’identifient. La rencontre avec Wren, oncologue, change doucement sa vision du monde très autocentré. Car même des membres de sa famille, il s’en fou et conserve des conversations superficielles. Il ne veut pas en savoir plus, trop d’effort. Il veut juste boire des bières et se masturber comme un adolescent. Les 271 pages se tournent avec une forme de curiosité pour savoir ce qui va se passer. Le dessin est léger et ne se charge pas de détails inutiles. Une lecture à part qui nous montre qu’il existe toujours plein de façon de raconter l’inintéressant et avec ingéniosité.

Un voyage dans le quotidien d’un pauvre type qui n’a rien pour lui. Pourtant, on restera jusqu’à la dernière pour savoir si quelque chose changera sa vie. Par chance, cela sera vraiment le cas.

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