Lou fait son dernier voyage et se dirige vers 1516. Elle se plonge dans l’histoire de la petite fille qui ne voulait pas quitter le monde. Les secrets se dévoilent pour enfin prendre un nouveau départ.

4e de couverture
Paris, les années 80, l’univers de la lycéenne Lou bascule, quand une séance de spiritisme vire au drame. Son amie Marie-Rose se suicide et le réel s’emplit alors de fantômes. Lou aurait-elle un don ? Et quels mystères se cachent dans le passé familial ?Ce poignant tome 4, livre la clef du secret, avec un voyage final qui emporte Lou au cœur du 16ème siècle, à Issenheiem, sur les pas du peintre Grunewald et au temps des chasses aux sorcières.

Mon avis
Maud Begon et Carole Martinez ont lié leurs talents pour finaliser leur série « Bouche d’ombre ». Il restait un fantôme à ces côtés. Une petite fille colérique et narcissique qui souhaite que l’on fasse attention à elle. Mais pour profiter des vacances, il faut aussi que tout le monde puisse profiter d’un happy end. Pour mener à bien sa mission, elle doit mettre dans la confidence ces amis car une séance d’hypnose s’impose. D’un coup, nous voilà transporter en 1515 auprès de Louise. Sa mère était assez particulière. Grâce à elle, le blé et les autres plantations s’épanouissait. Les humains étaient ravies du résultat. Mais voilà que l’obscurantisme prenait de l’ampleur avec la hausse de croyant. Ce que l’on ne connaît pas, fait peur et donc se résume à de la sorcellerie. Les discours ultra-simplifié est toujours efficace. Par conséquent, grâce à ça, plus aucune culpabilité à tuer des femmes qui ne rentrent pas des les cases de la soumission. Ainsi la mère de Louise est arrêtée et torturée mortellement. L’enfant culpabilise car c’est elle qui l’a dénoncé. Elle voulait plus d’attention pas faire éclater sa famille et perdre tout le monde. La culpabilité est omniprésente.

On y voit la représentation d’un bouc des enfers avec qui la mère avait des relations sexuelles. Elles sont représentées avec beaucoup de sensualité et de beauté. Les femmes sont de toutes couleurs, tailles, gabarits et âges. On voit des mamies pleines de fougues et d’enthousiasmes. Quand l’amour les touche, elles osent prend leur courage à deux mains. Même se mettre en maillot de bain avec du gros qui dépasse. C’est appréciable de voir des femmes dans leur diversité et leur joie. Des nanas qui ne se battent pas pour l’attention d’un homme et elles ne sont pas des femmes objets. Cela fait du bien d’avoir des représentations modernes et respectueuses. A la fin tout le monde va être heureux.

Pour le style graphique, il a un peu changé. Il est plus classique dans la lecture et quelques doubles pages sont pleines d’audaces. Les couleurs sont pleines de vie toutefois, moins vives que dans les précédents tomes. Les représentations sont pleines d’audace. On découvre aussi l’utilisation de mythes et de références artistiques avec beaucoup d’élégance. D’ailleurs, un mystère est résolu avec un motif que l’on a vu avec quelques morceaux sur un puzzle par exemple. Là, on peut enfin voir le retable d’Issenheim dans son entièreté. Et à la fin, nous avons des explications sur l’oeuvre complète que la dessinatrice adore. On a passé un très bon moment de lecture jusqu’à la dernière page qui se conclut avec étonnement. Une série réussi qui respecte son lecteur en ne négligeant aucun aspect.

Une bande dessinée audacieuse, chaleureuse et surprenante qui se dévore avec plaisir.

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