
La famille tente de se cacher pour être tranquille un moment. Par malchance, l’ex jalouse vient tout anéantir. L’avenir pour l’enfant semble bien sombre.
4e de couverture
Depuis la mort de son père, Marko peine à recouvrer l’ardeur qui l’animait jusqu’alors. Klara, inquiète pour l’avenir de son fils et de sa nouvelle petite famille, prend donc les rênes de la situation. Une bravoure dont ils auront tous besoin sur Quietus, la planète où vit reclus le romancier D. Oswald Heist. De leur côté, le Testament et Gwendolyne, stimulés par leur désir de vengeance, poursuivent leur traque assidue du couple.
Mon avis
Le tome 3 s’impose comme un véritable joyau narratif, porté par une richesse de personnages, de situations et de thèmes qui élèvent le comics à un niveau d’excellence. D’emblée, on est frappé par l’audace de l’univers : mêlant science-fiction et fantasy, traversé par des enjeux familiaux, politiques et identitaires. Cet album n’hésite pas à explorer des territoires inattendus tout en restant profondément humain. Les protagonistes y gagnent en épaisseur : chacun porte ses contradictions, ses blessures, ses espoirs, ce qui rend leurs trajectoires crédibles et captivantes. Plus d’un en perdra la vie. On saluera particulièrement la diversité des représentations : non seulement en termes d’espèces ou de mondes, mais aussi en ce qui concerne les expériences de genre, de statut social, d’identité. Le récit ne se limite pas à l’héroïsme traditionnel. Il ose parler d’amour, de parentalité, de transmission, de racisme, de discrimination, de manipulation politique, de choix difficiles dans un contexte de guerre.
Graphiquement, l’album est étonnant. Le trait de Fiona Staples capte tant l’intensité de l’action que les instants les plus vulnérables, les regards fuyants, les silences pesants. Les décors, les créatures, les atmosphères ne sont jamais gratuites. Tout participe à la construction d’un univers foisonnant où le merveilleux côtoie la crudité, où l’émotion brute surgit dans les espaces les plus insolites. La juxtaposition de scènes de combat, de complicité parent-enfant ou de discussions métaphysiques fonctionne parce que le rythme est maîtrisé, les ruptures de ton assumées et puissantes. On retrouve également cette grande force de la série : la façon de mêler l’intime et l’épique, de donner à la fois à voir une course contre-la-montre cosmique et un moment de tendresse entre deux êtres. Impossible de ne pas avoir envie de se plonger dans la suite. Surtout que la narratrice, nous promet des rebondissements assez puissants.
Cette série est un modèle de narration moderne : ouverte, inclusive, passionnée et surprenante. Il redéfinit ce qu’un comics d’aventure peut être lorsqu’on lui donne le temps de respirer, d’explorer, d’oser.
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