
Deux bédéastes relancent une aventure riche en péripéties et en clins d’œil aux fans de la série. L’intrigue nous transporte dans un décor familier, transformé par des créatures étranges et une menace d’une bombe atomique. Le ton oscille entre hommage ludique et rythme soutenu, avec une touche d’humour absurde.
4e de couverture
Le célèbre savant Pacôme de Champignac coule des jours paisibles dans son château. Alors qu’il vaque à ses occupations expérimentales, notre ami mycologue reçoit la visite intrigante d’un Zorglub plus altier que jamais… Mais que penser du comportement du Comte qui confond son plus fameux rival avec un vulgaire plombier ? Zorglub aurait-il minutieusement prévu tout ce qui est en train d’arriver ?
Quelques jours plus tard, de retour d’un festival de bande dessinée, Spirou et Fantasio savourent l’idée de partir pour des vacances bien méritées. Spip s’imagine déjà face à un délicieux lait de noisette bio. Un coup de fil angoissant du Comte leur fait rebrousser chemin, direction : Champignac-en-Cambrousse. Nos héros vont de surprise en surprise. Impossible d’accéder au village ! Des militaires ceinturent les environs. Les communications sont coupées. Une jungle étouffante a subitement poussé et provoqué une mise en quarantaine de la zone…
Que s’est-il passé ? Une catastrophe écologique ? Une invasion extraterrestre ? Un plan Z ? Tout cela reste assez mystérieux… Y aurait-il des monstres à Champignac ?

Mon avis
L’arrivée de Fabien Vehlmann au scénario et de Yoann au dessin marque une prise de relais très attendue. L’œuvre cherche clairement à renouer avec les classiques tout en restant accessible aux nouvelles générations. Par conséquent on retrouve l’ambiance Champignac, des créatures loufoques et des clins d’œil graphiques au style de Franquin témoignent d’un solide respect de l’héritage . Le monde foisonnant des Zorkons, qui évoluent visiblement au sein d’une faune modifiée et dans la jungle champignacienne offrent une véritable bouffée visuelle, notamment dans les décors et bestiaires imaginaires. Nous voilà dans un univers digne de l’ère des dinosaures. On sent un véritable plaisir dans les représentations.
Toutefois le scénario est bien trop prévisible au détriment de la profondeur narrative. Le développement de l’intrigue prend trop de place et bâcle la fin. Une suite dans le prochain épisode semble un peu facile. On trouve enfin des femmes. Néanmoins, les deux étudiantes suédoises restent assez clichés. Bien entendu, elles sont en petites tenues et moulantes. C’est bien dommage de choisir ce genre de facilité qui dessert l’histoire qui est déjà assez tiré par les cheveux. Entre Zorglub, les champignons, les dinosaures, il fallait vraiment rajouter des choses? A cela se rajoute la bombe atomique qui risque d’être envoyé sur Champignac avec des soldats zélés et fou de guerre. Encore un cliché qui rend surement hommage à l’ancienne époque des Spirou et Fantasio. On s’amuse du clin d’oeil à Spirou obligé de reporter son costume de groom pour faire la promotion du journal Spirou. Cela répond à la question, pourquoi est-il toujours avec ce costume alors qu’il ne travaille pas dans un hôtel? Et l’écologie à sa place, bien que discrète. « C’est peut-être pour corriger l’humanité… Une forme d’éco-terrorisme à la manière de Miss Flanner » (p. 30).
Graphiquement, on a dépoussiéré le style figé d’un autre temps. C’est très vivant, très actuel. L’album reste une bonne adaptation de relance. C’est à la fois une réconciliation avec l’esprit Spirou qui, sans révolutionner, pose les bases d’un nouveau souffle, plus dynamique et plus critique.
Une bande dessinée qui renouvelle un peu le genre sans pour autant être mémorable.
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