
Le hasard pousse parfois à faire des rencontres singulières. Quand on répond à une petite annonce, tout est possible. Emile devait au final rencontré Joanne, vivant à 700 km l’un de l’autre.
4e de couverture
Avec Tout le bleu du ciel, son premier roman, Mélissa Da Costa a conquis les lecteurs par centaines de milliers. Depuis, ses personnages cabossés par la vie et pourtant si lumineux font partie de nous…
Joanne répond à une annonce proposant d’accompagner dans son road trip un jeune homme souffrant d’un alzheimer précoce.
Trois jours plus tard, avec un grand chapeau noir et un sac à dos, elle monte dans le camping-car d’Émile, direction les Pyrénées.
Ce qui pousse Émile à fuir, on le sait : il entend profiter pleinement et librement du temps qu’il lui reste. Pour Joanne, mystère.
Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté, à la rencontre des autres et à la découverte de soi.

Mon avis
Dès les premières pages, on nous pose clairement le cadre. Emile est atteint d’Alzheimer précoce. Donc assez jeune, il va devoir oublier ces proches et mourir. Il refuse de finir ces jours dans un hôpital avec des regards de pitié. Lui décide de prendre un van et de partir en vadrouille pendant 2 ans. Joanne, elle aussi a besoin de changer d’air. Donc, ils se rencontrent le jour du départ et apprennent progressivement à se connaître. Pas de surprise sur le déroulement. Le happy end est forcément de mise. On a besoin de jolies histoires. Les drames ne manquent pas aussi bien dans la vie ordinaire, les médias et les fictions. Le dessin est très chaleureux. Les traits plus gras et la limitations de teintes rendent l’aventure plus immersives. Les nuances de bleu, de rose et de jaune donnent des éclats de vie entraînant. On tourne les pages avec joie où le lien entre nos protagonistes se densifie. L’originalité repose sur le fait d’aborder Alzheimer précoce. On change de l’image d’une personnage âgée qui s’efface du monde. La question de comment on gère les personnes malades et leur mort imminente. Emile ne va tarder à mourir, cela est annoncé dès le début et donc pas de surprise là-dessus. On assiste à sa déclinaison. Les émotions sont mises à rudes épreuves et impossible de ne pas entrer en empathie. Pour mettre un peu de fun, on a le droit à des citations érudites pleine de bons sentiments. A certains moments, on s’identifie et cela nous rappelle des situations proches. Que feriez-vous si vous saviez que vous allez bientôt mourir? Partiriez-vous avec une inconnue? Comment accepter d’oublier, de régresser et de devenir une plante verte? Pour vous qu’elles sont vos valeurs et leurs limites? On referme la bd avec beaucoup plus qu’un simple récit.
Une lecture qui surprend et qui malgré le drame redonne le sourire.
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