
Il y a des personnages qui marquent plus d’une génération. C’est le cas pour Mafalda, cette petite fille impertinente qui fait réfléchir la société. Des bédéastes modernes décident de lui rendre hommage.
4e de couverture
60 ans ça se fête : quand un collectif d’autrices rend hommage à une figure incontournable de la bande dessinée ! Depuis 60 ans, Mafalda décrypte le monde de ses yeux d’enfant ! Avec candeur, elle n’a cessé de révéler les injustices et souligner les paradoxes de nos sociétés. Rebelle, fine observatrice et un brin idéaliste, cette figure contestataire et féministe a marqué des générations de lecteurs et continue de nous inspirer. Pour célébrer l’anniversaire de notre jeune héroïne qui n’a pas pris une ride, un collectif d’autrices talentueuses lui rend un vibrant hommage à travers un album inédit et exceptionnel. Et si Mafalda était catapultée à notre époque, que dirait-elle de l’état de la planète et de ses dysfonctionnements, des tâches ménagères, de l’égalité Hommes-Femmes, de la pauvreté, de la condition animale ou encore de nos politiques ? Une dizaine d’autrices, au style graphique résolument personnel s’est emparée du personnage en toute liberté pour le croquer chacune à leur manière, à travers des histoires longues ou des gags. Chacune nous dépeint une Mafalda résolument moderne qui continue de s’interroger avec Humour sur la nature humaine et les grandes problématiques de notre société. Si Quino a su comprendre la force d’un personnage principal féminin et l’a muée en symbole d’un esprit anticonformiste, ce collectif nous offre une compilation d’histoires audacieuses et rafraîchissantes pour redécouvrir une personnalité dont l’influence a dépassé son créateur.

Mon avis
À l’occasion des 60 ans de Mafalda, célèbre personnage du dessinateur argentin Quino , Glénat réunit un collectif de treize bédéastes femmes françaises de différentes générations pour lui rendre hommage. Son impertinence et son regard acide sur la société lui permet de marquer les esprits de plusieurs générations. L’héroïne a dépassé la frontière d’Argentine pour débarquer dans le monde bien que les publications se soient faites entre 1964 et 1973). Quino a décidé d’arrêter car il n’avait plus rien à lui faire dire et ne voulait pas tourner en rond. Etonnement, les sujets qu’ils évoquent comme le patriarcat, la religion, les luttes de pouvoir, la société de consommation, l’écologie restent toujours d’actualité. Le monde ne cesse jamais d’être en guerre, d’avoir des dictateurs, la montée du populisme, le besoin de conformisme…
Les treize créatrices avaient totalement un champ libre pour leur récit. Ainsi elles s’approprient l’enfant pour soit la laisser à son âge comme une héroïne qui ne grandit jamais ou bien au contraire de la faisant grandir en développant son esprit critique. De nouvelles thématiques se glissent comme le réchauffement climatique. Et à ces côtés, on retrouve Felipe, Susanita, Libertad et Manolito. Ainsi Susanita est enfin devenue mère au foyer, est-elle épanouie pour autant? On n’en doute bien évidemment. La richesse des histoires est comparable à celle des styles graphiques. On trouve aussi bien des approches en une image, qu’en strip qu’en plusieurs pages. Les adeptes de la gamine pourraient être déçus car le ton est résolument différent. Ce qui est dommage est de ne pas avoir fait une vraie préface complète qui explique comme est né Mafalda, dans quel contexte, pourquoi, où était-elle publiée… L’Argentine n’était pas un pays où il faisait si bon vivre. On préfère garder un vent de légereté là où il n’y en avait pas tant au final. La lecture se laisse apprécié sans pour autant en être mémorable. Toutefois, on a envie de relire ces albums où enfant je ne comprenais pas les sous-entendu.
Une lecture qui permet à une jeune héroïne une nouvelle vie.
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