CommeUnLundi_23102006

James propose dans sa première bande dessinée des portraits du quotidien à travers des réflexions sur la vie. C’est avec un grand humour et sans mot superficiel , que nous sommes plongé dans un univers où le sourire est obligé d’apparaître.

4e de couverture
De sa touchante naissance parmi les immondices jusqu’à sa délirante conquête du monde, en passant par une histoire d’amour et un combat arachnéen, quelques instants de la vie d’une mouche, en noir et blanc et sans paroles. D’abord publiée au Japon dans une version édulcorée, et adaptée depuis en dessin animé, cette Mouche fut l’un des premiers grands succès de Lewis Trondheim. Dans la droite lignée de l’OuLiPo de Queneau et Perec, ce petit livre jaune multiplie les contraintes formelles à l’intérieur desquelles Lewis, jusqu’alors surtout réputé pour ses dialogues, prouve ses talents de conteur « universel », visuel. En résulte une bande dessinée atypique, drôle et attachante, dont le héros est une petite boule noire ornée d’une paire d’ailes et d’une autre de souliers, et qui va de surprise en surprise en découvrant le microcosme d’une cuisine. Décidément, Lewis semble avoir un don pour transformer l’insignifiant en fantastique.

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Mon avis
La bande-dessinée débute sur une histoire en deux pages avec une succession de petits dessins. Oui et alors? me dites-vous. Sur chaque dessin, on voit la même personne se regarder dans un miroir. Et le regard que l’on pose sur soi change avec le temps qui passe. Petit on trouve rigolo de se regarder et de faire des grimaces. Puis ado, on se regarde plus rebelle, en se disant « trop la classe ». Puis à l’âge pré-adulte, on se regarde en costard-cravate, très sérieux pour aller bosser. Puis adulte, avec des kilos de trop, le regard se fait plus incriminant et moins plaisant. Voilà, le ton est donné et les grandes thématiques abordées. Ainsi, on va trouver des histoires autour du sablier qui s’écoule, de la séduction, de la drague, du sexe, du regard d’autrui et du sien et le tout avec humour et une pointe de critique.

Une bande dessinée qui se relit toujours avec plaisir qui fait autant appel à notre innocence, à la nostalgie et notre dépit. Souvent, une histoire sort du lot plus qu’une autre. Là, c’est juste un dessin d’un homme âgé qui se regarde dans le miroir et qui se voit tout enfant et qui se tire la langue. C’est rempli de poésie et de douceur. Chacun y trouvera quelque chose qui lui rappelle une situation ou une discussion. On ne peut pas rester totalement insensible face à ces courtes histoires qui font échos à notre nostalgie et nos espoirs.

Il ne faut pas prendre en compte le temps de lecture. Mais juste le temps de plaisir que cela peut procurer. Une bd qu’il faut peut-être lire le lundi pour qu’il soit plus joyeux, au moins pour commencer la journée. C’est bien aussi de sourire simplement avec intelligence.

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