
L’amour est toujours une aventure. Chaque rencontre amène son lot d’émotions et de surprises. Cléa vivra quelque chose d’exceptionnel, rare et précieux.
4e de couverture
Jeune fille issue de la noblesse, Cléa est promise à un bel avenir aux côtés du fils du comte de l’Eau, Berthier. Mais alors qu’elle s’apprête à l’épouser, elle fait une rencontre des plus inattendues : celle de Pierrot, un magicien des rues ! Ce saltimbanque va faire chavirer son cœur. Charmant, galant, et un brin intrigant, il lui offre le vent de liberté qui manque à sa vie. En le suivant dans son antre caché au cœur de la forêt, c’est tout un monde merveilleux qui s’ouvre devant elle ! Mais les vertiges de l’amour seront de courte durée et déjà les premières larmes coulent sur les joues de Cléa. Bientôt la passion cédera la place à la confusion. Mais qui est vraiment Pierrot ? Pendant ce temps, Berthier désemparé, se lance à la recherche de sa fiancée sans se douter un instant que cette quête pourrait le mener au seuil de la folie.

Mon avis
La magnifique couverture et le coup de coeur de la bibliothèque incite à se plonger dans cette aventure hors du commun. Elle montre déjà la plupart des éléments important que nous retrouverons dans l’histoire. Le couple montré semble si passionné et si complice que forcément cela cache un loup. Cléa est issue de la noblesse donc son destin est déjà écrit par ses parents. Elle est un objet de tractation et son avis n’est nullement sollicité. Peut être qu’elle passe à côté de quelque chose. L’amour fait rêver avec son lot d’émotions. En se mariant, elle n’aura jamais connu le fait de tomber amoureuse, de sentir les papillons dans le ventre et d’avoir une déception. Quand un jeune homme, fantasque, magicien lui propose de la faire vibrer, l’hésitation laisse place à l’audace. Très vite, elle déchante car Pierrot n’est pas celui qu’il disait être. Jim Bishop va plus dans la déception amoureuse.
Est-elle déçu de l’homme qu’il est ou de celui qu’elle avait imaginé? Leur règle de vivre ensemble ne doit-elle pas aussi se construire à deux et non reposer sur des présupposés imposé par la société? Ainsi certaine réplique appuie sur ce qui fait mal. « Ce n’est pas à travers mes yeux que tu dois accomplir ton rêve. Si tu fais une chose, tu dois la faire parce que ça t’anime, parce que ça te fait plaisir… Pas pour plaire à quelqu’un. C’est ça, la liberté. Assumer pleinement ce qu’on est sans se soucier du jugement de l’autre. Il faut du courage pour être libre. C’est ce que tu voulais? Moi c’est ce que je veux. » (p. 153). Pierrot ajoute aussi dans cette même dynamique plus tard : « Mais c’est toujours pareil, vous refusez ma liberté! Tu dis que tout n’était que mensonge. Mais ce que tu as ressenti était vrai! Le problème, c’est que vous avez tellement peur que l’émotion s’en aille, que vous souhaitez la posséder! » (p. 238). Une vision sur le couple rarement abordé et qui amène à se poser des questions qui ne sont pas sans intérêt. Ou est la limite où la liberté de l’autre et la manipulation? Par la suite, l’héroïne fait un choix conformiste qu’elle remettre en cause plus tard. Comment s’aimer? Comment être heureux d’être fidèle à soi? Est-il plus important de rentrer dans une case ou d’être soi même afin d’être entouré de personne qui vous aime pour ce que vous êtes vraiment? Une réflexion audacieuse et qui montre que l’histoire n’est pas juste une banale histoire d’amour.
Sinon, l’autre surprise est la qualité esthétique de la bande dessinée. Le mélange de merveilleux avec des références classiques et des personnes des studios Ghibli est parfaitement maîtrisé. Les personnages sont assez typés manga parfois, mais ce n’est pas un fiction réel, c’est une porte de réflexion. Cela peut en dérouter plus d’un. Notre imaginaire est vraiment très sollicité et l’émerveillement est présent. C’est rare de voir un travail aussi abouti avec une grande maturité. Le coup de coeur de la bibliothèque se comprend totalement. Les personnages sont d’une grande complexité avec une belle exploration des aspects psychologiques authentiques. Aucun doute que plus d’un lecteur/lectrice pourra se reconnaître dans des attitudes.
Une lecture que l’on commence et que l’on a des difficultés à finir.
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