
Henri Rousseau a rencontré un jour la peinture et décide de se consacrer à son art. L’homme voit le monde autrement. Quand on le surprend dans un acte de vol, difficile de croire que c’est un criminel.
4e de couverture
Le 9 janvier 1909 s’ouvre le deuxième jour du procès du peintre Henri Rousseau, dit « le Douanier Rousseau ». Vieil homme voûté par ses 64 ans, affaibli par quelques jours de détention, il a reconnu la veille les accusations de faux et usage de faux. Mais il ne comprend pas la gravité de son acte.
Cet album trace la journée d’audience où, face à l’attitude candide du peintre et de ses propos décalés, provoquant parfois l’hilarité du public, la cour devra répondre à la question suivante : « Rousseau, êtes-vous un génie ou un benêt ? »
À travers le récit de quatre témoins et les plaidoiries de deux avocats, l’album nous fait découvrir l’histoire du Douanier Rousseau, l’un des premiers avant-gardistes qui ouvrit des portes picturales à de grands noms tels que Picasso, Gauguin ou Pissarro et partagea sa poésie avec Alfred Jarry et Guillaume Apollinaire.

Mon avis
Quand découvre le nom de Douanier Rousseau, on a très envie d’aller se plonger dans le récit. Une fois que l’on voit en vraie une de ces oeuvres, elle reste à jamais enregistré dans notre mémoire. Impossible de résister à la lecture pour découvrir l’approche de Mathieu Siam et Thibaut Lambert. Au lieu de faire une biographie assez classique, le scénariste a décidé de prendre un moment clé avec le procès du peintre accusé de faux et usage de faux. On découvre un homme qui semble très âgé malgré ces 64 ans. Son monde est très différent des gens ordinaires et donc ces réponses semblent celle d’un affabulateur. Il ne se rend pas compte qu’il risque la prison. Son souhait se limite à retourner chez lui peindre. Une belle façon de découvrir à la fois sa personnalité, son travail, l’évolution de son travail, son réseau d’amis, ses peines de coeur, son caractère… On se laisse porter paisiblement par les rebondissements du procès où des poètes viennent se surprendre et les insertions sur la vie créatrice. On s’attache à l’homme qui semble simple et totalement sincère dans sa démarche. Une approche qui change aussi notre regard sur les intentions où l’amour prend une place très importante. N’est-ce pas en même temps l’une des plus belles inspirations? On referme l’album avec l’envie de retourner au musée pour rêver un peu, beaucoup, passionnément.
Une lecture qui redonne le sourire et voir aussi que l’art est pour tout le monde.
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