Etre une femme épanouie n’est pas une chose facile. La construction des représentations jouent en leur défaveur. Essayons de les comprendre pour mieux les détourner.

4e de couverture
Lors d’une conférence de presse après ses fiançailles avec Diana, le prince Charles dut répondre à la question : « Êtes-vous amoureux ? » Après une petite hésitation, il répondit : « Oui… Quel que soit le sens du mot “amour” ». Or, en lisant la presse people quelques années plus tard, on constata que de toute évidence Charles et Diana n’attribuaient pas du tout le même sens au mot « amour ».
En feuilletant les mêmes magazines, on pouvait aussi se demander comment Whitney Houston avait pu tomber amoureuse d’un sale type comme Bobby Brown, et de remarquer au passage qu’en matière d’amour, le bonheur de l’un ne fait pas forcement celui de l’autre.

Mon avis
Liv Strömquist est une bédéaste très impliqué dans la construction du patriarcat. Chaque tome est l’occasion de comprendre la construction d’un comportement ou/et d’une représentation. Donc aucun doute que vous allez vous retrouver d’une manière ou d’une autre sur des choses qui au final n’ont rien de naturel. A travers une multitude d’exemples, elle nous montre ce que cache le sens de l’amour et de la relation de couple. Elle n’y va pas tendrement. “Avant l’introduction du mariage par amour, le mariage était arrangé entre les familles et reposait souvent sur un accord financier. Le droit de propriété de l’homme sur le corps de la femme y constituait un élément important. Ainsi il était crucial que la jeune mariée soit vierge. Un peu partout, il existait des lois qui permettaient d’abaisser la peine du mari s’il avait tué son épouse parce qu’elle avait eu des rapports sexuels avec un autre. Les meurtres liés à l’adultère sont plus fréquents là où les liens du mariage sont considérés infrangibles et où les divorces sont rares. Il est évident que le droit de propriété sur le corps de l’autre revêt dans ce contexte une tout autre importance.” 

Toutefois, il n’est pas question d’exposer son avis personnel. Son truc, c’est de se reposer sur des études sociologiques qu’elle cite. Une autre façon d’approcher les analyses des attitudes et le contexte d’évolution. Aucun doute que cela amène à réfléchir. Le dessin est très abrupt, grossier et joue avec le noir et blanc. Elle ne prend jamais les gants ni dans le texte ni dans la représentation. Elle prend des exemples très concrets à travers les séries, des artistes comme Pablo Picasso, des scientifiques comme Albert Einstein, des chanteuses comme Whitney Houston… Les sujets tournent toujours autour des femmes, de leurs droits et de leur corps. Il y a de l’humour car c’est au combien nécessaire. On le sait bien que même de nos jours, l’égalité et l’équité ne sont pas là et avec les temps qui courent cela risque d’être de pire en pire. Dans un temps qui ne sera pas si long, ce type de bd disparaîtra car hors du conservatisme extrême.

Une bd engagée et féministe qui pousse à réfléchir aux pressions sociétales qui incitent à la violence et à la discrimination.

L’avis de Ma Lecturothèque : « Les sentiments du Prince Charles est une bande dessinée super intéressante ; c’est comme un essai sur les relations amoureuses sous forme de BD et c’est donc facile à comprendre, à la fois léger (par les dessins) et sérieux (par le texte). Je la recommande vivement. »

4 réponses à « Les sentiments du Prince Charles – Liv Strömquist »

  1. Avatar de belette2911

    On aurait dû lui laisser épouser sa Camilia !

    1. Avatar de noctenbule

      tout à fait d’accord, les principes ringard d’un autre temps doivent appartenir au passé avec une société très hypocrite.

      1. Avatar de belette2911

        Super hypocrite !

      2. Avatar de noctenbule

        Palme d’or 🙂

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