
L’agroécologie est un sujet rarement abordé. Sébastien Carcelle a décidé de faire sa thèse sur ce thème. Et pour mieux le comprendre, une immersion au Brésil s’impose.
4e de couverture
Pour Hugo, ce long voyage initiatique au Sertão est tout autant une quête de soi qu’une exploration scientifique de ce qu’est l’agroécologie. En effet, il cumule trois identités avec lesquelles il tente de composer sur les trois terrains successifs qu’il arpente. Prêtre, Hugo voit sa vocation bouleversée en même temps qu’il accompagne la déroute des agronomes militants d’un centre d’appui technique pris dans la tourmente de l’élection de Jair Bolsonaro. Pour eux comme pour lui, c’est une période de déconstruction d’un idéal utopique, qu’il soit politique ou religieux. Mais Hugo est aussi agronome de formation, et de longs mois dans la Caatinga, dans une famille de petits producteurs, l’aident à reprendre pied sur la terre ferme. Finalement, la véritable vocation d`Hugo, celle d’ethnographe, se révèle pleinement dans le troisième lieu de cette épopée, au milieu d’une communauté très fervente de producteurs de manioc, pour laquelle il rédige un rapport anthropologique afin de défendre leurs droits face aux immenses plantations d’eucalyptus. L’agroécologie est pour ces familles une évidence, une certaine manière de vivre, ensemble et solidaires. C`est le premier livre de Sébastien Carcelle, docteur en anthropologie sociale, associé à Laurent Houssin, tiré de son enquête ethnographique sur les traces de l`agroécologie dans une région peu connue du Brésil.

Mon avis
Quand on voit la couverture, on sait tout de suite que l’on va vivre une expérience de lecture. Direction le Brésil, des communautés qui prônent l’agroécologie qui doivent faire face aux immenses plantations utilisant des produits phytosanitaires à foison. « Les grandes monocultures traitées au glyphosate par avion, les troupeaux de dizaines de milliers de bovins… Les élites agraires et les grands propriétaires ont toujours le contrôle du pays, et maintenant, avec l’appui de certaines églises évangéliques… » (p. 22). Au vue de la rupture, on pourrait se dire que ces agriculteurs plus traditionnels n’ont pas leur place. Pour prouver la véracité de la performance aussi bien en terme de productivité et de respect de la nature, Hugo, un chercheur vient analyser pour mieux comprendre. En étant immergé directement sur le territoire, on voit les choses autrement car ici il n’est pas question de fiction. Le récit est tiré de l’enquête ethnographique de Sébastien Carcelle, docteur en anthropologie sociale, associé à Laurent Houssinsur sur les traces de l’agroécologie dans une région peu connue du Brésil. Il est possible de défendre ses opinions mais cela ne se fait pas sans peur. Et les alternatives dépendent aussi des subventions nationales et internationales. En supprimant l’aide, on tue le champ du possible dans l’oeuf. Pour avoir cette conclusion, on rencontre des personnes motivées, impliquées et très courageuse. Tout est question de lutte pour conserver et développer des modèles d’organisation collective et de la vraie solidarité. Une bande dessinée qui se dévore et qui nous incite à pense le monde autrement pour faire bouger les lignes de notre société.
Une bande dessinée qui nous montre un autre modèle d’agriculture avec l’agroécologie qui propose des solutions locales, individuelles et collectives.
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