Les voyages amènent à faire des découvertes et des rencontres. Des choses invisibles peuplent le monde et souhaitent laisser une trace. Un voyage onirique qui ne laissera personne indemne.

4e de couverture
Sous terre, un homme nu se réveille… Il ne se souvient ni de son nom, de son âge, des circonstances qui l’ont amené là. Son instinct le pousse à sortir des entrailles de cette caverne. En arrivant à l’air libre, il découvre une terre recouverte de déchets. Sur sa route, il croise Irma et sa fille Ocarina, semeuses de mots, qui errent au gré des vents « pour repeupler ce monde de phrases qui font penser » en plantant des graines qui, en poussant, donnent des textes.Lui, n’arrive plus à parler et lorsqu’il tente d’écrire sur un cahier, ses mots s’envolent. Irma lui propose d’aller voir où se rendent ses mots. Dans la forêt primaire, les esprits sont réveillés par des bruits. Une nouvelle fois, ils ne peuvent que constater l’arrivée des hommes et de leurs machines qui dévorent la jungle. Bientôt, il n’en restera rien… pour la première fois, l’un d’entre eux propose de se manifester aux humains. Leur raconter la nature de leur point de vue… et pour cela il faut leur écrire, car ils ne semblent plus capables de regarder le monde tel qu’il est sans le filtre des mots… Ils partent alors à la rencontre des autres esprits pour qu’ils leur racontent leur rapport à la nature.Une fable humaniste et écologique, dans un monde poétique, où la puissance des mots pourrait enrayer cette mécanique des vides qui pousse l’humanité à la catastrophe.

Mon avis
La couverture a quelque chose de très intriguant. Un bateau vogue entre les nuages. Comment est-ce possible? Qui a ce pouvoir incroyable? Quand on débute l’histoire, le bizarre est saisissant. Un homme au coeur de l’humanité est sorti des tréfonds. Il a traversé des tunnels, des crevasses, des boyaux avec douleurs pour sortir adulte. Seulement, il ne peut encore parler. Quelle chance qu’il rencontre des semeuses de mots et qui voyagent au hasard. Il les accompagne et découvre leur pouvoir. En parallèle, des esprits de la nature cherchent à mieux connaître leur histoire, leur vie, leurs habitudes…

Une étonnante fable sur la nature, l’animisme, la force des mots, le lien, le partage, être ensemble, l’écologie… L’onirisme est de mise et cela déroute. Une approche assez rare dans le monde du 9e art. Tout est bien agencé avec une logique très bien construite. On reste subjugué devant certaines cases surtout celles avec des nuages. Qui ne rêverait pas de voguer dans une pirogue sur les nuages, s’arrêter dessus et se cacher dedans. D’autres représentations avec les esprits surprennent. Quelque chose ne semble pas aller de soi. On se laisse porter toujours plus loin en continuelle émerveillement. Une lecture très singulière qui souligne la richesse de la création et de l’imagination.

Une bd écologique comme il est rare d’en lire et que l’on est heureux d’expérimenter.

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