
La vie d’artiste n’est jamais un long fleuve tranquille. Gauguin n’arrive plus à renouveler son art. Par conséquent, partir à Tahiti devrait tout changer.
4e de couverture
Entouré de ses amis artistes, Gauguin fête son départ pour Tahiti. Il souhaite y séjourner une certaine période pour partir à la recherche de couleurs venues d’un autre temps. Il reviendra avec des tableaux magnifiques aux ambiances éclatantes et empreints du rêve d’un âge d’or primitif. Li-An, qui a lui-même vécu plusieurs années à Tahiti, s’amuse à broder une vie aventureuse autour des éléments connus de la vie de Gauguin. On sait qu’il était un artiste exigeant, qu’il était marié, qu’il plaisait aux femmes et vice versa, qu’il aimait les rencontres et le voyage. Mais il y a encore tant de choses que l’on ignore sur lui…Un excellent point de départ pour une belle histoire !
Mon avis
Gauguin est un artiste très inspirant. On ne manque pas de bd ni d’ouvrages sur la vie de ce peintre. Li-An s’attaque à nouveau à un récit de vie et il sélectionne une période précise. Dans l’imaginaire populaire, quand on pense Gauguin on voit ces femmes passives au bord de l’eau. Un petit voyage au musée d’Orsay confirme cela. Néanmoins, on connaît moins l’histoire du gars qui a une passion pour le sexe. A ce qui paraît, il a diffusé des maladies sexuellement transmissibles. Elles ne se soignaient pas à l’époque pour les femmes et surtout pour les plus pauvres. Le bédéaste aborde pas la chose aussi crûment. Il ne faut pas éborgner trop l’image de l’artiste quand même.

Bien que l’on ne finisse pas la bd très admiratif. Le gars couche à droite et à gauche, qu’importe l’âge de ces demoiselles et qu’importe son consentement. Egocentrique à souhait, il cherche juste à satisfaire son intérêt. Le respect de la culture des autochtones? Il n’en a rien à faire. Il se sent supérieur à ces gens de couleurs car le blanc vient le civiliser. On voit l’omniprésence des catholiques faisant le nécessaire pour effacer toute trace de leur passé. Heureusement qu’il y a des matières de valeur pour que tout ce monde arrive en conquérant et exploitant. Pour donner un peu de dynamisme au récit, le bédéaste insuffle de la fiction. On ressort de la lecture toujours avec le dégoût d’un artiste profiteur, alcoolique, malade, opportuniste, menteur, manipulateur et coureur de jupons. La question s’il faut distinguer l’homme de son travail se pose.
Une lecture qui montre le narcissisme d’un artiste adulé.

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