Blaise – Tome 1 – Dimitri Planchon

Ce n’est pas facile de toujours comprendre le monde des adultes. Blaise fait de son mieux pour s’adapter à ces parents. La société ne respire pas la bonté et le gentillesse.

4e de couverture
Ceci n’est pas un livre innocent. Même si le héros, lui, l’est. Mais plus pour longtemps, au vu de ce que sont devenus tous les adultes qui l’entourent : des personnages peu recommandables, assurément.
Dans une société où le pire semble être devenu l’ordinaire, où la guerre et la dictature rôdent, s’installant dans l’indifférence générale, ce héros tétanisé fait son apprentissage.
L’humour grinçant se grime de couleurs vives, le subversif est ici subtil, le dérangé, camouflé derrière le canapé du salon. Tout de suite, devant la passivité de Blaise, sa soumission impuissante à une existence visiblement si vaine, on rit.
Mais c’est de nous-même méfions-nous.

Mon avis
Quand on ne connaît pas le travail de Dimitri Planchon, on est surpris par la couverture. Le visage de Blaise a quelque chose de singulier et aussi de dérangeant. Ses outils sont le photomontage, le collage et le dessin favorisant un rendu particulier. Un style assez peu présent dans le monde du 9e art. Les personnages légèrement difformes possèdent quelque chose de dérangeant. On n’oublie pas l’éditeur : Fluide Glaciale. Par conséquent, on sait que l’on va avoir une proposition assez tendancieuse et limite sur bien des sujets. Cela se confirme dès les premières pages où l’on constate une page, un gag. On est avec une famille avec un enfant, un préadolescent. Avec une totale décomplexion, ils tiennent des propos racistes, discriminants et agissent de façon déplacées. Par exemple, les parents s’indignent de la nationalité de l’agresseur en oubliant la victime ou même le contexte. Ou ils sont ravis de passer d’un président à un dictateur car il est honnête.

Le bédéaste possède un humour noir et cynique. Il ne faut pas prendre tout au premier degré sinon on passe à côté de l’impertinence assumée. C’est un médium pour critiquer les travers de la société, le laxisme éducatif, les compromissions, les faux semblants, nos contradictions, la montée du racisme acceptable… Néanmoins, ce n’est pas notre époque. On est dans un entre deux pour éviter toutes remarques sur la contemporalité des propos. Le lecteur n’est pas dupe et fait des parallèles avec facilité. La fiction est utile pour proposer des critiques acérés. Dans quel monde vit-on? Celui de la haine et du rejet non assumé donc on y met de l’emballage. Par contre, pour ceux qui partage les idées de rejet et de haine, passez votre chemin. Attention, ce n’est pas pour tous les publics.

Une bd qui bouscule, qui interroge et qui ne nous laisse pas indemne. Saurez-vous rire de la société?

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