Adèle Blanc-Sec – Tome 3 – Le savant fou – Jacques Tardi

Bien malgré elle, Adèle Blanc-Sec se retrouve dans une aventure étrange. Des hommes veulent sa peau. Va t’elle arriver à s’en sortir?

4e de couverture
Avec les aventures extraordinaires d’Adèle, Jacques Tardi rend hommage à la grande tradition de la littérature populaire. Rebondissements, coups de théâtre, intrigues alambiquées, savants fous, personnages fourbes et traîtres tous plus affreux les uns que les autres…
Tardi joue avec jubilation de tous les ingrédients du roman-feuilleton, s’amuse à brouiller les pistes pour mieux dérouter le lecteur, tenu en haleine d’un épisode à l’autre. Son héroïne est un personnage doté d’une véritable épaisseur : ni potiche ni vamp, Adèle est une femme moderne et indépendante, en prise avec le réel. Et le trait de Tardi recrée à merveille l’ambiance du Paris du début de siècle. Une série créée en 1976.

Mon avis
N’ayant pas été très convaincu précédemment, rien ne change. On n’est toujours pas très attaché à Adèle Blanc-Sec qui reste assez froide et distante. Il lui arrive encore une succession de péripéties les plus absurdes les unes que les autres. On retrouve les même personnages que dans les tomes d’avant. Et à nouveau, il est difficile de les distinguer tellement ils se ressemblent. Ce n’est pas très important pour suivre l’aventure totalement capillotractée. Cette fois, c’est un pithécanthrope qui est ressuscité. Pas de bol pour le machiavélique homme derrière l’expérience, il tombe amoureux d’Adèle. Donc impossible pour lui de la tuer. Au final, elle s’en sort indemne et avec quelques morts. Les plus filous s’en sortent indemnes.

A nouveau, la bd permet de découvrir le Paris d’une autre époque. Tardi est assez réputé pour ces recherches et la précisions historiques du contexte général. Après, il fait quelques digressions pour les besoins de son récit. Par conséquent, faut-il s’étonner de propos misogyne? C’est normal que l’on suive une femme dans la rue. « Ah bon! On vous suit… Mais c’est bien naturel… une jolie fille comme vous… Hum!… Bref.. » (p. 4). Y a t’il vraiment une époque où l’on doit trouver cela acceptable? Dans les réunions où les hommes sont entre eux et réagissent assez mal à la présence d’une femme. « La fille ne vient pas! » (p. 8). Et quand les choses tournent, c’est forcément à cause d’elle. Sinon dans l’intimité, elle parle souvent seule à haute voix et dresse le bilan. « Je rencontre ESPERANDIEU, j’assiste à une séance de spiritisme, on ramène à la vie sous mes yeux un pithécanthrope âgé de 400 mille ans, ensuite on essaye de m’assassiner… Ca suffit comme ça. Aujourd’hui, je ne sors pas » (p. 18). Elle prononce tout cela calmement sans grande angoisse. On la voit en chemise de nuit les cheveux défaits. Elle prévoit même qu’on souhaite la tuer chez elle et met des morceaux de viande dans son lit pour avoir l’illusion de sang. D’une certaine façon, elle est assez maligne pour ce genre de chose. Sinon pour le reste, elle suit le courant et a beaucoup de chance. Un homme vient toujours à sa rescousse. On va poursuivre la série avec peut-être un avis plus favorable.

Une bande dessinée dans la lignée des précédents où tout est condensé et structuré de façon identique. On retrouve un Paris du XXe très masculin avec des monuments toujours présents.

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