
Quand on veut garder ces droits au Pôle Emploi, on doit accepter des boulots sans intérêts. Lenaïc accepte d’aller dans l’entreprôt d’Amazone. Il ne va pas être déçu de l’expérience.
4e de couverture
Un récit autobio et humoristique sur le quotidien d’un employé en entrepôt pour faire de la mise en boîte des achats faits sur Internet, dans les coulisses du leader du e-commerce mondial : zAmazon.
L’auteur Lénaïc Vilain devient préparateur de commande en entrepôt pour zAmazon. Un récit qui montre avec légèreté l’univers ubuesque du leader du e-commerce mondial et ce qui se cache derrière chaque commande qu’on fait en ligne. Les slogans de motivation, les cadences minutées, l’enthousiasme de rigueur pour un métier de fourmi sous monitoring et caméra de surveillance, en plein Covid.

Mon avis
Lenaïc Vilain tire son inspiration de son expérience professionnel. Vivre de son dessin est assez difficile. Trouver un vrai boulot intéressant est une aventure très complexe. Quand Pôle Emploi lui signale la fin des droits s’il ne trouve pas vite fait un emploi, il accepte le premier truc pour lequel il fait l’affaire. Le voilà pris à zAmazon. On voit très bien l’entreprise avec le logo qui sourit. L’organisation dans l’entrepôt est particulière, d’autant plus en période de Covid. Il faut s’éloigner les uns des autres. Et tout le temps bipé même quand on pose des questions. Tout est calculé à la seconde prête. Pour certains, même la promesse d’un CDI n’est pas suffisant à accepter ce cadre de travail. Fausse sympathie et verticalité avec un éloignement de la CGT de la part des responsables, pose le cadre. Doit-on s’épanouir au travail? Est-ce que ça c’est mieux que rien? C’est à chacun de répondre. Et est-ce que cela interrogera le lecteur sur sa consommation numérique? Il est un rouage dans ce système absurde de la production.
Le bédéaste aurait pu aller plus loin pour montrer la transformation des gens en forme de robot. Mais l’expérience n’a pas été trop longue et donc il n’a pas été totalement annihilé. Son dessin est réaliste avec des pattes de mouche et très compréhensible. Le choix de la bichromie est assez judicieuse. Elle permet de garder le regard sur l’essentiel. Le rythme assez lent permet d’être vraiment à côté du bédéaste. Une lecture sympathique qui montre l’aspect du travail aliénant.
Derrière un simple clic pour une commande peut se cacher une chaîne où des humains perdent leur humanité.

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