La chute – Episode 1 – Jared Muralt
Version 1.0.0

Le monde change à grande vitesse. Un virus se répand et les morts s’accumulent. Un père de famille doit protéger ces enfants. Mais comment faire?

4e de couverture
Alors que Liam vient de perdre son épouse, ce père de famille va devoir affronter un monde en chute libre secoué par une crise économique, sociale, politique et sanitaire sans précédent. Comment vivre et même survivre dans un pays au bord de l’effondrement ?

À travers cette série d’anticipation très actuelle, Jared Muralt s’interroge aussi sur les raisons qui ont amené les hommes à cette apocalypse…

Mon avis
Quand on regarde attentivement la couverture, on sent une tension dramatique. Un père est entouré de ces enfants avec un foulard sur le bas du visage. Est-ce du à des tempêtes de sable? On sait bien que non. Dès la première page, le cadre est posé. « Les records de chaleur et la pénurie d’eau posent de graves problèmes à l’agriculture locale. Il faut s’attendre à de mauvaises récoltes. La récession persistante et la crise économique mondiale qui l’accompagne ont pris une ampleur sans précédent. Plusieurs des pays qui nous entourent sont d’ores et déjà en train de sombrer dans le chaos. Alors pour garantir la sécurité intérieure, le gouvernement maintient sa décision de mobiliser une partie des forces armées » (p. 5). Le pays est dans une situation très complexe et tendue. Mais le noeud de l’histoire vient peu après. « Et pour finir, une bonne nouvelle : la grippe estivale qui cloue au lit tant de nos concitoyens par ce beau temps semble désormais en phase de… Mais les experts nous mettent en garde : le programme de vaccinations mis en place par le gouvernement ne doit en aucun cas être interrompu… » (pp. 6-7). Et on voit des convoies armées qui se suivent sur la route. Rien n’annonce quelque chose de positif.

Impossible pour le lecteur de ne pas faire le parallèle avec le Covid. Bien entendu, on n’a pas vu l’armée. Néanmoins, l’omniprésence du gouvernement a donné des nouvelles aux comptes gouttes et souvent contradictoires étaient bien présentes. Sans omettre l’angoisse et les souffrances psychologiques que cela a fait émerger, même après. Le bédéaste a crée le premier tome avant cet évènement et l’inspiration ne manquait pas. Cela a du l’être d’autant plus par la suite. On n’est pas détendu en tournant les pages. Les rues se remplissent entre police et personnes qui cherchent des soins et de quoi manger. Peu d’informations et aucune perspectives positives proposées. Le virus se propage et le vaccin ne semble pas utile.

On suit une famille dans ce contexte tendue. De nombreuses personnes perdent leurs emplois. Comment survivre dans ce cadre? La mère de famille travaille à l’hôpital et par chance on aura toujours besoin de son expertise. Sauf que la voilà malade et elle meurt. Comment trouver un nouvelle équilibre? Envoyer les enfants chez les grands-parents a ces limites. Quand ils se retrouvent tous les trois en quarantaine tout dérape. Les cadavres semblent s’accumuler un peu partout. Les magasins sont dévalisés. Chacun pour soi et aucun scrupule à agresser les autres. Le quartier est isolée et aucune aide n’est proposée. Comment survivre? La violence prend encore plus de place. Pas le choix de fuir ailleurs. Comment faire?

On est tenu en haleine de la première à la dernière page. L’album fait 60 pages et on arrive vite à la fin. Pourquoi faire ainsi la coupure. L’artiste avait-il besoin pour écrire la suite ou c’est un choix de faire plus d’argent? En tout cas, nous voilà tenu en haleine pour savoir ce qui va arriver à ce trio très attachant. On a le temps de faire la rencontre avec chacun d’entre eux et être touché par l’incompréhension du plus petit. L’aspect psychologique n’a pas été mis de côté. L’empathie est mise en berne suite à la crise sanitaire qui a affecté l’ensemble des populations du monde. L’épée de Damoclès n’est jamais loin. Est-il possible de se sortir d’une situation inextricable quand on n’est pas riche et influent? Le virus est un sujet inspirant.

Une bd anxiogène qui ne nous laisse pas indemne et qui nous rappelle une période sensible de notre vie. On veut comprendre comment la société est arrivée à cette situation, donc pas le choix de se plonger dans la suite.

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