
Shigeji doit faire face à une situation imprévue avec le décès de ces parents. Il n’a d’autres choix que de reprendre les rênes de l’entreprise familiale et reconstruire Daitomé. Un pari difficile semé d’embûches et de femmes.
4e de couverture
Une nouvelle destinée va s’imposer à lui lors de son retour dans la famille. Il a fait le tour du monde et revient pour travailler dans l’entreprise familiale. Voilà que ces parents meurent dans un incendie. Pas le temps pour l’émotion. Il doit déjà finir son chantier avant de retour là-bas et de tout reconstruire. Quand il a fini, il retourne dans la demeure de son enfance. Il retrouve Ritsu, devenue orpheline, qu’il embauche pour s’occuper de la maison. Elle accepte le travail à la condition que cinq enfants qui étaient dans l’orphelinat qui a pris feu puissent loger dans la maison. Il accepte à contrecœur car il fera appel à l’assistance publique plus tard.

Mon avis
Cette histoire est une adaptation du célèbre roman de Shûgorô Yamamoto (1903-1967) situé dans la période Edo (XVIIe-XIXe siècle). Pour rendre l’histoire plus contemporaine, Minetarô Mochizuki transpose son histoire dans le Japon actuel. Le personnage principal, Shigeji, porte des cheveux long et une barbe assez longue laissant peu apparaître alors son visage et ces émotions. Une tenue assez particulière au Japon qui n’est pas vraiment toléré car elle marque de la rébellion. Une émotion qui ne se montre pas et des mots prononcés de façon très économe, sur un ton neutre. Est-ce alors une façon de montrer son insensibilité ou de voiler un état de choc émotionnel ?
De plus, il refuse toute aide extérieure pour reconstruire l’entreprise Daitomé, ce qui n’est pas bien perçu par les autres. Il veut y arriver tout seul à se remettre debout. Il va suivre le chemin des charpentiers comme d’autres avant lui suivait la voie du sabre.

Des rivalités et des tensions se créées doucement avec des personnages bien étranges. Les cinq enfants gentiment hébergés sont tous assez étranges, malveillant et absolument pas obéissant. Même la petite Ritsu, jolie timide est bien têtue, cache quelque chose. Pour le reste, c’est l’aspect un voyeur qui dérange. Le patron de la banque qui fantasme sur sa fille et qui prend des photos d’elle dénudée ou en position où l’on aperçoit ces sous-vêtements en cachette. C’est très salace et vicieux. Il lui propose même de prendre un bain ensemble. Dégoutant. Cette vision se complète avec le regard d’un oeil de satyre qui mâte le corps des femmes zone par zone avec une préférence pour l’entrejambe. C’est gênant. Surtout que c’est aussi très lent. On prend le temps de l’observation. Cela permet de voir le talent du mangaka pour son travail très précis et ultraréaliste. On se rapproche d’une vision photographique. Cette approche incite à aller se plonger dans le tome 2 et découvrir ce que signifie vraiment « Chiisakobé ».

Un manga assez étrange où la mort est prégnante. Chacun ne gère pas le traumatisme pareil.
Lire l’avis d’Une berge à l’autre : « Il se dégage de l’ensemble une certaine forme de lenteur, énormément de silences et de non-dits. Le triangle amoureux qui se forme dans les dernières pages laisse augurer une intrigue plus complexe et psychologique particulièrement prometteuse.«
L’avis de Moka : « Il faut être capable de se laisser attirer et saisir par ce rythme lent, cet art du pas grand chose, cette cadence étouffée. C’est n’est assurément pas le genre de manga qui fera l’unanimité mais j’y ai trouvé ma place en parcourant ce récit sensible et parfois un peu hésitant. L’arrivée d’untroisième personnage vient assurément soulever des questionnements pour la suite de cette série que je compte bien découvrir avec un intérêt évident. »

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