
Le monde de l’hôpital est assez particulier. A force d’être entre couilles, il est difficile de laisser de la place aux femmes. A elles de s’imposer et de prouver qu’elles sont à leur place quitte à piétiner quelques égos.
4e de couverture
Au bloc opératoire, celui qui décide, c’est le « patron ». Mais comment faire quand on est une femme ?
Julie, étudiante qui ne sait pas encore quelle spécialité choisir, et Florence, chirurgienne qui aimerait bien avoir un poste, sont confrontées aux stéréotypes tenaces d’un métier qui se veut viril. Derrière sa façade aseptisée, l’univers de l’hôpital est fait d’épreuves, parfois bien en-dessous de la ceinture…

Mon avis
C’est toujours un plaisir de lire un livre de la collection Sociorama. Des sociologues de terrain collaborent avec des bédéastes pour retranscrire leur travail dans un nouveau médium. Leur travail n’est plus obscur pour le grand public. Il prend un nouvelle facette et nous montre à quelle point la sociologie est intéressante. Marion Mousse nous montre l’envers de l’univers hospitalier comme l’a analysé Emmanuelle Zolesio. En tant que client, on sent les tensions, les souffrances au travail et le rapport malveillant aux patients où l’empathie n’a pas sa place. Surtout si les individus ne paient pas pour ça. On se concentre d’une part sur les nouveaux arrivants. Et sur une cheffe qui veut posséder un poste fixe, elle doit aussi lutter. Blagues misogynes, propos sexistes, attitudes grossières… tout y passe. Même les dessins dans les salles communes sont salaces avec des femmes soumises à ces messieurs. Alors il faut de la volonté, du sang-froid et de la détermination à revendre.

On voit les difficultés d’un métier où le client est juste un bout de viande. Il ne mérite ni de l’écoute, de la patience et ni du respect. Le narcissisme est de mise. Très vite, ils intègrent la distance à l’autre que l’on soigne. C’est juste de la bidoche, des os, du sang et des organes. Cet aspect séduit et force aussi les nouveaux arrivants à intégrer la haine et le mépris des patients. Une étape qui permet de savoir très rapidement si ces apprentis ont ou pas les épaules pour ça. On découvre la complexité d’un monde dans lequel nous devrons aller tôt ou tard. Cette vision est enthousiasmante et effrayante à la fois. On voit que la relève intègre le sexisme comme une chose ordinaire et normale. Et l’autre c’est que les patients qui ne sont pas fortuné auront encore et toujours droit au mépris de la part des médecins ayant une très haute estime d’eux-même. Une lecture d’une grande richesse qui donne envie de poursuivre la série.
Une lecture intéressante qui donne à voir les épreuves à passer pour une femme pour trouver sa place dans le monde médical.

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