Une nouvelle usine va fermer en France. Beaucoup de gens n’y prêtent même plus attention comme si c’était ordinaire. Pourtant des choses plus complexes se trament derrières la désindustrialisation.

4e de couverture
Comme beaucoup de français, Benjamin Carle entend parler de GM&S pour la première fois en 2017, alors que les salariés menacent de faire sauter leur usine de sous-traitance automobile pour lutter contre sa fermeture.
Journaliste et documentariste, il décide de retracer l’histoire et le destin de la plus grande entreprise de la Creuse, installée à La Souterraine depuis 1963.
Cette enquête raconte le combat d’ouvriers, dessine le portrait d’une ville, replonge dans les archives et les données économiques pour comprendre comment nous en sommes arrivés là. Elle fait aussi, en creux, les comptes de la désindustrialisation dont les conséquences continuent de se dévoiler. Même dans le « monde d’après ».

Mon avis
Quand on regarde la couverture, on est tout de suite plongé dans le contexte. Une usine ferme et des gens se retrouvent sur le carreau. Un scénario tellement de fois entendu que la plupart des citoyens trouvent ça banal voir normal. Quelle belle opportunité pour les grands industriels de mettre en place une stratégie de désindustrialisation efficace et dans un temps court. L’état arrive toujours trop tard, surpris et s’engage à agir. Sans rien faire ou qu’à moitié car de toute façon les médias ont changé de sujet. Par chance, pour les ouvriers la question de la lutte a vraiment du sens. Ils font tout le nécessaire pour mobiliser, discuter, échanger, faire bouger les lignes, impliquer l’ensemble des parties prenantes…

Benjamin Carle va à la rencontre des ouvriers et un ancien patron pour mieux comprendre la problématique. Il découvre les dessous de l’usine qui s’implante à La Souterraine dans la Creuse en 1963. Face à la crise, la structure n’a pas eu le choix de diversifier sa production avec des pièces de véhicules ou une trottinette. La sous-traitance serait l’avenir. Au final, se sont les pays où le coût de la main d’œuvre est la moins cher qui sont privilégiés et aucunement le reste. Impossible de concurrencer. Les bénéfices valent plus que les vies. Cette trame est omniprésente. Comment l’occulter? Les travailleurs s’impliquent et font tout leur possible. On est admiratif de ces derniers passagers courageux, braves et téméraires. D’autant plus que l’avenir dans le territoire est restreint et sombre. N’oublions pas la fameuse phrase du président Macron alors en visite sur les lieux : « Je ne suis pas le Père Noël ! ». Le vieux bonhomme ne passe pas déposer de l’argent partout et tout le monde. Il faut savoir cultiver son bon réseau. David Lopez propose un dessin net, précis, fidèle sans jamais tomber sans la caricature ou la moquerie. On est plus proche d’un reportage photographique sérieux.

Une bande dessinée qui parle d’un sujet sérieux qui ne doit jamais devenir banal. Il ne faut jamais oublier les vies brisées dessous des économies des industriels.

2 réponses à « Sortie d’usine – Benjamin Carle et David Lopez »

  1. Avatar de belette2911

    Nous sommes égoïstes, tant que ce n’est pas nous qui perdons notre job, pour les autres, on a juste une pensée émue et puis, on passe à autre chose :/ Je ne vaux pas mieux que les autres… Et j’ai honte… une usine ou un grand magasin qui ferme, ce sont des gens au chômage et donc, des gens qui dépenseront moins, ce qui entraînera d’autres fermetures…

    1. Avatar de noctenbule

      surtout une usine qui a un encrage territorial très important. Pour beaucoup, c’est le pôle économique et sans ça, il n’y a rien. On l’a vu dans le nord pas de calais. Bien que cela soit un territoire d’innovation, la fermeture des mines et autres laissent encore des traces de nos jours.

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