
Sophie est dans le coma depuis longtemps. Ces parents ont décidé de faire appel à Samuel F. Monroe pour la sauver. Anha décide de l’accompagner dans son voyage.
4e de couverture
La ville s’étend sans fin sur la planète. Dans cette cité-monde, Samuel F. Monroe voyage là où on a besoin de lui : à la fois psychiatre et soldat d’élite, ce curieux guérisseur peut plonger dans le cerveau des patients endormis. Leurs pensées sont comme des mondes virtuels, dans lesquels Samuel voyage pour retrouver les consciences perdues. Il plonge et les ramène à la vie. Riches patriciens reclus sur leur îlot verdoyant, les Midori ont appelé Samuel : leur fille Rose a sombré dans un profond coma depuis des années. Alors Samuel plongera, une fois encore ― mais cette fois, il n’ira pas seul : Anha, la sœur de Rose, a insisté pour être de l’expédition, à travers cet inconscient instable et dangereux… Comment l’esprit de Rose a-t-il pu engendrer tant de violence ?
Après Isles et Crépuscule, Jérémy Perrodeau embarque à nouveau le lecteur dans un récit intrigant et haletant. Le Long des ruines confirme le talent immense de son auteur, et la force de son univers de science-fiction étrange et onirique, au croisement de Tarkovski et David Lynch.

Mon avis
Quand on connaît l’exigence des éditions 2024, on sait que l’on tient une pépite entre les mains. Déjà, on le sait grâce à la très jolie couverture, à son épaisseur ainsi que la qualité du papier. Tout est réuni pour faire un ouvrage de caractère et qui a la classe.

Dès la première page, on voit que l’on est dans un monde particulier. Le trait est net, précis et joue avec un contraste de bichromie. L’aspect est très futuriste rappelle « Brève histoire du Robo-Sapiens » de Shimada Toranosuke ou « L’humain » de Diego Agrimbau et Lucas Varela. On se laisse happer par cette fausse simplicité. L’idée de Jeremy Perrodeau est très novatrice.
Samuel F. Monroe, un scientifique un brin aventurier, voyage dans l’imaginaire des personnes dans le coma. Grâce à un équipement très spécifique, il pénètre dans l’esprit de la personne. C’est toujours quelque chose d’éprouvant car les mondes sont souvent violent, cruel et sauvage. Meurtres, viols, agressions… sont légions. Donc, il faut être vigilant et ne pas s’impliquer dans les conflits. Là, il part avec Anha, la sœur de Rose. Elle a bien du mal à se détacher de la violence omniprésente. La dissonance cognitive est forte. On comprend parfaitement.
Le bédéaste nous provoque à sa façon pour que l’on s’implique émotionnellement. Par conséquent, on prend son temps et on se laisse porter. Donc les 224 pages se savourent paisiblement. Malgré les rebondissements incessants, on a l’impression d’une lenteur, d’une forme de calme alors que l’on assiste à des choses horribles. L’expérience de lecture est très originale et plaisante. Comment vouloir en rester là? Impossible. Par chance, Jeremy Perrodeau a plus d’un roman graphique à son compte.
Une bande dessinée qui redessine la frontière entre réalité et fiction, entre certitudes et doutes, entre bien et mal.

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