Enid et Rebecca sont les meilleures amies au monde. Dans la ville, elles traînent en critiquant un peu tout. Et le temps finira par les séparer.

4e de couverture
Une petite ville, aux États-Unis. Décor banal, distractions rares, morne quotidien. Deux filles, deux copines à la vie à la mort : Enid et Rebecca. Elles se racontent tout, passent leurs journées ensemble, partagent les mêmes obsessions. Pêle-mêle : les garçons, les derniers trucs à la mode, les programmes de télé idiots, les autres filles qu’elles débinent à longueur de journée. Et puis, aussi, l’envie de partir. De changer de monde, de changer de vie. De se séparer, peut-être. Mais c’est difficile. Difficile de grandir, de renoncer à sa part d’enfance et d’insouciance pour affronter l’âge adulte, cet inconnu. Ghost World est une bande dessinée émouvante et vraie, au graphisme lisible et expressif. Un récit juste, sensible, qui atteste de la capacité de la bd à rendre compte des tourments de l’âme humaine, à la manière des meilleurs romans. Daniel Clowes, issu de la mouvance underground, illustrateur pour le Village Voice et le New Yorker, porte un regard sans complaisance sur la culture et la société américaines.

Mon avis
Parfois, il est bon de replonger dans les lectures de son adolescence. « Ghost World » de Daniel Clowes est un classique du comics américain. Donc, c’est bien normal de le trouver facilement en France. Enid et Becky pose un regard méchant et cruel sur le monde. L’adolescence aide car on n’aime rien, on ne sait pas quoi faire ni qui on est. On peut juste, critiquer tout le monde et sans jamais rien faire. Le sexe les obsède et en parle tout le temps sans pour autant le pratiquer. Les mots sont d’une grande violence, crue et haineux. Pas de pitié. Le bédéaste aborde tous les travers comme la pédophilie, la pédopornographie, le viol, les intégristes religieux, les satanistes… De ces gens, on en trouve partout autant dans les grandes villes que dans des zones reculées. Cela met mal à l’aise de rencontre un prêtre qui crée informatiquement des images d’enfants nues et torturés pour qu’il puisse se masturber. Et quand il passe à l’action, des gens viennent le défendre. C’est tout simplement dégueulasse.

Leur insensibilité et leur égoïsme se retrouvent très bien retranscrit dans le dessin très dur, glacial et torturé. Tous les visages, sont très expressifs et souvent soulignent la perfidie, la maladie et le vice. La monochromie bleu n’arrange rien. Même les héroïnes ne bénéficie pas de traitement de faveur. Cela peut déranger les habitués de la bd franco-belge et de la ligne claire. Il faut bousculer les habitudes pour montrer la force et la richesse du 9e art. Ici l’angoisse est présente à chaque court récit. Le lecteur n’est jamais ménagé. Une lecture enrichissante qui pique juste assez notre curiosité pour découvrir l’adaptation au cinéma.

Un comics qui donne envie de se replonger dans les classiques américains.

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