Rahan poursuit le soleil. Sa quête l’emmène sur une île un peu particulière. Sa rencontre avec les autochtones va tout changer.

4e de couverture
1969-1999 : Rahan a 30 ans. Pour fêter cet événement, Roger Lécureux et André Chéret nous font le cadeau de ce nouvel album, entièrement inédit.
Rahan est de retour sur les rayons « nouveautés » de nos libraires, avec une aventure de 60 pages dessinée par André Chéret sur un scénario original de Roger Lécureux.
« Le mariage de Rahan » est l’annonce du retour de Rahan au premier plan de la BD Européenne. Un renouveau rendu possible grâce au travail du nouvel éditeur de Rahan, Lécureux Production, dirigé par Jean -Francois Lécureux (le fils de Roger).

Mon avis
Lire Rahan, c’est une aventure. On sent dès la couverture que l’esprit date d’une autre période. Un gars hypermusclé, blond, aux cheveux longs avec un mini slip en peau de bête. Impossible de ne pas y voir Tarzan. On s’amusera de voir dans une case les fesses de dos du gars. Car oui, s’il a ce physique, les femmes vont être semblables et bien entendu, hypersexualisée. On le constate dès la couverture. La femme au centre, porte une robe assez peu recouvrante et déchirée, couvrant assez peu son corps. C’est incroyable cette inaptitude à bien découper et coudre ces vêtements. L’idée que c’est la préhistoire ne justifie en rien cela.

On pourrait se dire que la bande dessinée à la chance d’être datée de 1969. Mais pas de bol puisque c’est une nouvelle histoire qui date de 1999. Malencontreusement il y a le prétexte de fêter les 30 ans d’une vieille série, sortie dans un contexte politique et sociale particulier. Car on a un peu de mal avec les remarques misogynes. Certes, il y a une femme cheffe. On nous explique pourquoi quand même. « Elle sut aussi faire appliquer de nouvelles lois plus justes, plus humaines… ». Et que l’on se rassure, elle a su aussi convaincre le grand conseil uniquement représenté d’hommes. C’est important de bien dire que ce n’est vraiment pas courant quand même. Heureusement que les femmes font des enfants avec leurs mêmes compétences. Navrant. Et le héros rajoute une couche : « Un clan qui n’obéit ni à un chef barbu, ni à un sorcier fourbe mais à une femme ». Après on se demande comment le sexisme peut bien se diffuser auprès des jeunes.

Comme la cheffe commence à prendre de l’âge, il lui faut un époux. Le brave conseil lui ordonne d’épouser Rahan. Aucun des deux n’acceptent. C’est assez propice que l’on découvre que le brave bonhomme à deux enfants dont il ignorait l’existence. Comme il a déjà enfanté ailleurs, il n’a pas le droit de se marier. Encore une image rétrograde et absolument pas fidèle à la préhistoire. Les clichés sont omniprésents et rendent la lecture très ennuyante et surtout énervante. Qu’est-ce qu’un adolescent comprendrait là-dedans? La réponse ne doit pas être nécessaire car il faut plutôt ne pas leur proposer. C’est grâce à ça que l’on apprend à mieux aimer « One Piece ».

Une lecture d’immersion dans le monde d’avant. Rien de telle pour apprécier le monde de maintenant.

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