Dans un pays très traditionnaliste et fermé au monde extérieur, accepté la différence est difficile. Après trois semaine dans sa belle-famille, Mike a fait bouger les lignes d’incertitude pour laisser place à du partage, de la compréhension et de l’amour. Certaines confrontations peuvent changer le regard sur le monde et changer un peu la société.

4e de couverture
Quatrième et déjà dernier tome du Mari de mon frère ! Véritable évènement éditorial de la fin de l’année dernière, ce manga sur la tolérance se conclut d’une bien belle manière, dans l’émotion d’une séparation, mais aussi la promesse d’un avenir rempli d’espoir. Et si les lecteurs seront tristes de quitter Mike et les autres, il ne fait aucun doute que ce manga gardera très longtemps une place particulière dans leurs étagères…

Mon avis
Je l’attendais avec impatience la lecture de ce tome 4. Et pourtant, j’ai laissé traîner un peu car après on ne retrouvait pas la petite famille. C’était évident que Mike allait devoir rentrer au Canada. Après trois semaines, il a eu le temps de rencontrer son beau-frère et sa nièce adoré, Kana. Il a affirmé son identité d’homosexuelle et a permis à pleins de gens de confronter leurs aprioris à la réalité et d’aller discuter avec lui de leur orientation. Un manga qui a reçu un très bon accueil en France et qui devrait être mis dans beaucoup de mains. Bien entendu, cela ne sert à rien dans les mains d’un homophobe de base.

L’émotion m’a submergé page après page. Les moments ne manquent comme lorsque Mike est présenté à la famille de Yaichi devant leur tombe, les larmes de Kana qui apprend le départ de ce fameux tonton. Et surtout la discussion à l’école avec le maître et le père de la petite fille sur les remarques et les jugements des autres. « Vous êtes inquiet car j’élève ma fille seul, sans sa mère je suppose? Je vous remercie pour l’attention que vous nous portez mais vous n’avez aucun souci à vous faire. Nous comparer aux autres familles et constater qu’il n’y a qu’un seul parent au sein de notre foyer n’est une raison ni valable ni suffisante pour s’inquiéter à notre sujet. Par ailleurs, en ce qui concerne Kana, si à l’avenir elle devait montrer des aspects hors de la norme. A mes yeux lui demander de changer sous prétexte qu’elle est différente n’aurait aucun sens. Quant à l’étranger qui vit chez nous en ce moment et dont vous parlez, il est tout simplement l’époux de mon défunt frère, et, par conséquent son oncle. Aux yeux de Kana, c’est son oncle adoré. Je n’ai aucune raison de lui demander d’arrêter d’en parler. Si jamais par la suite, il advenait qu’elle soit martyrisée par d’autres élèves à cause de ça, je ne doute pas qu’en tant qu’enseignant, vous aurez la lucidité de traiter le problème non pas en vous focalisant sur l’enfant qui subit les brimades, mais sur ceux qui les infligent. » Quelle tirade incroyable et d’une puissante efficacité. On aimerait pouvoir remettre à sa place souvent les gens avec une telle intelligence.

Il n’y a pas que les personnages du manga qui ont versé des larmes sur ce dernier tome. Bien sûr que j’aimerais les retrouver dans un voyage pourquoi pas du duo père/fille au Canada à la découverte d’une autre culture et de leur autre famille. Mais Gengoroh Tagame referme la parenthèse d’une série grand public sur l’homosexualité. Maintenant, il va repartir vers ces autres projets qui sont pour un public plus averti.

Une série adorable, touchante et pédagogique à avoir dans sa bibliothèque et à offrir. C’est à chacun de nous de contribuer à avoir un monde moins obscurantiste, intolérant et discriminant.

L’avis Le voyage de Ly : « Une très bonne série à lire et à relire
Un beau dessin (seinen) très agréable
Beaucoup d’émotions et de réflexion
Oser aborder la famille monoparentale ou du moins différente
Oser aborder l’homosexualité d’une manière innovante (plus que ce que j’ai pu voir dans les séries, films)
Des personnages attachants, gentils, qui participent
Les enfants qui offre des moments de belle réflexion avec leur innocence et leur franc parler
Yaichi qui se remet lui même en question »

L’avis Les Blablas de Tachan : « On termine donc l’histoire avec une famille enfin réunie et apaisée, qui donne le sourire mais qu’on regrette de déjà quitter. J’avoue que je n’aurais pas été contre un chapitre bonus « quelques temps après » ^^ »

6 réponses à « Le mari de mon frère – Tome 4 – Gengoroh Tagame »

  1. Avatar de belette2911

    Encore une série que je voulais lire et puis, pas eu le temps, et oublié… :/

    1. Avatar de noctenbule

      Mais celle là est vraiment exceptionnelle. Je l’ai offerte conseiller et je l’a relis souvent. Je l’a conseille même au gens qui se mettent à la RSE et qui doivent travailler sur l’aspect social et le traitement de l’homophobie. Pour beaucoup, c’est difficile de parler de ça et on déjà des apprioris. Comment gérer la discrimination si on n’est pas trés à l’aise avec ça?

      1. Avatar de belette2911

        Il est plus que temps que je la découvre, nom de Zeus !! Trop à lire, pas de mémoire et pas assez de temps… 😥

      2. Avatar de noctenbule

        Celle là elle est assez particulière. Je l’a conseille aux gens qui veulent travailler sur l’aspect social de la RSE. L’homophobie assez récurrente et beaucoup de personnes se sentent géner par ce sujet.

      3. Avatar de belette2911

        RSE ?

        Les gens ne savent pas, alors, quand on ne sait pas, on invente, on imagine et aussi, on a peur… et la peur fait faire des conneries aux gens. Sans parler de nos images toutes faites, de nos pensées sur l’homosexualité et je n’en étais pas dénuée… c’est en écoutant des femmes parler de leur homosexualité que je me suis rendue compte que j’avais aussi des idées préconçues, basées sur le schéma de la vie hétéro, de la vie sociale patriarcale. Honte à moi, mais au moins, maintenant, je les ai bannies de ma tête. Une connaissance, homosexuelles, me disait l’autre jour, que des mais à elle, avaient parfois dit des horreurs devant elle, sans même s’en rendre compte… :/

      4. Avatar de noctenbule

        La RSE, c’est la Responsabilité Sociale des Entreprise, cela parle d’écologie, de sociale dans les entreprises. Que faire pour gagner de l’argent?
        J’ai discuté avec une copine où ces neveux lui avaient demandé pourquoi il y avait des familles avec deux papas. Elle m’a dit qu’elle ne savait pas comment expliquer les choses, cela l’a génait. Je lui ai dit, qu’il y a des gens qui s’aiment c’est tout. Et là elle m’a dit que comme ça, cela paraissait simple.

Répondre à noctenbule Annuler la réponse.