Il y a fort longtemps, le Sahara était vert avec de nombreux animaux. Dorénavant, le sable prend le dessus. Mais ce n’est pas pour autant que l’on ne peut rien faire.

4e de couverture
Il y a 5000 ans le Sahara était vert. Demain il pourrait l’être à nouveau. Aux quatre coins du désert, des projets de plantations et d’adduction d’eau sont en cours de réalisation. Dans le Sahel, au nord du Burkina Faso, le projet Deserto Verde, mis en marche par le forestier Lindo Grandi et sa femme Verena, a permis aux populations locales de reverdir 3500 hectares de terrain désertique et inculte. Grâce au système de charrue Vallerani, les terres labourées ont vu croître pas moins de 5 millions d’arbres en douze ans. Tôborè, jeune femme volontaire et attachante, rend visite à sa tante et à son oncle dans le but de rechercher son frère, disparu. Là-bas, elle y rencontre Lindo, Verena et Amadou, et découvre en même temps le projet Deserto Verde. Très intéressée par l’idée d’aider les villageois à reverdir le désert, elle les rejoint alors dans leur expédition. Très didactique, cette BD vise à faire connaître l’action Reverdir le Sahara qui ne demande qu’à être reproduite en d’autres endroits de par le monde.

Mon avis
Le titre « Reverdir le Sahara » est très éloquent. Au moins, on sait dès le début qu’elle va être le sujet évoqué. L’Homme a exploité au maximum son univers pour plus de rentabilité. Des gravures d’une autre époque montrent la variété des espèces animales. Seulement en ne pensant jamais à long terme, il se créé un désordre. Cela a engendré un désert qui gagne toujours du terrain. Dorénavant les autochtones doivent plus s’éloigner pour trouver de quoi vivre. Heureusement des associations hors Afrique apportent des solutions pour aider les peuples locaux. Le projet Deserto Verde aide les villageois à labourer leurs terres grâce au prêt d’un tracteur et d’une machine qui fait des sillons dans le sol. Puis elles leur expliquent qu’il faut planter des arbres et à court terme, ils verront les effets positifs. Leur objectif est de rendre au désert sa verdeur d’il y a 5000 ans. Grâce à cela, les individus pourront à nouveau faire de l’agriculture, de l’élevage et inciter les gens à rester sur place. Une petite action qui a un impact assez important. Gilles Scherlé fait comprendre assez bien le message dans sa fiction. Il répond à la commande des éditons FAVRE et la fondation Reverdir le Sahara. Un ouvrage qui peut très bien servir d’outil de communication pour des démarches de récoltes de dons par exemple.

Le bédéaste valorise l’action à travers des personnages issus de la culture locale. Tôborè rend visite à sa famille dans le nord du Burkina Faso en espérant avoir des réponses de sa famille. Sans grande surprise, on lui cache volontairement la vérité. Son oncle sait et en tant qu’homme, il choisit ce qui a le droit d’être dit à une simple femme. On n’oublie pas la servitude et la puissance de l’homme qui bénéficie des droits de vie et mort surtout sur une nana. Tôboré continue tout de même sa quête pour au final savoir qu’il est tout simplement en prison pour avoir vendu de la drogue. La misère le pousse vers ce chemin et il paie le prix de son choix. Elle s’intéresse au projet de reverdissement. Les représentants des associations sont touchés par sa curiosité, sa maîtrise de la langue française et son implication. Ils lui proposent un boulot. Mais bien entendu, ce dernier doit être validé par l’oncle. Et c’est un homme du coin qui doit en discuter avec lui. Dans sa grande bonté, il autorise sa nièce à gagner sa vie.

Sur cette micro aventure, le lecteur découvre le fonctionnement global. Bien entendu tout se passe bien et tout le monde est heureux. Ils rencontrent peur de freins. En postface, est évoqué dans un texte les problématiques des fanatiques religieux qui détruisent tout projets constructifs et tuent ceux qui s’engagent dans ces derniers. C’est dommage que cela ne fasse pas partie du récit, tout comme les réticences de chefs de clan, les tractations avec eux pour qu’ils y gagnent plus que ces congénères de rang inférieur et les autres problèmes rencontrés. On sent l’outil de com pour montrer les actions et leurs aboutissements. Cela reste idyllique loin des tensions politiques, géopolitiques et culturelles.

Une bande dessinée originale qui traite d’un sujet peu abordé et qui se déroule en Afrique.

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