On entend souvent ces messieurs dire « On ne sait plus comment se comporter avec les femmes ». Etrangement, ils ne comprennent pas que Non cela veut dire non. Ibn al Rabin décide faire un petit guide pour eux.

4e de couverture
Avec ce petit exercice de style, Ibn Al Rabin, correspondant suisse de l’Oubapo et grand amateur d’expérimentation en bande dessinée, fait son entrée dans la collection Patte de Mouche.
Splendeurs & misères du verbe met en scène un homme qui tente de séduire une femme. Situation classique, mais ô combien comique quand elle est racontée par Ibn Al Rabin. Le Verbe séducteur déploie toute son imagination dans ces scénettes muettes.

Mon avis
Comment répondre aux différents types d’harcèlement sexuel? Ce n’est pas forcément évident. Surtout que ces messieurs osent encore dire qu’ils ne savent pas comment se comporter avec les femmes. A force de regarder des films à travers le male gaze, ils se croient ces personnages de fiction. Combien de film où l’on voit une femme dire non et l’homme la prend de force? Et surtout après, elle est heureuse qu’elle a abusé d’elle. Même James Bond, gros macho misogyne devant l’éternel, le fait dans les anciennes versions. Tellement de gars croient que cela est viril. Une grosse éducation est à reprendre. « Splendeurs & misères du verbe » d’Ibn al Rabin est idéal pour ça. D’autant plus qu’il n’y a pas de texte à lire, donc même s’il est analphabète il pourra comprendre. Et aussi cela ne fait que 24 pages dans un petit format donc accessible en terme de temps et de poids à porter. Que d’atouts de lecture. Parce que l’expression quand c’est non, c’est NON, n’est pas tout à fait compréhensible, il faut expliquer facilement pourquoi. Et puis après, on apprend que ce n’est pas bien de mâter la poitrine des femmes comme un gros vicieux pervers. En plus, il suffit de prendre le métro en été pour en voir en quantité non négligeable. Bien entendu, on ne parle de ceux qui touche votre corps sans votre consentement et ceux qui vous montre leur bite comme si c’était un atout. On ne peut pas tout traiter en une seule fois. La façon de parler change aussi le rapport aux autres. Sachez que demandez à une inconnue comme première approche « Salut, tu suces? » n’est pas très brillant. Cela révèle de vous bien trop de choses dégueulasses et ne donne nullement envie d’approfondir un quoiqu’onques rapprochement. Le nombre de vent qu’ils se prennent ne leur permette toujours pas de comprendre. Une défiance cognitive est vraiment identifié. La bd leur est d’autant plus utile. Même si je ne pense pas que le bédéaste avait cette idée en faisant l’ouvrage. La force des mots et des attitudes sont importantes pour les relations avec autrui. Il arrive très bien à l’expliquer avec des personnages assez simples et quelques traits noirs. Comme il aime l’oupabo, il s’amuse avec les bulles comme éléments de message. C’est brillamment utilisé et très compréhensible même pour les grands néophytes du 9e art. Un ouvrage à mettre à disposition dans tout Paris lors des jeux Olympiques car on va avoir le droit à un gros lot d’obsédés et de satyres.

Une lecture percutante, drôle et audacieuse pour montrer les relations aux autres autrement.

4 réponses à « Splendeurs & misères du verbe – Ibn al Rabin »

  1. Avatar de belette2911

    Oui, les gros bourrins existent encore, se croient drôles, intelligents et que nous, nous sommes des frigides mal baisées…. et gnagnagna…

    1. Avatar de noctenbule

      j’ai l’impression que malgré que l’on parle plus du sujet, cela ne change rien dans la vie quotidienne. Dans les transports, dans la rue, au boulot, il faut répéter aux femmes de faire attention. C’est d’autant plus visible les soirs de match de foot et des gros évènements comme la fête de la musique. Le fait de boire et de se droguer libère leurs peurs et se permettent d’être agressifs, vicieux et pervers.

      1. Avatar de belette2911

        Il faudrait éduquer les garçons, les mecs… et leur dire que leur virilité, on s’en bat les ovaires. Ils croient ne pas être bourrins, alors qu’ils le sont, ils pensent que nous seront flattées, alors que nous ne le sommes pas, ils croient être intéressants alors qu’ils nous mettent mal à l’aise et pire, ils ne comprennent pas lorsqu’on leur dit ! :/

      2. Avatar de noctenbule

        Il doit y avoir pleins de femmes qui y sont sensibles à ça. Après tout on dit souvent que c’est ça la normalité. Quand tu regardes les films d’amour sur Netflix ou les films de Noel tu retrouves ces attitudes.

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