La situation de la planète est préoccupante. Les solutions pour changer les choses ne semblent pas très positives. Faut-il impérativement la fin du monde?

4e de couverture
Sur la terre exsangue, surpeuplée, un groupe d’écolo-terroristes radicalisés décide d’accélérer le processus d’extinction et de déclencher une apocalypse climatique. Un milliardaire visionnaire chinois (inspiré de la figure d’Elon Musk) décide de les contrer. Obsédé par le survivalisme, depuis des années, il s’est préparé au pire scénario catastrophe : il a inventé un moteur autonome qu’il a intégré à une arche de Noé 2.0, Le Transperceneige. Quand la folie des Apocalypsters triomphe, le train est prêt.
Au cœur de l’hiver atomique, le compte à rebours de l’ère glaciaire débute et la mission de sauvetage ultime est lancée.

Mon avis
J’avais l’idée vague du « Transperceneige » en tête. L’histoire d’un train qui n’arrête pas de circuler et qui permet à une société de vivre en autonomie à l’intérieur. Mais la particularité du cycle « Extinctions » raconte ce qui se passe avant. La tension est palpable. Le monde part véritablement en couille. Pour faire changer les choses des activistes ont décidé d’agir en tuant les responsables de la situation. Cette violence se retrouve même palpable de nos jours. L’arsenal législatif semble pas très encourageant et incitatif pour que les organisations de toutes sortes s’impliquent dans la modification de leur procédés et autres. A force de dire que c’est aux individuels d’agir à leur échelle et c’est tout, la grogne monte.

« La terre est ravagée par un mal qui semble incurable : l’humanité ». Voici la phrase par laquelle débute l’ouvrage. Puis nous assistons à une chasse à l’éléphant pour voler leurs défenses. Ces chasseurs en quête de sensations fortes se feront tuer par un groupe d’activiste. Un mois plus tard, un évènement marque les mémoires. « La tour abritant la World Global Petroleum & Gas Corporation brûle depuis plus de 24 heures et les manifestants occupent les rues environnantes, bloquant l’accès aux pompiers de nombreuses victimes sont à craindre, dans la mesure où le feu s’est déclaré simultanément en haut et en bas de la tour, prenant au piège ses occupants… » Une belle introduction pour parler d’un mouvement d’activistes nommé Wrath. Il justifie l’incendie criminel : « La WGPGC a été reconnue responsable de plusieurs gigantesques marées noires. Elle a été condamnée à des amendes ridicules et elle n’a pas nettoyé les côtes comme elle devait le faire. En empêchant les secours d’arriver, on leur rend l’appareil. » (p. 18). Est même évoqué d’attentat écologique. « Il y avait une assemblée générale de la direction et des actionnaires. Ils devaient parler du partage des dividendes. Je pense que le message est clair. Nous, les wrathers, nous voulons que la peur et la peine changent de camp. » (p. 18). Faut-il devenir une organisation criminelle pour se faire entendre? On les qualifiera aussi de terroristes. Mais leur objectif est limpide : « Nous ne tuons pas les gens au hasard. Nous avons des cibles précises : la WGPGC, les politiciens véreux qui se laissent acheter et contribuent à la destruction de la planète pour leur bénéfice personnel à court terme. Si nous terrorisons ceux-là, je veux bien être un terroriste ». (p. 19). Par la suite, il poursuit : « Nous sommes les militants de la cause de la Terre. Nous sommes en colère. D’où notre nom. Il est temps que quelqu’un se batte pour elle. Et que la peur change de camp… ».

D’autres proposent des alternatives à ces actions violentes. Le multimilliardaire M. Zheng lui propose de créer un train avec une sélection de gens triés sur le volet. Chacun doit avoir des compétences qu’il peut apporter à l’organisation roulante. Comme le train fonctionne grâce aux mouvements perpétuels, pas besoin de ressources extérieurs. Bien entendu, il n’y aura pas que des riches à l’intérieur. Il faut toujours des petites mains pour gérer les tâches ingrates. Cela n’est pas abordé ici. D’ailleurs, on suivra le parcours d’un enfant qui tente de s’inscrire avec son père pour aller à bord. Il va y arriver. C’est à porter de tout le monde. Par contre, même si le train peut fonctionner en total autarcie. Comment peut-il gérer les imprévus qui vont venir sur les rails? et les rails eux-mêmes qui vont s’altérer avec le temps? La suite répondre surement à ces questions purement techniques.

L’autre groupe qui apparaît sont les apocalypsters. Leur discours est tout autre : « La Terre est en train de crever et son assassin est identifié : l’Homme. Nous voulons purger la Terre des milliards d’Hommes qui l’encombrent et la polluent et qu’elle ne peut plus nourrir. » (p. 38). Pas le choix de la vrai radicalité pour sauver la nature et l’humain. « Nous pensons que si nous laissons faire la nature, il sera trop tard pour 100% des gens et qu’il faut lui donner un coup de main pour sauver ceux qui le méritent » (p. 39). On peut se demander qui sont vraiment ceux qui méritent d’être sauver. Quels critères? En tout cas, ces activistes ont déjà une vision à long terme avec des lieux pour se protéger. Grâce à leur réseau et leur détermination, il n’est guère difficile de rendre le monde dangereux. C’est l’avantage des centrales nucléaires. Quelques fuites ici et là et c’est la catastrophes. Les choses vont se compliquer à partir de ce moment. Qui a le droit de vivre ou de mourir? « En quelques dizaines d’heures, et bien que de nombreux pays aient réussi à protéger leurs centrales, la catastrophe devient globale. Certains parviennent à fuir, mais ce n’est qu’un répit de courte durée… Toute vie est radicalement annihilée sur la côte est des Etats-Unis, en Europe de l’Ouest, autour des zones où les centrales ont vomi leur poison… Et ce n’est qu’une question de temps avant que le monde tout entier soit contaminé. » (p. 83). Le scénariste prend le partie que la France ne croit pas à la menace et est persuadée de la sécurité des centrales. Un discours que l’on entend toujours sur le territoire bien que l’on sache que ce n’est pas possible d’être si affirmatif. La communication prend le dessus sur la vraisemblance. Le culte des illusions peut parfois menée à de graves crises.

Le bilan est assez négatifs au final. L’Homme est le pire ennemi de l’Homme. Et même si l’argent ne fait pas vivre et mourir pareil, ici il montre que face au nucléaire, ce n’est pas forcément aussi vrai. Un grand brin provocateur pour faire réfléchir à nos modes d’actions ou de non-actions. Quand on est pris de court pas le temps de réfléchir. D’ailleurs, le récit va assez vite. Le rapport au temps est biaisé. Il existe d’autres chemins que les trois proposées dans la fiction. A tout à chacun de vouloir les explorer. Une certitude, la fin ne sera pas des plus sympathiques. La curiosité est piquée de lire la série d’origine.

L’écoterrorisme est multiforme. Laquelle faudrait-il choisir pour sauver une partie de l’humanité? Et qui aurait le droit de choisir?

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